Retraite : à partir de 2026, ce rachat de trimestres payé en plusieurs fois va vous coûter plus cher, la majoration de 1,3 % que beaucoup ignorent
À partir de 2026, les rachats de trimestres payés en plusieurs fois seront majorés de 1,3 %, alors même que la facture atteint déjà plusieurs milliers d’euros. Faut-il vraiment étaler ce coût pour préserver sa trésorerie ou payer comptant pour limiter la note ?

Racheter des trimestres pour sa future retraite fait partie des grandes questions à l’approche de la fin de carrière. Le dispositif séduit ceux qui veulent gommer quelques trous dans leur parcours professionnel, mais le budget à mobiliser peut vite impressionner, surtout quand plusieurs trimestres manquent.
Pour les assurés âgés de plus de 20 ans et de moins de 67 ans, le mécanisme s’appelle officiellement versement pour la retraite, ou VPLR. Il permet de racheter jusqu’à 12 trimestres au titre des années d’études supérieures et des années civiles incomplètes. En 2025, le coût d’un rachat de trimestres dans le régime général varie, selon l’âge et le revenu, entre 1 055 € et 6 684 € par trimestre. Ce versement peut être réglé en une seule fois ou étalé, mais à partir du 1er janvier 2026, les sommes restant dues après plus d’un an de paiement seront majorées de 1,3 % à compter du treizième mois, ce qui change la donne pour ceux qui misent sur un règlement étalé.
Rachat de trimestres paiement en plusieurs fois : ce que prévoit la règle
Une fois la demande acceptée, la Carsat adresse au demandeur un document intitulé « Évaluation de versement pour la retraite », qui précise le montant à verser, accompagné d’un relevé de carrière régularisé et d’un formulaire « Confirmation d’une demande de versement ». Le paiement se fait ensuite par prélèvements mensuels. Il peut être échelonné sur plusieurs années selon le nombre de trimestres rachetés :
- sur 1 à 3 ans, si le rachat porte sur au moins 2 trimestres ;
- sur 1, 3 ou 5 ans, si le rachat concerne au moins 8 trimestres.
Dès que l’échelonnement dépasse douze mois, les sommes restant dues à partir du treizième mois sont majorées de 1,3 % à compter du 1er janvier 2026. Les retraités concernés sont informés par leur caisse du montant de chaque échéance majorée, afin de visualiser concrètement le surcoût lié au paiement en plusieurs fois. La totalité du versement doit avoir été réglée avant la liquidation de la pension : impossible de laisser courir les échéances une fois la retraite mise en paiement.
Pour ceux qui disposent de peu de trésorerie, cet échelonnement reste un outil pratique pour lisser un investissement souvent lourd, même si la majoration vient renchérir progressivement la facture finale. Les cotisations versées pour valider les années incomplètes sont en contrepartie déductibles du revenu imposable, ce qui atténue partiellement l’effort financier. Le dispositif devient donc un montage à la fois budgétaire et fiscal, dont l’intérêt ou non d’un paiement étalé dépend de la durée choisie et du profil de l’assuré, un équilibre parfois interessant à trouver.
Versement pour la retraite : bien préparer sa demande et son mode de paiement
Avant de se décider pour un rachat, les spécialistes recommandent de commencer par reconstituer sa carrière et identifier le nombre de trimestres manquants à l’âge légal. À la clé, l’objectif est d’éviter la décote : chaque année manquante, soit quatre trimestres, entraîne une minoration de 5 % du montant de la pension, appliquée définitivement. Le graal reste le taux plein, qui correspond à un taux de service de 50 % de la moyenne des 25 meilleures années de salaire lorsque tous les trimestres exigés pour sa génération sont validés. Le rachat doit par ailleurs reposer sur des périodes bien définies : études supérieures préparant un diplôme obtenu, stages ou apprentissages, ou encore années incomplètes où l’on n’a pas validé quatre trimestres. Le dispositif dit « rachat Fillon » limite ces rachats à 12 trimestres sur l’ensemble de la carrière.
Pour affiner son projet, la première étape consiste à télécharger son relevé de carrière sur info-retraite.fr ou sur le site de ses caisses, puis à corriger d’éventuelles erreurs avant d’engager la moindre dépense, puisqu’un rachat ne peut pas être remboursé s’il a été fait à tort. Il est conseillé d’effectuer une simulation sur le site de la Cnav, puis d’envoyer le formulaire de demande à sa caisse : l’absence de réponse dans les deux mois vaut rejet, avec possibilité de recours. En cas d’accord, le devis adressé précise le coût total et ouvre la réflexion sur le mode de paiement, au comptant ou par mensualités majorées. Reste alors à se demander sur combien d’années on souhaite lisser cette charge et au bout de combien d’années de retraite le gain attendu compensera l’effort consenti, pour choisir en connaissance de cause entre règlement immédiat et étalement avec majoration.
En bref
- Entre 20 et 67 ans, les assurés peuvent racheter jusqu’à 12 trimestres d’études ou d’années incomplètes pour atteindre le taux plein de leur retraite.
- En cas de paiement échelonné sur plus d’un an, les sommes restant dues au titre du rachat de trimestres sont majorées de 1,3 % à partir du treizième mois dès 2026.
- Entre trésorerie préservée, avantage fiscal et surcoût de la majoration, l’arbitrage entre paiement comptant et étalement impose des calculs précis avant de se lancer.





