PER et hausse de la CSG au 1er janvier 2026 : ce détail de votre plan d’épargne retraite dira s’il échappe vraiment à la note salée
À l’approche de la hausse de CSG au 1er janvier 2026, des millions d’épargnants s’interrogent sur le sort fiscal de leur plan d’épargne retraite. Tous les PER seront-ils touchés, ou certains contrats échapperont-ils réellement à la réforme ?

Entre inquiétude fiscale et besoin de préparer sa retraite, les épargnants ont les yeux rivés sur la hausse de la CSG prévue au 1er janvier 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale relève en effet la contribution sociale généralisée sur de nombreux placements, faisant grimper les prélèvements sociaux sur les revenus du capital. Dans ce paysage chamboulé, certains produits sont officiellement épargnés, comme l’assurance vie, ce qui nourrit l’espoir de voir son épargne retraite rester à l’abri.
Le plan d’épargne retraite occupe pourtant une place à part, car il mélange avantage fiscal, horizon de long terme et enveloppes juridiques différentes. Au terme des débats parlementaires, son traitement reste moins lisible que celui des livrets réglementés ou de l’assurance vie, et les épargnants cherchent à savoir si leurs gains seront taxés à 17,2 % ou 18,6 % demain. Une nuance qui peut paraître faible mais qui pèse sur des années d’épargne accumulée : un point interressant pour les futurs retraités.
PER et hausse de la CSG 2026 : ce que prévoit la loi
La contribution sociale généralisée doit passer de 9,2 % à 10,6 % sur certains revenus du patrimoine et de placement à compter du 1er janvier 2026, ce qui portera le total des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. La loi crée à cette occasion une contribution de 1,4 % destinée à financer l’autonomie, non déductible de l’impôt sur le revenu. Selon les calculs du ministère de l’Économie, cette hausse doit dégager 1,5 milliard d’euros par an, permettant notamment le recrutement de 4 500 professionnels dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes et de mieux accompagner le maintien à domicile.
Tous les produits financiers ne sont pas affectés de la même façon. Certains échappent explicitement à cette hausse de CSG et conservent leurs prélèvements sociaux au taux actuel de 17,2 %. C’est le cas, par exemple, des livrets réglementés ou de l’assurance vie, citée parmi les « heureux » placements préservés. D’autres supports, comme les comptes à terme ou les comptes titres ordinaires, entrent au contraire clairement dans le champ de la réforme et verront leurs gains taxés à 18,6 %. Entre ces deux blocs, le plan d’épargne retraite se situe à la frontière.
Plan d’épargne retraite : qui échappe vraiment à la hausse de CSG ?
Pour comprendre pourquoi le PER n’est pas traité d’un seul tenant, il faut revenir à sa définition officielle. Le site Service Public rappelle qu’un PER individuel est un produit d’épargne à long terme, alimenté par les versements de son titulaire, qui permet de se constituer un capital ou une rente pour la retraite. Il peut prendre deux formes juridiques bien distinctes : soit l’ouverture d’un compte titres, appelé PER d’investissement, soit l’adhésion à un contrat d’assurance de groupe, le PER d’assurance. Cette dualité est la clé de lecture de la réforme.
Les textes votés prévoient que l’assurance vie, les bons et contrats de capitalisation, ainsi que les « placements de même nature », soient exclus de la hausse de CSG. Les PER logés dans des contrats d’assurance de groupe, assimilés à ces placements, seraient ainsi rangés dans la catégorie des produits épargnés, au même titre que l’assurance vie. Le ministère de l’Économie a même confirmé que l’amendement n°1104 « intègre les PER », selon le site MoneyVox, ce qui vise précisément ces PER assurantiels. Pour ces contrats, la fiscalité décrite aujourd’hui par Service Public resterait donc la référence, avec des prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains, intégrés dans un prélèvement forfaitaire unique de 30 % lorsque la sortie est soumise au PFU.
La situation apparaît différente pour les PER ouverts sous forme de compte titres, souvent commercialisés par les banques. Ces PER bancaires, qui fonctionnent comme des comptes titres classiques, sont rapprochés des placements expressément visés par la réforme, aux côtés des PEA ou des comptes d’épargne non réglementés. Dans ce cas de figure, la part des gains soumise aux prélèvements sociaux pourrait passer de 17,2 % à 18,6 %, ce qui ferait grimper le PFU de 30 % à 31,4 % sur les sorties en capital imposées au prélèvement forfaitaire. En clair, tous les plans d’épargne retraite ne seraient pas logés à la même enseigne, et l’effet concret dépendrait à la fois de la nature du contrat – assurance ou compte titres – et du mode de sortie choisi, en capital ou en rente, sur lequel les prélèvements sociaux viennent s’appliquer.
En bref
- Au 1er janvier 2026, la CSG sur de nombreux placements passera de 9,2 % à 10,6 %, faisant grimper les prélèvements sociaux à 18,6 % et inquiétant les épargnants titulaires d’un plan d’épargne retraite.
- Le PER n’est pas homogène juridiquement : les contrats assurantiels seraient assimilés à l’assurance vie et préservés de la hausse, tandis que les PER bancaires en compte-titres resteraient dans le champ de la réforme.
- L’impact réel sur la facture fiscale dépendra à la fois du type de PER détenu et du mode de sortie choisi, en capital ou en rente, ce qui impose de vérifier la nature de son contrat avant d’arbitrer.





