Retraite : dès le 9 février 2026, la nouvelle CSG retraite 2026 calculée sur vos revenus 2024 peut faire chuter votre pension nette au lieu de la revaloriser
Annoncée en hausse de 0,9 % au 1er janvier 2026, votre retraite pourrait pourtant reculer dès le virement de février. Entre CSG, RFR 2024 et rattrapage Agirc-Arrco, certains retraités risquent une mauvaise surprise sur leur pension nette.

Vous attendez la petite hausse de votre pension de retraite début février, annoncée à +0,9 % pour 2026, pour souffler un peu face à la hausse des prix. Pourtant, au moment de consulter votre compte, le montant versé pourrait être identique à celui de janvier… voire légèrement plus bas.
La raison ne tient pas qu’à la revalorisation décidée au 1er janvier, qui ne sera visible que sur la pension du mois de janvier versée le 9 février 2026. Elle se niche surtout dans les prélèvements sociaux et dans le nouveau barème de CSG retraite 2026, calculé à partir de vos revenus 2024 : un détail administratif qui peut peser lourd sur votre pension nette.
CSG retraite 2026 : un barème qui peut faire baisser votre pension nette
La Contribution sociale généralisée, la fameuse CSG, est prélevée à la source sur les retraites avec quatre taux possibles : 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %. En 2026, le taux appliqué dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) 2024 et du nombre de parts de votre foyer. Pour un retraité seul, l’exonération totale de CSG vaut jusqu’à 13 048 euros de RFR. Au-delà, le taux réduit de 3,8 % s’applique puis le taux médian de 6,6 %, avant d’atteindre le taux plein de 8,3 % pour les revenus plus élevés. Pour un couple, l’exonération va jusqu’à 20 014 euros, puis le taux réduit démarre à 20 015 euros, avant un passage à 6,6 % dès 26 165 euros de RFR et à 8,3 % au-delà de 40 604 euros.
Les seuils de ce barème CSG 2026 ont bien été relevés d’environ 1,8 % pour suivre l’inflation, mais les pensions de base, elles, ont déjà été augmentées de 5,3 % en 2024. Résultat : beaucoup de retraités voient leur RFR progresser plus vite que les seuils, et basculent dans une tranche de CSG supérieure. Si votre taux grimpe par exemple de 3,8 % à 6,6 %, parce que votre RFR a suffis à vous faire changer de tranche, la hausse brute de 0,9 % de votre pension sera plus que compensée par des prélèvements plus lourds. Avec la CRDS à 0,5 % et la CASA à 0,3 %, le taux global de prélèvements peut atteindre 9,1 %. Concrètement, un retraité dont la pension tourne autour de 2 000 euros peut perdre entre 30 et 40 euros par mois en cas de passage au taux plein, soit près de 480 euros sur l’année. A l’inverse, ceux dont le RFR recule peuvent bénéficier d’une baisse de CSG et gagner jusqu’à 50 euros nets par mois, voire 600 à 800 euros par an pour un couple dans certaines situations.
Calendrier 2026 : quand la baisse de retraite peut apparaître sur vos virements
Le calendrier joue un rôle clé. Le versement reçu début janvier 2026 correspond à la pension de décembre 2025, sans revalorisation ni changement de taux. C’est le paiement du 9 février qui intègre à la fois la hausse de 0,9 % de la retraite de base et le nouveau taux de CSG calculé sur votre RFR 2024. L’Assurance retraite indique appliquer généralement ce nouveau taux dès le versement de février. Si vous avez franchi un seuil de RFR, votre pension nette de base peut donc baisser dès ce virement, malgré l’indexation officielle des pensions sur l’inflation hors tabac prévue par le Code de la Sécurité sociale, qui ne protège pas contre ces effets de seuil fiscaux.
Pour les retraités du privé, une seconde étape arrive en mars avec l’ajustement de la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Les prélèvements sociaux y sont recalculés avec le barème 2026 et une régularisation est effectuée pour les mois de janvier et février : cela peut se traduire par un trop-perçu à rembourser ou, au contraire, un rappel en votre faveur. Pour savoir où vous vous situez, il faut reprendre votre dernier avis d’imposition, repérer votre RFR 2024 et votre nombre de parts, les comparer aux seuils du barème CSG 2026, puis surveiller les lignes « CSG », « CRDS » et « CASA » sur vos relevés de pension de février et de mars. En cas de baisse inattendue ou d’erreur manifeste de taux, une contestation auprès de votre caisse de retraite de base ou de votre caisse complémentaire reste possible, une fois vos justificatifs sous la main.
En bref
- Au 1er janvier 2026, les retraites de base sont revalorisées de 0,9 %, mais le virement du 9 février intègre aussi un nouveau taux de CSG calculé sur le revenu fiscal de référence 2024.
- Avec des seuils du barème CSG 2026 relevés moins vite que les pensions, de nombreux retraités changent de tranche et subissent jusqu’à 9,1 % de prélèvements sociaux, pouvant perdre 30 à 40 € nets par mois.
- Entre février pour la pension de base et mars pour la complémentaire Agirc-Arrco avec régularisation, les retraités sont invités à vérifier leur RFR, leur taux de CSG et à contester toute baisse jugée anormale.





