« On m'a dit que c'était trop tard » : cette démarche après 60 ans peut encore vous faire gagner des trimestres retraite et atteindre le taux plein
À plus de 60 ans, bien des futurs retraités français entendent qu’il est trop tard pour agir sur leur pension. Pourtant, une démarche méconnue peut encore changer le nombre de trimestres retenus et le poids de la décote.

À l’approche de la retraite, beaucoup de sexagénaires se retrouvent avec la même phrase en tête : on leur a assuré que c’était trop tard pour changer quoi que ce soit. Des trimestres manquants, une décote redoutée, un relevé de carrière avec des trous… et le sentiment qu’il n’y a plus de marge de manœuvre une fois passé 60 ans.
Dans le même temps, les règles bougent sans arrêt. Le premier ministre Sébastien Lecornu a par exemple annoncé : « Je proposerai au Parlement que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle. Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’en janvier 2028 », « en complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 », a déclaré Sébastien Lecornu, cité par la CFDT Retraités. Certains sénateurs ont même qualifié cette suspension de « du pur effet d’annonce ». Dans ce contexte mouvant, une démarche reste pourtant disponible pour beaucoup après 60 ans : le rachat de trimestres après 60 ans.
Rachat de trimestres après 60 ans : ce n’est pas forcément trop tard
Le mécanisme s’appelle le rachat de trimestres, ou plus administrativement « versement pour la retraite ». Il permet, sous conditions, de valider des trimestres pour des périodes non cotisées : années d’études supérieures, années civiles incomplètes, mais aussi certaines périodes spécifiques comme des stages, un apprentissage ou une activité à l’étranger. Il ne s’agit pas de récupérer des trimestres déjà validés, mais bien d’obtenir des trimestres supplémentaires qui compteront dans votre durée d’assurance pour atteindre le taux plein ou réduire une décote.
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, ce n’est pas une démarche réservée aux quadragénaires prévoyants. Dans le régime général des salariés du privé, il reste possible de racheter entre 20 et 67 ans tant que la retraite de base n’a pas été liquidée. Dans d’autres régimes, la fenêtre est plus étroite : pour les fonctionnaires titulaires ou les militaires par exemple, le rachat d’années d’études se limite en principe avant 60 ans. Le vrai couperet, presque partout, n’est donc pas seulement l’âge mais la date à laquelle vous demandez officiellement votre retraite à votre caisse.
Jusqu’à quel âge racheter des trimestres retraite et à quel prix ?
En pratique, beaucoup de futurs retraités laissent passer l’occasion car ils ignorent simplement que le rachat reste accessible après 60 ans, tant qu’ils n’ont pas déposé leur demande de retraite. Le dispositif est jugé complexe, les barèmes paraissent obscurs, et le coût fait peur. Plus on avance en âge, plus le prix du trimestre augmente : autour de 60 ans, un trimestre peut déjà représenter plusieurs milliers d’euros, avec un montant qui grimpe selon vos revenus et l’option choisie (améliorer seulement le taux, ou bien le taux et la durée). Les sommes versées peuvent toutefois être déductibles du revenu imposable, ce qui change nettement le calcul.
Ce coût doit toujours être mis en regard du gain attendu. Racheter quelques trimestres peut permettre de supprimer une décote durable ou d’atteindre plus vite les 170 trimestres aujourd’hui requis pour certaines générations, ce qui joue directement sur le montant de la pension. La loi de financement de la sécurité sociale publiée au Journal officiel du 31 décembre 2025 a d’ailleurs figé, au moins provisoirement, cette durée d’assurance. Le même texte illustre au passage la technicité du système avec des formules comme « sont revalorisés (…) d’un coefficient égal à 0,004 pour les années 2028 à 2030, sans toutefois pouvoir être inférieur à un ». Autant dire qu’une simulation personnalisée devient vite indispensable pour savoir si un rachat tardif reste interressant.
Avant de racheter des trimestres après 60 ans, que faut-il vérifier ?
Avant de sortir le chéquier, la première étape consiste à éplucher votre relevé de carrière. Ce document, accessible dans votre espace personnel sur le site de l’Assurance retraite ou via le portail Info-Retraite, permet d’identifier les années incomplètes, les périodes de chômage, de maladie ou d’activité à l’étranger éventuellement mal prises en compte. Une simple demande de régularisation peut parfois ajouter des trimestres sans que vous ayez à payer quoi que ce soit. Il faut aussi vérifier que toutes les majorations pour enfants (maternité, éducation, adoption, congé parental) figurent bien, d’autant que la loi nouvelle prévoit, à partir du 1er septembre 2026, que deux trimestres pour enfant soient réputés cotisés pour la retraite anticipée carrière longue et qu’un trimestre par enfant né après 2004 compte pour la retraite des fonctionnaires.
Pour y voir clair après 60 ans, une démarche pas à pas aide à trancher entre rachat et autres solutions :
- faire le point sur le nombre exact de trimestres manquants pour éviter la décote ou partir à taux plein ;
- recenser tous les trimestres « gratuits » possibles (régularisations, enfants, nouvelles règles applicables en 2026) ;
- réaliser une simulation de rachat sur le site de l’Assurance retraite ou avec un conseiller, en intégrant l’avantage fiscal ;
- comparer ce scénario avec celui d’un départ différé de quelques trimestres, voire d’un maintien en activité avec surcote ou cumul emploi retraite.
En bref
- En France, de nombreux sexagénaires approchant la retraite se découvrent des trimestres manquants et s’interrogent sur la possibilité d’un rachat après 60 ans.
- L’article explique le fonctionnement du versement pour la retraite, les âges limites selon les régimes, le coût croissant après 60 ans et l’impact sur la décote et le taux plein.
- Avant toute décision, il détaille les trimestres gratuits à faire valoir, les simulations à réaliser et les alternatives si l’on vous affirme qu’il est vraiment trop tard.





