Assurance vie 2025 : ce retour en force des fonds en euros peut-il vraiment booster vos gains ou vous décevoir en 2026 ? Les critères clés à connaître

Par Paul Graph - Publié le

En 2025, l’assurance vie retrouve des couleurs avec des fonds en euros enfin positifs face à l’inflation. Mais en 2026, votre contrat restera-t-il vraiment le placement star ou devra-t-il partager l’affiche avec d’autres supports ?

Assurance vie 2025 : ce retour en force des fonds en euros peut-il vraiment booster vos gains ou vous décevoir en 2026 ? Les critères clés à connaître

Sur les relevés d’épargne, l’assurance vie fait un retour remarqué : après des années de rendements grignotés par l’inflation, les fonds en euros repassent dans le vert en 2025. De quoi en faire, à nouveau, le placement chouchou des Français. Reste une question : en 2026, ce succès sera-t-il encore au rendez-vous ?

Pour comprendre, il faut remonter à 2024 : avec une inflation annuelle de 2,3 % et un rendement moyen de 2,6 % sur les fonds en euros, les épargnants n’ont réellement gagné qu’environ 0,3 % de pouvoir d’achat. Or l’inflation s’est tassée, si bien que « le rendement réel, inflation déduite, devrait être bien meilleur en 2025 », a souligné Alexis Trigaut, directeur commercial chez Corum L’Epargne, dans Capital. De quoi nourrir l’espoir d’une vraie embellie durable.

Assurance vie : des fonds en euros mieux armés pour 2025

Selon les premières estimations, les fonds en euros pourraient en moyenne distribuer un taux de 2,65 % au titre de l’année 2025, « voire de 2,7% dans le scénario le plus positif », estime Cyrille Chartier-Kastler, directeur du cabinet Facts & Figures. Cela représenterait quelques dixièmes de point de plus qu’en 2024, alors que les autres placements sécurisés, comme le Livret A, voient leur rémunération reculer.

Autre élément clé : la baisse de l’inflation redonne de la valeur à chaque point de rendement servi. En 2024, un taux moyen de 2,6 % n’a offert qu’un maigre gain réel aux titulaires de contrats. Avec des prix qui progressent désormais beaucoup moins vite, chaque dixième de point comptera davantage sur votre contrat. Pour beaucoup d’épargnants, l’assurance vie retrouve enfin une rémunération réelle positive, ce qui change la donne pour 2025 et la période qui suit.

Assurance vie 2026 : des rendements portés par l’inertie des fonds en euros

Attention tout de même : les assureurs ne dévoilent leurs performances qu’une fois par an, entre janvier et mars, et toujours pour l’année écoulée. Impossible donc de connaître aujourd’hui le taux qui sera servi au titre de 2026. On sait en revanche, comme le rappelle Ronan Guesnerie, porte-parole du courtier en ligne Linxea, que « leur rendement est sujet à une forme d’inertie ». En clair, les taux ont tendance à peu varier d’une année sur l’autre.

Cette inertie vient de la composition des fonds en euros : près des trois quarts de ces portefeuilles sont investis en obligations très peu risquées, dont environ 19,4 % de dette de l’Etat français selon Facts & Figures. Quand la confiance des marchés dans les finances publiques se dégrade, les nouveaux emprunts d’Etat doivent offrir un taux plus élevé, ce qui permet aux assureurs d’acheter des obligations plus rémunératrices et, au fil du temps, d’améliorer ce qu’ils servent aux épargnants.

Comment choisir son assurance vie pour profiter de 2026 ?

Tous les contrats ne profiteront pourtant pas de cette amélioration de la même façon. En 2024, certains fonds euros ont servi des rendements proches de 4 % net de frais quand d’autres ne dépassaient pas 1 %. Les mutuelles ont souvent tiré leur épingle du jeu, avec des portefeuilles plus diversifiés, moins concentrés en obligations et plus exposés aux actions, à l’immobilier ou au non coté. « Les gérants ont pu faire un « stock » conséquent d’obligations bien rémunérées, de quoi bénéficier d’une visibilité sur les rendements des années à venir », explique Alexis Trigaut. Les fonds euros créés récemment, qui ont acheté ces titres à de bons taux, apparaissent donc mieux placés pour 2026. En pratique, quelques indices permettent déjà de repérer un contrat adapté à cette échéance :

  • Un fonds en euros récent, lancé après la remontée des taux obligataires.
  • Des frais de gestion contenus et pas de frais sur les versements.
  • Une part raisonnable d’actifs diversifiés (actions, immobilier, non coté).
  • La possibilité d’ajouter progressivement des unités de compte adaptées à votre profil.

Pour viser un rendement supérieur à celui du fonds garanti, l’assurance vie multisupport permet de combiner fonds en euros et unités de compte. En 2024, les UC actions ont affiché une performance moyenne de 8,5 %, et 4,26 % en moyenne sur cinq ans, tandis que certaines SCPI diversifiées en Europe ont atteint 8,27 %. Ce type de contrat offrait alors autour de 2,6 % sur la poche en euros, pour un risque qui va de nul à élevé selon la part d’unités de compte et une durée de placement libre. L’investissement en SCPI via une assurance vie vise la simplicité et la sécurité fiscale, quand les montages plus techniques en direct restent réservés aux épargnants aguerris : « C’est un outil très puissant d’optimisation fiscale », assure Pierre Garin, directeur du Pôle immobilier du courtier Linxea, dans MoneyVox, à propos du démembrement. Avant tout nouveau verssement, mieux vaut donc examiner le profil de votre contrat, la qualité de son fonds en euros et la part de risque que vous êtes prêt à accepter.

En bref

  • Entre 2024 et 2025, les fonds en euros de l’assurance vie en France repassent en territoire positif grâce à la baisse de l’inflation et à la remontée des taux obligataires.
  • Pour 2026, l’inertie des portefeuilles obligataires laisse attendre des rendements proches de 2025, mais avec de forts écarts entre vieux contrats bancaires et fonds récents plus diversifiés.
  • Entre promesses de taux boostés, montée en puissance des unités de compte et concurrence du Livret A, l’épargnant doit analyser son contrat point par point avant tout nouveau versement.