VRP : avez-vous vraiment droit à la retraite progressive en 2025 ? Âge, 150 trimestres, commissions… ces nouvelles règles qui peuvent tout bloquer

Par Paul Graph - Publié le

Longtemps tenus à l’écart, les voyageurs représentants placiers peuvent depuis 2023 accéder à la retraite progressive sous conditions strictes. Âge, trimestres, seuils de revenus : où en sont vraiment leurs droits en 2026 ?

VRP : avez-vous vraiment droit à la retraite progressive en 2025 ? Âge, 150 trimestres, commissions… ces nouvelles règles qui peuvent tout bloquer

À plus de 60 ans, avec plus de 150 trimestres au compteur, Fiona, voyageuse représentante placière, se heurte à une question très concrète au moment d’alléger son activité. « Je suis VRP, comment bénéficier de la retraite progressive? », s’interroge-t-elle dans une question adressée à l’Assurance retraite et relayée par Notre Temps, après avoir lu qu’un VRP devrait prouver un temps partiel formel ou une baisse de salaire d’au moins 20 % pour y accéder.

Elle n’est pas la seule : beaucoup de commerciaux itinérants voient circuler en même temps des fiches qui les disent exclus du dispositif et d’autres qui les citent parmi les bénéficiaires. La réforme des retraites de 2023, puis les ajustements de 2025, ont pourtant redessiné le cadre de la retraite progressive pour presque tous les actifs. Reste à savoir ce qu’il en est, très précisément, pour les VRP

VRP et retraite progressive : ce que la loi prévoit depuis 2023

Les voyageurs représentants placiers sont des salariés à part : leur rémunération dépend surtout des commissions et ils ne sont pas soumis à un horaire contractuel. Longtemps, cela a empêché d’appliquer les règles classiques de temps partiel exigées pour la retraite progressive. L’Assurance retraite a depuis clarifié les choses : « La retraite progressive est en effet possible pour les VRP. Les VRP sont des salariés qui ne sont pas soumis à une durée du travail. La législation relative à la durée du travail ne leur est pas applicable. Mais, depuis le 1er septembre 2023, le droit à un départ progressif en retraite a été étendu aux salariés qui ne sont pas assujettis à durée du travail », rappelle l’Assurance retraite.

Depuis le 1er septembre 2023, les VRP sont donc rangés, pour la retraite progressive, parmi les personnes dont l’activité n’est pas soumise à une durée de travail au sens du Code de la Sécurité sociale, en particulier l’article L.161-22-1-5. Côté conditions générales, ils doivent, comme les autres assurés, avoir au moins 60 ans pour les retraites progressives prenant effet à partir du 1er septembre 2025, et totaliser au moins 150 trimestres d’assurance tous régimes confondus. Seuls quelques métiers échappent encore au dispositif, comme les chauffeurs de taxi non salariés ayant adhéré à l’assurance volontaire du régime général de la Sécurité sociale.

Retraite progressive des VRP : conditions d’âge, trimestres et revenus

Pour un VRP qui remplit ces critères d’âge et de durée d’assurance, l’accès à la retraite progressive ne passe pas par un contrat de travail à temps partiel en bonne et due forme. Tout se joue sur les revenus professionnels. Le texte impose d’abord que le revenu annuel tiré de l’activité de VRP, l’avant-dernière année précédant la demande, soit au moins égal à 40 % du Smic brut en vigueur cette année-là, calculé sur la durée légale du travail. Une fois la retraite progressive accordée, la baisse des revenus doit ensuite rester comprise entre 20 % et 60 % par rapport à la moyenne des revenus des cinq années qui ont précédé la demande, moyenne calculée d’après les déclarations fiscales. Ce pourcentage est contrôlé chaque 1er juillet, sur la base de la dernière déclaration de revenus transmise à la caisse.

Autre point central pour les commerciaux payés à la commission : l’activité de VRP doit être exercée à titre exclusif, comme pour les indépendants. L’assuré doit attester sur l’honneur qu’il n’exerce que cette activité de VRP et fournir à l’organisme de retraite ses déclarations fiscales des cinq années précédant la demande. Dans les faits, un dossier de VRP en retraite progressive tourne donc autour de quelques pièces majeures :

  • une déclaration sur l’honneur confirmant l’exclusivité de l’activité de VRP ;
  • les avis d’imposition des cinq dernières années mentionnant les revenus de VRP ;
  • les justificatifs d’identité et de carrière permettant de vérifier les 150 trimestres cotissés.

VRP : comment vérifier si vous avez droit à la retraite progressive ?

Revenons à la question très concrète de Fiona : faut-il, pour un VRP, passer à quatre jours sur cinq ou justifier d’un contrat à temps partiel classique ? La réponse des textes surprend souvent les intéressés, habitués à raisonner en nombre d’heures : pour cette catégorie, on ne raisonne pas en jours travaillés mais en niveau de revenus. Ce qui compte, c’est d’abord de vérifier que l’on a bien 60 ans à la date de prise d’effet souhaitée, au moins 150 trimestres validés, puis que le revenu de l’année N-2 atteint le seuil demandé.

Pour préparer une demande, un VRP a donc intérêt à rassembler ses cinq derniers avis d’imposition, à calculer la moyenne de ses commissions sur cette période et à simuler la baisse de revenus qu’il envisage, afin de rester dans la fourchette de 20 à 60 %. La demande de retraite progressive se dépose ensuite auprès de sa caisse, qui versera une fraction de pension tout en continuant à valider des droits tant que l’activité se poursuit. Chaque année, avant le 1er juillet, le VRP doit adresser sa nouvelle déclaration de revenus pour que la caisse vérifie le maintien de la baisse ; en cas de remontée trop forte des revenus, la retraite progressive peut être révisée, suspendue, voire arrêtée, ce qui impose de suivre de près l’évolution de son activité commerciale.

En bref

  • Depuis les réformes de 2023 et 2025, la retraite progressive s’ouvre aux voyageurs représentants placiers à partir de 60 ans et 150 trimestres validés.
  • Pour un VRP, l’accès repose sur des règles spécifiques de revenus: seuil d’au moins 40 % du SMIC brut puis baisse de 20 à 60 % par rapport à la moyenne fiscale sur cinq ans.
  • Entre exclusivité de l’activité, contrôles annuels et risques de suspension, ce guide détaille les étapes clés pour sécuriser un passage en retraite progressive.