Cours de l’or au plus haut : pourquoi les experts disent qu’il faut en avoir malgré tout et comment l’acheter sans transformer ça en pari risqué
Alors que le cours de l’or bat des records et affole les épargnants, la question du bon timing revient avec insistance. Faut-il investir maintenant pour protéger son patrimoine, ou patienter au risque de laisser filer une assurance précieuse ?

Le cours de l’or a franchi de nouveaux sommets, à plus de 4 338 dollars l’once, soit environ 3 704 € pour 28 grammes. Malgré ces records, les particuliers se ruent sur les pièces et les lingots, comme si le métal jaune était devenu l’ultime assurance face aux crises économiques, à l’inflation et aux tensions géopolitiques.
Entre peur de « rater le train » et crainte d’acheter au plus mauvais moment, beaucoup hésitent pourtant à sauter le pas. L’or reste-t-il vraiment une protection quand son prix flambe déjà, ou ce réflexe traduit-il surtout une perte de confiance envers les placements traditionnels et les monnaies ? Et si la vraie question n’était pas le niveau du cours, mais la place de l’or dans votre patrimoine ?
L’or, une monnaie millénaire redevenue centrale pour les banques
Pour Jean-François Faure, président-fondateur de la plateforme AuCoffre, l’or n’est pas un simple métal mais une forme de monnaie qui traverse les siècles. Il rappelle que « depuis 5 000 ans, c’est une monnaie, la plus vieille du monde, et à l’instant où l’on se parle, c’est à nouveau une monnaie. C’est la deuxième « devise » stockée par les banques centrales après le dollar, et devant l’euro. L’or aujourd’hui, auprès des banques, dépasse les bons du trésor américains », explique Jean-François Faure, président-fondateur d’AuCoffre, interrogé par Planet.fr.
Les chiffres confirment ce rôle central : la Banque de France détient plus de 2 400 tonnes d’or dans ses coffres et les banques centrales de la zone euro plus de 10 000 tonnes au total. Ce stock massif vise à renforcer la confiance dans la monnaie. Dans le même temps, des épargnants achètent de l’or pour une autre raison clé mise en avant par Finance Héros : l’or est une valeur refuge et un actif contracyclique, qui a eu tendance à monter lors de la bulle Internet, de la crise des subprimes ou encore du Covid-19.
Cours record : faux sommet ou vraie erreur pour l’épargnant ?
La peur d’acheter « trop cher » revient à chaque phase de hausse. Jean-François Faure l’a constaté dès 2009, au moment de la grande crise financière. « Quand j’ai fondé AuCoffre en 2009, les gens, avec la crise, me disaient « le cours de l’or est à 700-900 euros, c’est trop haut, je ne vais pas en acheter car il va retomber. » Aujourd’hui on est à 3 600 euros. », raconte-t-il. Ce qui paraissait être un sommet infranchissable est devenu, avec le recul, un ancien palier.
Pour lui, l’or ne doit pas être vu comme un pari, mais comme une protection structurelle. « C’est, par rapport à votre épargne, ce que votre assurance incendie est à votre maison, ou à votre voiture en cas d’accident. C’est une nécessité », détaille Jean-François Faure. Il va même plus loin en affirmant que « L’or, moins vous êtes riche et plus il faut en avoir. Pourquoi ? » car un foyer modeste dépend davantage de son compte courant et de ses livrets dont les intérêts réels peuvent être inférieurs à la hausse du coût de la vie.
Investir dans l’or ou spéculer sur l’or : la frontière à ne pas franchir
Si vous vous interressé à l’or parce que son prix vient de grimper et que les médias en parlent partout, la tentation de confondre prudence et spéculation est réelle. Les auteurs de gold.fr rappellent qu’acheter de l’or dans l’espoir d’une hausse rapide, par peur de manquer une opportunité ou en suivant les mouvements de marché à court terme, relève moins de l’investissement que du pari. Selon les données du World Gold Council reprises par ce média, plus de 40 % des flux récents vers l’or passent par des produits financiers liés à son prix, et non par de l’or physique conservé longtemps.
Dans ce contexte, la forme de détention compte autant que le métal. Selon les experts du Comptoir National de l’Or, « l’or physique est avant tout un outil de stabilisation patrimoniale, destiné à amortir les crises, pas à les exploiter », cités par gold.fr. L’or physique (pièces, lingots) s’inscrit dans une logique de conservation, de diversification et parfois de transmission, quand certains produits à effet de levier sur l’or papier servent plutôt des stratégies de court terme.
Comment investir dans l’or au plus haut sans transformer cela en pari ?
Finance Héros rappelle que la quantité d’or sur Terre est finie, quand la monnaie fiduciaire peut être créée indéfiniment. Dans un contexte de création monétaire abondante, l’or a ainsi servi de protection surtout lors des périodes de très forte inflation ou d’hyperinflation, son pouvoir d’achat restant plus stable que celui d’une devise. Jean-François Faure illustre cette stabilité en expliquant que « l’or a la même valeur absolue depuis 5 000 ans » : autrefois, une once d’or permettait d’acheter une vache, aujourd’hui une belle voiture, tandis qu’un Napoléon de 20 francs permet depuis un siècle d’acheter un beau vélo.
Pour limiter le risque d’acheter pile au sommet, les spécialistes conseillent d’intégrer l’or comme une petite brique de diversification plutôt que comme un placement central. Finance Héros suggère de viser autour de 5 % de son épargne en or, en ajustant selon sa situation. Cela peut passer par de l’or physique pour le très long terme ou par des ETF qui répliquent le cours de l’or, détenus via un compte-titres ou une assurance-vie. Beaucoup de conseillers recommandent aussi d’acheter progressivement, par montants réguliers, afin de lisser le prix d’entrée et d’éviter de se laisser guider uniquement par les records du moment.
En bref
- En 2025, le cours de l’or a atteint plus de 4 338 dollars l’once, poussant les particuliers, les banques centrales et des acteurs comme la Banque de France à renforcer leurs réserves.
- L’article montre comment le métal jaune joue un rôle de valeur refuge et d’assurance patrimoniale, à condition de l’intégrer comme une part limitée du portefeuille plutôt que comme un pari sur un nouveau record.
- Entre or physique, or papier et achats progressifs, il propose des repères concrets pour investir sans confondre protection de long terme et spéculation sur un cours au plus haut.





