Épargne salariale : ce choix à faire dès votre départ de l'entreprise pour ne pas laisser dormir des milliers d'euros sur votre PEE, Perco ou PER collectif
En quittant une entreprise, des milliers d’euros peuvent dormir sur votre PEE ou votre PER collectif sans que vous le sachiez. Entre déblocage, transfert et frais cachés, quelles décisions prendre pour ne pas laisser filer votre épargne salariale ?

Quitter une entreprise ne signifie pas seulement tourner la page côté bureau et collègues. C’est aussi le moment où se pose la question de ce qu’il faut faire de son épargne salariale, accumulée parfois pendant des années sur un PEE, un Perco ou un PER collectif. Cette enveloppe, souvent regardée une fois par an seulement, peut pourtant représenter plusieurs mois de salaire.
En juin 2025, 13 millions de salariés détenaient une épargne salariale, et entre janvier et juillet 2025, 4,9 milliards d’euros ont été versés au titre de la participation et de l’intéressement. En 2024, plus de 411 000 demandes de déblocage ont été faites après une cessation de contrat de travail. Autrement dit, le jour du départ de l’entreprise est un moment clé.
Épargne salariale après un départ : ce que permet vraiment le PEE
En cas de rupture du contrat de travail – démission, licenciement, rupture conventionnelle ou départ à la retraite – le plan d’épargne entreprise donne la possibilité de récupérer l’intégralité des sommes sans attendre le délai classique de cinq ans. L’avantage fiscal du PEE est préservé : aucun impôt sur le revenu n’est dû sur les gains, mais les prélèvements sociaux restent appliqués sur les plus-values. Leur taux est passé de 17,2 % à 18,6 %, la hausse de CSG ayant été actée dans le budget 2026 de la Sécurité sociale.
Clôturer son PEE peut avoir du sens si vous avez besoin de liquidités ou si vous préférez réorienter votre argent vers d’autres enveloppes comme l’assurance vie ou le PEA. Les frais de déblocage varient selon les établissements : certains offrent une demande en ligne gratuite, d’autres facturent entre 15 et 30 euros, avec un coût parfois plus élevé pour une demande par courrier. Pour beaucoup de salariés, c’est la première grande décision à prendre une fois la rupture du contrat actée.
PEE, Perco et PER collectif : conserver, transférer, ou réorganiser ?
Rien n’oblige à fermer un PEE après un départ de l’entreprise. Tant que l’épargne reste investie, il n’y a ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux à payer, et vous pouvez continuer à arbitrer entre les supports proposés. En revanche, les frais de tenue de compte, de l’ordre de 35 à 40 euros par an, deviennent à votre charge, alors qu’ils étaient souvent pris en charge par l’employeur. Certains dispositifs prévoient une prise en charge pour les retraités, mais ce cas reste rare. Au vu de ces coûts, conserver un PEE isolé est souvent jugé peu interressant, sauf si les fonds choisis sont performants et que vous ne disposez pas d’enveloppes jugées plus attractives.
Autre option : transférer votre épargne vers le PEE de votre nouvel employeur, lorsqu’il en existe un. Le transfert est neutre sur le plan fiscal, sans perte d’antériorité, mais il entraîne en général des frais compris entre 40 et 50 euros, sauf si l’établissement financier reste le même. Les démarches peuvent prendre plusieurs semaines, les supports d’investissement n’étant pas identiques d’un plan à l’autre, ce qui impose de vérifier à l’avance la nouvelle offre de fonds avant de valider le transfert.
Perco, PER collectif, argent dormant : quelles décisions privilégier ?
Pour le Perco et le PER collectif, la logique est différente, puisqu’il s’agit d’outils d’épargne retraite supplémentaire. Ces plans ne peuvent pas être liquidés au départ de l’entreprise : seule la conservation ou le transfert sont possibles. En cas de maintien, les frais de tenue de compte sont encadrés par la loi et plafonnés à 20 euros par an, comme le prévoit l’article L.3334-3-3 du Code du travail. Si votre nouvelle entreprise propose un PER collectif, un transfert reste envisageable ; sinon, vous pouvez diriger votre ancien PER collectif vers un PER individuel ouvert dans un établissement acceptant le compartiment 3 de l’épargne retraite.
Derrière ces choix techniques se cache un enjeu simple : éviter de laisser votre épargne salariale se disperser et s’endormir au fil des changements d’employeur. Les oublis sont fréquents, au point que ces plans représentent une part significative des sommes non réclamées transférées à la Caisse des dépôts. Pour garder la main, certains salariés s’imposent une petite check-list à chaque changement de poste :
- recenser tous leurs PEE, Perco et PER collectifs encore ouverts ;
- regarder les frais annuels et les conditions de sortie de chaque plan ;
- choisir, selon leurs besoins, entre clôture, conservation ou transfert, en tenant compte des autres enveloppes déjà détenues ;
- mettre à jour leurs coordonnées pour éviter de passer à côté d’informations ou de relevés importants.
En bref
- Avec 13 millions de salariés concernés et 4,9 milliards d’euros versés en participation et intéressement, le départ de l’entreprise devient un moment clé pour arbitrer son épargne salariale.
- PEE, Perco et PER collectif offrent des options différentes entre déblocage, conservation et transfert, avec une fiscalité spécifique, des prélèvements sociaux à 18,6 % et des frais parfois élevés.
- Entre risque d’“argent dormant”, dispersion des petits plans et transferts vers de nouveaux dispositifs ou un PER individuel, la bonne stratégie repose sur quelques choix structurants et un ménage régulier.





