Agirc-Arrco : en mars 2026, la CSG va faire plonger la complémentaire Agirc-Arrco de nombreux retraités, ces seuils de revenu qui font tout basculer
Au printemps 2026, des milliers de retraités du privé verront leur pension complémentaire Agirc-Arrco amputée par un changement de CSG lié à leur revenu fiscal. Votre foyer fait-il partie de ceux qui risquent la chute nette de mars ?

Surprise à double tranchant pour les retraités : au 1er janvier 2026, leurs pensions de base ont bien été revalorisées de 0,9 % pour suivre l’inflation, mais la retraite complémentaire ne suit pas le mouvement. Les retraites complémentaires Agirc-Arrco, perçues par près de 14 millions d’anciens salariés du privé, restent gelées faute d’accord entre partenaires sociaux à l’automne. Dans ce contexte déjà tendu pour le pouvoir d’achat, une nouvelle baisse, moins visible mais plus douloureuse, se prépare sur la pension nette.
Elle ne vient pas d’une diminution du montant brut versé par l’Agirc-Arrco, mais de la hausse des prélèvements sociaux, et surtout de la CSG, calculée à partir du revenu fiscal de référence (RFR). Une part non négligeable du montant peut ainsi disparaître d’un seul coup sur le versement de mars 2026, le temps de rattraper les premiers mois de l’année. Reste à savoir quels profils exacts de retraités vont « sauter de tranche » et voir leur pension complémentaire fortement rabotée.
Agirc-Arrco 2026 : le piège des nouveaux taux de CSG
Sur les pensions de retraite, quatre taux de CSG coexistent : 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %. Les retraités aux revenus les plus modestes sont exonérés, les autres se voient appliquer un taux en fonction de leurs ressources et du nombre de parts de leur foyer. Or le barème utilisé au 1er janvier 2026 repose sur les revenus de 2024. Cette année-là, les pensions de base ont grimpé de 5,3 %, quand le barème de la CSG n’augmente que de 1,8 %. Résultat, les revenus ont progressé plus vite que les seuils, et de nombreux retraités se retrouvent brusquement au-dessus de la tranche qui leur ouvrait droit à un taux réduit.
Concrètement, un retraité vivant seul, avec 1 part fiscale, restera exonéré de CSG si son RFR 2024 ne dépasse pas 13 048 euros. Entre 13 049 euros et 17 057 euros, il supporte 3,8 % de CSG, puis 6,6 % jusqu’à 26 470 euros. Au-delà, c’est le taux normal de 8,3 % qui s’applique, auquel s’ajoutent la CRDS, la CASA et la cotisation maladie, pour un total pouvant approcher 10,1 % sur la seule pension Agirc-Arrco. Le hic : ce nouveau taux ne sera appliqué qu’en mars 2026, avec en plus le rattrapage des sommes qui auraient dû être prélevées sur les pensions de janvier et février, ce qui fera mécaniquement plonger le montant net de ce mois-là.
Baisse de pension Agirc-Arrco : qui va être le plus touché en mars 2026 ?
Les premiers concernés sont les retraités dont le revenu fiscal de référence 2024 frôle l’un des seuils du barème 2026. Pour une personne seule, dépasser 17 057 euros de RFR fait passer du taux réduit de 3,8 % au taux médian de 6,6 %, et franchir la barre de 26 470 euros déclenche le taux plein de 8,3 %. Pour un couple disposant de 2 parts, l’exonération s’arrête à 20 014 euros de RFR et le taux normal s’applique au-delà de 40 604 euros. Tous ceux qui étaient juste en dessous de ces limites risquent donc de voir leur contribution grimper brusquement.
S’ajoutent les foyers dont la situation familiale ou patrimoniale a changé en 2024 : veuvage, divorce ou séparation faisant perdre une part fiscale, petits revenus fonciers ou plus-value qui tirent le RFR vers le haut. Même avec une pension brute stable, ces retraités peuvent basculer d’une tranche de CSG à l’autre et subir une ponction plus forte sur leur pension complémentaire Agirc-Arrco, concentrée sur le versement de mars 2026. Un réflexe interessant consiste à relire son avis d’impôt 2025, repérer son RFR et le comparer aux seuils du barème pour mesurer l’ampleur possible de la baisse.
En bref
- En 2026 en France, les pensions de base sont revalorisées de 0,9 % tandis que les retraites complémentaires Agirc-Arrco restent gelées, avec des taux de CSG recalculés à partir du revenu fiscal de référence 2024.
- Le nouveau barème de CSG 2026 fait basculer de nombreux retraités dans une tranche supérieure, ce qui provoque une forte baisse de la pension nette Agirc-Arrco concentrée sur le versement de mars avec rattrapage de janvier-février.
- Retraités proches des seuils de RFR, veufs ou divorcés, foyers ayant vu leurs revenus 2024 grimper sont en première ligne et ont tout intérêt à examiner leur avis d’impôt et leur taux de prélèvements pour anticiper l’impact.





