Arrêt maladie 2026 : ce que va vraiment coûter le nouveau plafond à 1,4 Smic sur votre salaire, avec des indemnités bloquées à 41,95 €
En 2026, la hausse du Smic ne suffit pas à compenser un plafond d’indemnités journalières désormais figé à 1,4 Smic pour l’arrêt maladie. Qui voit réellement son revenu chuter et comment sont versées ces IJSS par l’Assurance maladie ?

Une hausse du Smic, mais des arrêts maladie qui pèsent plus lourd sur le portefeuille : en 2026, les salariés en arrêt maladie voient leurs indemnités journalières légèrement revalorisées, tout en restant strictement plafonnées. Le changement ne saute pas forcément aux yeux sur la fiche de paie, mais il joue beaucoup dès que le salaire dépasse un certain seuil.
Depuis le 1er avril 2025, le calcul des indemnités maladie est en effet limité à un plafond abaissé, qui continue de s’appliquer en 2026. Résultat : la revalorisation de 1,16 % au 1er janvier 2026 ne compense pas pour tout le monde la baisse intervenue l’an dernier, et l’écart entre salaire et indemnisation se creuse pour une partie des actifs. Les chiffres racontent une autre histoire.
Arrêt maladie 2026 : un plafond d’indemnités journalières désormais limité à 1,4 Smic
En cas d’arrêt de travail pour maladie, l’indemnité journalière maladie correspond à 50 % du salaire journalier de base. Ce salaire journalier de base est calculé à partir de la moyenne des rémunérations brutes des trois derniers mois, mais uniquement dans la limite d’un plafond fixé à 1,4 Smic mensuel depuis le 1er avril 2025, contre 1,8 Smic auparavant. Avec un Smic brut à 1 823,03 € au 1er janvier 2026, cela signifie que l’Assurance maladie ne retient au maximum qu’un salaire mensuel de 2 552,24 € pour ce calcul, même si la rémunération réelle est plus élevée.
Avant cette réforme, un salaire plus important était pris en compte : l’ancien plafond à 1,8 Smic permettait d’atteindre une indemnité maladie maximale d’environ 53,31 € par jour. Depuis le passage à 1,4 Smic en 2025, le plafond d’indemnisation a reculé autour de 41,47 € par jour, puis a été très légèrement relevé avec la hausse du Smic. En 2026, le montant maximal de l’indemnité journalière maladie s’établit ainsi à 41,95 € par jour pour les nouveaux arrêts. Pour les salariés dont le salaire dépasse le plafond retenu, toute la part supérieure n’est plus du tout indemnisée par la Sécurité sociale, ce qui augmente aussi le reste à charge des employeurs en cas de maintien de salaire.
Montants des indemnités journalières versées en 2026 : maladie, maternité, accident du travail
Les plafonds ne concernent pas uniquement la maladie. En 2026, plusieurs types d’arrêts de travail donnent lieu à des montants maximaux distincts, tous exprimés en brut. Pour les arrêts maladie « classiques », l’indemnité est égale à 50 % du salaire journalier de base plafonné. Pour les autres situations, les limites sont plus élevées.
- Arrêt maladie, cas général : indemnité maximale de 41,95 € par jour.
- Maternité, paternité, accueil de l’enfant, adoption, deuil : indemnité maximale de 104,02 € par jour.
- Accident du travail ou maladie professionnelle : indemnité maximale de 235,69 € par jour.
- Accident du travail ou maladie professionnelle à partir du 29e jour d’arrêt : indemnité maximale de 314,25 € par jour.
Autre élément qui interresse directement le salarié : le délai d’attente avant de toucher ces sommes. En maladie « simple », l’Assurance maladie applique en principe 3 jours de carence pendant lesquels aucune indemnité n’est versée. Ce délai ne joue pas en cas de prolongation d’un même arrêt, d’affection de longue durée, d’accident du travail ou de maladie professionnelle, et il peut aussi être compensé par l’employeur si la convention collective prévoit un maintien de salaire. La caisse primaire d’assurance maladie verse ensuite les indemnités après traitement du dossier, en général tous les 14 jours en moyenne. Interrogée par Imaz Press, la Caisse générale de Sécurité sociale (CGSS) explique par ailleurs que « lorsqu’un arrêt de travail ouvre droit à indemnités journalières, deux situations se présentent : l’employeur pratique la subrogation : il continue de verser le salaire (tout ou partie) et reçoit directement les IJ de la CGSS, comme dans ce cas présent. Ou alors l’employeur ne pratique pas la subrogation : la CGSS verse alors les IJ directement à l’assuré. »
Arrêt maladie : comment seront versées vos indemnités journalières en 2026 ?
Sur le papier, les indemnités maladie doivent être réglées rapidement une fois le dossier complet. La règle de base prévoit un premier versement sous un délai d’environ 14 jours. Dans les faits, certaines caisses reconnaissent des délais plus longs. À La Réunion, la CGSS précise par exemple que « le délai moyen de paiement est d’environ 26 jours ». Elle ajoute que « les situations de retard sont souvent liées à l’absence ou au caractère incomplet des documents transmis ». Les écarts entre la théorie et la réalité tiennent donc beaucoup à la circulation des justificatifs entre le médecin, le salarié et l’employeur.
Pour limiter les blocages, la CGSS met en avant quelques réflexes : transmettre rapidement l’arrêt de travail, vérifier que l’employeur a bien adressé l’attestation de salaire, suivre l’avancement du dossier via le compte ameli, et demander au médecin de télétransmettre l’arrêt lorsqu’il le peut. Ces précautions s’ajoutent aux règles générales de calcul (salaire journalier de base plafonné, indemnisation à 50 %, application éventuelle des 3 jours de carence) qui déterminent le montant final versé sur le compte bancaire. Dans un contexte de plafond resserré à 1,4 Smic, chaque détail administratif compte pour que les indemnités arrivent dans les temps et au niveau attendu.
En bref
- Au 1er janvier 2026, avec un Smic porté à 1 823,03 € et un plafond de calcul maintenu à 1,4 Smic, les indemnités journalières de sécurité sociale évoluent sans retrouver leur niveau d’avant le décret de 2025.
- L’article détaille le calcul du salaire journalier de base, les montants maximaux d’IJ en cas de maladie, maternité ou accident du travail, ainsi que les règles de carence et les délais réels de versement par la CPAM.
- Il met aussi en lumière la perte de revenu pour les salariés au‑delà de 2 552,24 € brut et les risques de retards de paiement, incitant salariés et employeurs à mieux anticiper leurs arrêts en 2026.





