Crédit d'impôt : ce virement de janvier que 9 millions de foyers dépensent trop vite risque de coûter très cher à la rentrée 2026
Le 15 janvier, près de 9 millions de foyers reçoivent une avance de crédit d’impôt qui ressemble à un coup de pouce tombé du ciel. Mais si vos dépenses 2025 baissent trop, ce virement pourra revenir vous hanter en plein été ou à la rentrée.

Mi-janvier, votre banque affiche soudain un virement de l’administration fiscale, parfois autour de 600 euros, libellé « AVANCE CREDIMPOT ». Beaucoup de foyers le considèrent comme un petit coup de pouce bienvenu après les fêtes et l’utilisent aussitôt pour boucler le budget ou lancer un projet. Ce transfert concerne près de 9 millions de foyers, ciblant des ménages qui engagent chaque année des dépenses ouvrant droit à une réduction ou un crédit d’impôt.
Depuis 2023, ce dispositif d’avance de 60 % sur certaines réductions et crédits d’impôt vise à réduire le décalage entre le moment où vous payez une nounou, une aide à domicile ou des frais d’Ehpad et celui où le fisc vous rembourse. Sauf que cette somme versée chaque 15 janvier n’est qu’une estimation basée sur votre dernière déclaration de revenus, pas un gain garanti. Si vos dépenses éligibles ont diminué entre deux années, cette avance crédit d’impôt janvier peut se transformer en facture salée quelques mois plus tard. Et la mauvaise surprise arrive souvent en plein été, quand le budget est déjà fragilisé.
Avance de 60 % : ce que le virement de janvier rembourse vraiment
Concrètement, le fisc regarde vos dépenses ouvrant droit à avantage fiscal déclarées pour l’année 2024 – emploi d’un salarié à domicile, frais de garde de jeunes enfants, dons aux associations, investissement locatif de type Pinel, frais d’hébergement en Ehpad, cotisations syndicales… Sur cette base, il calcule le montant total de vos réductions et crédits d’impôt et vous en verse automatiquement 60 % mi-janvier 2026. Le reste est ajusté à l’été 2026, une fois que vous aurez déclaré vos revenus 2025 et vos nouvelles dépenses éligibles au printemps.
Exemple typique avec l’emploi à domicile : en 2024, vous avez déclaré 2 000 euros de dépenses, ce qui a ouvert droit à un crédit d’impôt de 1 000 euros en 2025. En janvier 2026, vous percevez donc une avance de 600 euros. Mais si, en 2025, vos dépenses de salarié à domicile tombent à 500 euros seulement, votre crédit réel ne sera plus que de 250 euros. L’administration fiscale aura alors versé 350 euros de trop, somme qu’elle récupérera lors de la régularisation.
Quand l’avance de janvier se transforme en remboursement en pleine rentrée
Dans un cas comme celui-ci, les 350 euros de trop-perçu seront réclamés au foyer à la fin de l’été 2026, souvent en septembre, par un prélèvement automatique du fisc, en plein après-vacances et juste avant les frais de rentrée. Et ce n’est pas un cas isolé : dès que vos dépenses ouvrant droit à avantage fiscal ont baissé de plus de 40 % entre 2024 et 2025, vous devez vous attendre à rendre une partie, voire la totalité, de l’avance. C’est fréquent lorsque les enfants n’ont plus besoin de garde, qu’un parent quitte l’Ehpad ou que vous avez arrêté d’employer une aide ménagère.
Pour éviter ce type de retournement de situation, l’administration permet d’ajuster, voire d’annuler, l’acompte de janvier depuis votre espace particulier sur le site impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». La démarche doit être faite avant la mi-décembre de l’année précédente : pour l’avance de janvier 2026, il est désormais trop tard, mais rien n’empêche de revoir dès l’automne prochain le montant prévu pour janvier 2027 si vous savez que vos dépenses de garde d’enfants, de salarié à domicile ou de personel d’aide à domicile vont diminuer. En attendant, si vos frais 2025 ont nettement baissé, mieux vaut considérer le virement du 15 janvier comme une avance à mettre de côté plutôt qu’un bonus déjà acquis.
En bref
- Mi-janvier 2026, près de 9 millions de foyers français perçoivent une avance de 60 % sur leurs réductions et crédits d’impôt pour des dépenses engagées en 2024.
- Si leurs dépenses éligibles de 2025 chutent fortement, notamment au-delà d’environ 40 %, cette avance calculée sur 2024 peut devenir un trop-perçu réclamé en fin d’été ou en septembre.
- En modulant ou en annulant l’acompte sur impots.gouv.fr et en mettant de côté le virement du 15 janvier, chacun peut limiter le risque de prélèvement surprise à la rentrée.





