FOREX : ce chiffre d’inflation UE de novembre 2025 que tout le marché attend, le dollar se réveille après les signaux de la BoJ

L’Europe retient son souffle avant l’inflation de novembre. Le billet vert regagne du terrain, la BoJ brouille les cartes.
Mardi 2 décembre, les cambistes scrutent le moindre indice sur l’orientation des prix en zone euro, avec un mot-clé sur toutes les lèvres : inflation. Sur le FOREX, le dollar américain se hisse près de 99,50 points sur l’indice DXY, un sursaut venu malgré le repli du secteur manufacturier aux États-Unis.
Au Japon, les propos de Kazuo Ueda ont ravivé l’anticipation d’une hausse des taux d’intérêt en décembre. Et ce signal venu de la Banque du Japon a ravivé la volatilité obligataire, en Asie comme en Occident. La suite se joue aujourd’hui.
Ce chiffre d’inflation HICP en Europe qui peut rebattre les cartes pour l’euro
L’indice HICP de novembre, attendu dans la journée, tient la clé du moment. Les investisseurs veulent savoir si la désinflation se confirme à l’entrée de l’hiver ou si un palier s’installe. Et derrière, une question très concrète pour les ménages français et les entreprises exportatrices : quelle trajectoire pour l’euro face au billet vert dans les prochaines semaines.
Pourquoi cette publication compte autant maintenant ? Parce qu’elle arrive au carrefour de deux forces contradictoires. D’un côté, la perspective d’un cycle de désinflation qui s’installe en Europe. De l’autre, un dollar plus ferme, soutenu par des rendements américains qui restent élevés et par une attente très spécifique devant la réunion de la Fed de décembre. Et là, chaque dixième de point d’inflation peut faire bouger les lignes de change.
Pour les épargnants comme pour les importateurs, l’enjeu est immédiat. Un chiffre plus contenu redonnerait un peu d’air à l’euro. Un chiffre plus haut raviverait l’écart avec les États-Unis et cimenterait le répit du dollar. Simple, mais décisif.
Pourquoi le dollar américain repart, malgré l’industrie US en repli
Le DXY s’accroche autour de 99,50 points. Et pourtant, l’activité manufacturière américaine s’est contractée. Le marché, lui, regarde plus loin que le cycle industriel du moment. Il regarde les taux et le calendrier de décembre.
Les opérateurs évaluent à 87 % la probabilité d’une baisse de 25 points de base lors de la réunion de la Fed en décembre. Dit autrement, l’assouplissement monétaire reste le scénario central. Sauf que les rendements obligataires demeurent élevés, ce qui soutient encore la devise. Cette combinaison paradoxale suffit à maintenir l’avantage du billet vert sur les paires majeures.
Signal annexe à ne pas négliger, l’or garde sa position au-dessus de environ 3 900 euros. Ce plancher solide, malgré des taux réels encore fermes, raconte une chose simple: la demande de couverture ne faiblit pas. L’appétit pour les actifs refuge, ca ne s’invente pas.
Cette piste ouverte par la Banque du Japon qui tend les marchés obligataires
Lundi, un propos de Kazuo Ueda a tout déclenché: les marchés ont pris au sérieux la possibilité d’un relèvement des taux d’intérêt au Japon en décembre. Résultat immédiat, une poussée des rendements nippons, puis un ricochet sur les courbes américaines et européennes. Les salles de marché ont relevé la tête, puis se sont mises en mode attente ce mardi matin.
Pourquoi cela compte pour les épargnants français et les entreprises exportatrices ? Parce que la fin de l’ultra-accommodant au Japon, même graduelle, renchérit les financements en yen et rebat potentiellement la carte des portefeuilles mondiaux. Un yen plus ferme peut aussi modifier les flux face à l’euro, au dollar américain et aux autres devises d’Asie.
Dans ce climat, l’Europe ouvre prudemment. Les principaux indices actions évoluent en ordre dispersé, les cambistes gardent un œil sur la volatilité de taux, l’autre sur l’HICP. Et l’on guette la moindre inflexion de discours à quelques jours des réunions de fin d’année.
- Ce que surveillent les cambistes aujourd’hui: HICP de novembre en zone euro, DXY vers 99,50 points, probabilité de 87 % d’une baisse de 25 pb par la Fed en décembre, signaux de hausse de taux en décembre par la BoJ, or au-dessus d’environ 3 900 euros.
Sur le plan domestique, l’attention se porte aussi sur les effets prix pour l’hiver. Coût de l’énergie, alimentation, services: si l’inflation européenne devait marquer une pause dans sa décrue, la question du pouvoir d’achat reviendrait très vite au premier plan. Les acteurs du tourisme et du commerce de fin d’année s’y préparent déjà.
Reste que le cœur de la séance tient à un fil. Un HICP conforme, et l’euro pourrait respirer, avec un léger reflux du dollar américain. Un HICP plus chaud, et la paire euro/dollar repart à la baisse, portée par des rendements américains qui refusent de céder. Cette bascule minute par minute a susité une prudence inhabituelle dans les flux matinaux.
Pour la suite, deux balises dominent: la communication de la Banque du Japon si elle confirme un geste en décembre, et la décision de la Fed si la baisse d’un quart de point se concrétise. Entre les deux, l’inflation européenne de novembre sert de baromètre. Et c’est exactement ce que le marché veut lire, ni plus ni moins.








