Bientôt à la retraite : ce guide pour transformer le vertige du temps libre en activité qui vous passionne, sans faux pas avec le cumul emploi-retraite 2027

Par Paul Graph - Publié le

À un, deux ou trois ans de la retraite, l’excitation se mêle souvent à la peur du vide. Et si vous transformiez ce temps qui arrive en projet sur mesure, grâce à quelques questions clés, des essais en douceur et des aides souvent méconnues ?

Bientôt à la retraite : ce guide pour transformer le vertige du temps libre en activité qui vous passionne, sans faux pas avec le cumul emploi-retraite 2027

« C’est décidé, je pars à la retraite le 1er février 2027, annonce Régine, 64 ans. J’ai envie d’en profiter. Mais je redoute aussi tout ce temps libre. Il faut que je trouve quoi faire… J’ai tellement d’envies que ça change tous les jours! », raconte Régine à Notre Temps.

Entre excitation et appréhension, beaucoup de futurs retraités se reconnaissent dans ce mélange de liberté nouvelle et de vertige devant les journées à remplir. La question n’est pas seulement de trouver de quoi s’occuper, mais de dénicher l’activité à la retraite qui donnera envie de se lever le matin. Tout commence bien plus tôt qu’on ne le croit.

Anticiper sa retraite pour éviter de s’ennuyer

Le restaurateur Jean Mathieu, 80 ans, illustre une autre facette de cette transition. Installé depuis 1966 à la tête de son établissement, il lance : « Je ne sors jamais du travail », s’amuse-t-il. Il ajoute aussi : « Je ne sais rien faire d’autre que travailler », redoutant de « s’enquiquiner » s’il se met au repos, a-t-il expliqué au Parisien. Son attachement à son métier montre à quel point il est utile de préparer d’autres centres d’intérêt avant le grand saut.

Pour éviter ce sentiment de vide, mieux vaut réfléchir à sa vie après le travail plusieurs mois, voire plusieurs années, avant le départ. Une méthode simple consiste à tenir un carnet d’envies, sur un cahier ou dans son téléphone. On y note tout ce qui attire : sport, cours de cuisine, club de lecture, bricolage, jardinage, théâtre, voyages… Puis on en parle autour de soi pour recueillir des retours d’expérience, repérer des adresses, enrichir sa liste au fil des discussions, des émissions ou des articles.

Affiner son activité : questions clés et essais en douceur

Pour transformer ce carnet foisonnant en projet réaliste, quelques questions servent de boussole. Elles aident à cerner l’activité à la retraite qui vous plaît vraiment :

  • De quoi ai-je vraiment envie ? Apprendre une nouvelle compétence, développer ma créativité, découvrir davantage (voyages, expositions) ou transmettre et me sentir utile.
  • Quel est mon état d’esprit ? Est-ce que je cherche surtout l’amusement, la liberté, la reconnaissance, le bien-être.
  • Dans quel environnement ? Plutôt en ville, en pleine nature, dans le silence, à domicile.
  • Avec qui ? En famille, avec des amis, avec des personnes de mon âge, des jeunes, ou au contraire plutôt en solo.

Une fois ces réponses posées, vient le moment de tester. Week-ends, soirées et vacances permettent de s’inscrire à des stages de découverte – danse, sculpture, chant, randonnée, sport – sans pression. Celui qui rêve du chemin de Compostelle peut, par exemple, rejoindre un club de marche et allonger peu à peu les distances pour évaluer ses capacités. C’est aussi le moment de voir ce que vous apreciez vraiment et de vous autoriser à renoncer à une activité qui ne vous convient pas.

Concrétiser son projet : financements, aides locales et bénévolat

Pour donner vie à cette nouvelle activité, plusieurs leviers existent. Le pot de départ peut se transformer en abonnement à un atelier artistique, culturel ou sportif plutôt qu’en cadeau matériel, tout comme une partie de l’indemnité de fin de carrière. Tant que l’on travaille encore, le CPF reste un atout : les droits inscrits sur le compte personnel de formation, jusqu’à 5 000€, consultables sur le site moncompteformation.gouv.fr, peuvent financer une formation certifiante – langue étrangère pour devenir guide touristique, cours de cuisine pour ouvrir une table d’hôtes, par exemple. Une fois retraité ou à 67 ans, ces droits ne peuvent plus être mobilisés pour une nouvelle formation, même si une formation déjà payée peut se poursuivre au début de la retraite.

Ceux qui imaginent une activité rémunérée à la retraite doivent aussi regarder les règles du cumul emploi-retraite, modifiées par le PLFSS adopté le 16 décembre 2025 pour les départs à compter du 1er janvier 2027. Avant 64 ans, chaque euro gagné après la retraite est déduit de la pension. Entre 64 et 67 ans, il n’est plus possible de créer de nouveaux droits à pension et la moitié des revenus dépassant environ 7 000€ par an est retranchée de la pension. Au-delà de 67 ans, le cumul redevient libre, avec la possibilité de constituer une seconde pension. Le Baromètre de l’UNSA montre déjà que 17% des retraités depuis moins de cinq ans touchant une pension entre 1 000 et 1 400€ et 13% de ceux qui perçoivent moins de 1 000€ travaillent par nécessité, ce qui incite à bien se renseigner auprès de sa caisse avant de compter sur un « petit boulot plaisir ».

Pour beaucoup, la solution se trouve aussi tout près de chez eux. Les mairies et les centres communaux d’action sociale proposent des activités gratuites ou à tarif réduit pour les seniors, tandis que les médiathèques et bibliothèques organisent conférences et clubs de lecture. Même en ville, des jardins partagés permettent de jardiner sans terrain. Les caisses de retraite listent, via le site pourbienvieillir.fr, des ateliers gratuits – forme, nutrition, mémoire, numérique, randonnées – accessibles en quelques clics par code postal. Un atelier « Bienvenue à la retraite » y est même dédié aux futurs et jeunes retraités pour les aider à trouver leur nouveau rythme et prendre soin d’eux.

Enfin, certains souhaitent donner du sens à ce temps retrouvé grâce au bénévolat. La maison des associations et les sites de la commune recensent les structures locales qui cherchent des volontaires. Des plateformes nationales comme francebenevolat.org, generations-mouvement.org, tousbenevoles.org ou passerellesetcompetences.org mettent en relation les savoir-faire acquis en comptabilité, informatique ou communication avec les besoins des associations. Une manière concrète de répondre à ses envies de lien social, de transmission ou d’engagement, révélées par les questions posées bien avant le jour du départ.

En bref

  • À l’approche de la retraite, de nombreux futurs retraités oscillent entre envie de liberté et peur de s’ennuyer, ce qui impose d’anticiper leurs projets plusieurs mois à l’avance.
  • Carnet d’envies, questions clés sur ses aspirations, tests en conditions réelles et mobilisation de leviers comme le CPF ou les réseaux locaux aident à cibler l’activité qui correspond vraiment.
  • Entre bénévolat, ateliers gratuits, règles du cumul emploi-retraite et plan d’action sur un an, l’article montre comment transformer ce nouveau temps en projet de vie choisi plutôt qu’en grand saut dans l’inconnu.