EUR/USD : la paire se fige autour de 1,1650 en ce début décembre 2025, ce niveau clé menacé par l’inflation américaine, la Fed et la BCE
Autour de 1,1650, le taux de change EUR/USD temporise en ce début décembre 2025, après un plus-haut de plusieurs semaines. Inflation américaine, Fed accommodante et risques d’inflation pour la BCE peuvent-ils changer brutalement la tendance sur l’euro-dollar ?

Au début du mois de décembre 2025, le taux de change euro-dollar a ralenti son ascension. Après avoir inscrit un plus-haut de plusieurs semaines, la paire s’est installée vers le milieu de la zone des 1,1600, proche de 1,1650, dans un marché des changes moins directionnel. Les investisseurs, qui avaient accumulé des positions acheteuses sur l’euro, semblent désormais privilégier l’attente.
Ce repli de la volatilité intervient alors que les dernières statistiques américaines d’emploi ont confirmé une économie solide, sans suffire à redonner un vrai souffle au billet vert. Dans le même temps, la Réserve fédérale est largement attendue en baisse de taux, tandis que la Banque centrale européenne laisse entendre que l’inflation de la zone euro se rapprocherait graduellement de son objectif de 2 %. Entre perspectives d’assouplissement monétaire aux Etats-Unis et prudence accrue à Francfort, la paire EUR/USD se trouve à un carrefour clef. La prochaine étape dépendra des chiffres d’inflation.
En bref :
- La paire EUR/USD consolide vers 1,1650, au milieu de la zone des 1,1600, après un plus-haut de plusieurs semaines.
- Les marchés intègrent une probabilité d’environ 87 % de baisse des taux de la Fed en décembre, contre 71 % une semaine auparavant, ce qui affaiblit le dollar.
- La BCE signale une inflation proche de 2 % et des taux directeurs jugés au « bon niveau », ce qui plaide pour une phase de stabilisation monétaire.
- L’indice américain PCE, mesure clé de l’inflation américaine, et les données d’inflation européenne restent les principaux risques immédiats pour la paire.
- Sur le plan technique, le franchissement de la moyenne mobile 100 jours et de la résistance située autour de 1,1606 renforce le biais haussier de court terme.
EUR/USD : un rallye stoppé net par une phase de consolidation
La paire EUR/USD a d’abord prolongé son mouvement haussier, franchissant le seuil des 1,1600 puis s’approchant de 1,1615 lors des échanges asiatiques. Au fil des séances, le cours s’est ensuite fixé autour de 1,1593 en ouverture européenne, avant de remonter vers la zone médiane des 1,1600. Ce retour sur un niveau charnière intervient après le dépassement d’une moyenne mobile 20 jours située près de 1,1577 et surtout de la moyenne mobile simple 100 jours, ce qui a encouragé les opérateurs interressés par un biais plus haussier. Dans ce contexte, la résistance technique identifiée autour de 1,1606 a été mise sous pression, marquant une étape importante dans la sortie d’une phase de compression des prix.
Sur le plan fondamental, la dynamique récente reflète aussi une faiblesse marquée du dollar face à la plupart des devises majeures, à l’exception du franc suisse. Les dernières statistiques américaines sur l’emploi ont donné une image robuste du marché du travail, mais elles n’ont pas suffi à enclencher un rebond durable du billet vert. Les opérateurs restent convaincus qu’une nouvelle baisse du coût de l’argent par la Réserve fédérale dès la semaine suivante demeure le scénario central, ce qui limite la capacité du dollar à retrouver une trajectoire vraiment constructive. Un appétit accru pour le risque sur les marchés financiers vient compléter ce tableau, au bénéfice de la monnaie unique.
Inflation américaine, Fed et BCE : quels risques pour l’euro-dollar ?
Le prochain grand rendez-vous pour le marché des changes reste la publication de l’indice PCE américain, baromètre privilégié de l’inflation américaine pour la Fed. L’Institute for Supply Management a déjà signalé la fragilité de l’industrie manufacturière, avec un indice PMI retombé à 48,2 en novembre contre 48,7 le mois précédent, soit un neuvième mois consécutif de contraction et un chiffre inférieur au consensus établi à 48,6. Selon l’outil FedWatch du CME Group, cette dégradation a porté à environ 87 % la probabilité d’une réduction des taux d’intérêt lors de la réunion des 9 et 10 décembre, contre 71 % une semaine plus tôt, avec un mouvement de 25 points de base qui ramènerait la fourchette des Fed Funds autour de 3,50 % – 3,75 %. Une lecture du PCE marquée par un ralentissement de la composante inflation renforcerait encore ce scénario d’assouplissement et pèserait sur le dollar, tandis qu’un chiffre plus ferme pourrait mécaniquement redonner du soutien au billet vert et déclencher des prises de bénéfices sur l’euro.
En zone euro, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a de son côté rappelé qu’une inflation proche de l’objectif de 2 % était attendue dans les prochains mois, tout en jugeant que les taux d’emprunt se situaient au « bon niveau », a-t-elle affirmé, citée par BDOR. Les projections de marché pour l’indice harmonisé des prix à la consommation font état d’une hausse d’environ 2,1 % à 2,2 % sur un an, avec une inflation sous-jacente autour de 2,5 %, des niveaux encore légèrement supérieurs aux lectures précédentes. Ces données orienteront la lecture des prochaines décisions de la BCE, les investisseurs cherchant à savoir si l’institution pourra envisager une détente monétaire dès le premier semestre 2026 ou si la persistance de tensions sur les prix repoussera tout assouplissement. Pour la paire EUR/USD, une inflation européenne plus faible que prévu pourrait fragiliser temporairement la monnaie unique face au dollar, tandis qu’une inflation maintenue au-dessus de la cible conforterait l’idée d’une BCE en mode pause, soutenant le différentiel de politique monétaire avec la Fed.
En bref
- Début décembre 2025, la paire EUR/USD se stabilise autour de 1,1650 sur le marché des changes, après un rallye porté par la faiblesse du dollar américain.
- Les anticipations de baisse des taux de la Fed, combinées aux signaux d’inflation encore incertaine en zone euro, reconfigurent le différentiel de politique monétaire Fed/BCE.
- Entre supports techniques autour de 1,1600 et catalyseurs macro comme le PCE américain, les prochains jours s’annoncent décisifs pour le scénario de l’euro-dollar.







