2 millions de personnes âgées isolées : ce Service Civique Solidarité Seniors gratuit peut tout changer, voici comment en bénéficier concrètement
En France, des milliers d’aînés isolés reçoivent la visite régulière de jeunes grâce au Service Civique Solidarité Seniors. Comment ce dispositif gratuit peut-il aider votre proche et comment y accéder concrètement ?

« Savoir que mon mari n’est pas seul quand je dois sortir, ça me rassure énormément ». Aidante au quotidien de son époux de 83 ans, cette conjointe raconte comment les visites régulières d’un jeune en mission ont peu à peu allégé son inquiétude, a-t-elle confié à Notre Temps. Trois rendez-vous par semaine, à domicile puis à l’EHPAD, sont venus structurer leur semaine et redonner du relief aux journées de son mari.
Cette histoire n’est pas isolée. En France, plus de 2 millions de personnes âgées vivent isolées, alors que 65 % des 16–24 ans déclarent eux aussi souffrir de solitude. Entre ces deux générations, le Service Civique Solidarité Seniors (SC2S) crée un pont en organisant des rencontres régulières entre jeunes volontaires et aînés fragilisés. Reste à savoir comment en bénéficier concrètement.
Service Civique Solidarité Seniors : à quoi ça sert contre l’isolement
Le Service Civique Solidarité Seniors est un programme national de service civique dédié au lien avec les aînés. Porté par l’Association nationale pour le déploiement du SC2S, soutenu par les ministères de la Jeunesse et des Solidarités et financé notamment par l’Agirc-Arrco, il s’inscrit dans la stratégie du Bien vieillir. En cinq ans, plus de 22 000 jeunes volontaires ont accompagné 447 500 seniors partout en France, à domicile ou en établissement. « Au début, j’étais inquiète, on ne sait jamais si le courant va passer. Et puis on se rend compte que tant qu’on communique sur nos besoins, il n’y a pas de raison que ça se passe mal », explique son épouse.
En pratique, les volontaires proposent des visites de convivialité, des jeux de société, des puzzles, des mots croisés, des sorties ou un coup de main sur le numérique, sans jamais se substituer aux professionnels de santé ou d’aide à domicile. Les effets se voient parfois dans de petits détails du quotidien : « Il n’aimait pas jouer avant et maintenant il s’acharne à gagner. Ça montre qu’il a retrouvé le plaisir et la motivation », observe son épouse. Pour les équipes, ces présences s’insèrent dans un projet global de prévention de l’isolement, sans soins ni tâches ménagères lourdes.
Service Civique Solidarité Seniors : effets concrets pour les aînés et les jeunes
Le dispositif repose sur un cadre très encadré, avec formation obligatoire, tuteur référent et temps de préparation des missions. « Un jeune n’est jamais laissé seul sans préparation », rappellent les équipes de l’EHPAD Lumières d’Automne, engagées dans le programme depuis 2022. Selon le 5ᵉ rapport d’évaluation d’impact social, publié en novembre 2025, 52 % des seniors accompagnés disent ne se sentir que rarement ou jamais seuls. Quatre seniors sur cinq déclarent avoir davantage envie de faire des activités et 82 % portent désormais un regard positif sur la jeunesse.
Pour les jeunes aussi, l’expérience est structurante. « J’ai traversé une période compliquée. Je sais ce que c’est d’être isolé, alors j’ai voulu apporter une compagnie, une discussion, une main tendue. » La première rencontre se fait toujours avec un professionnel : « Le feeling est passé tout de suite. J’étais là pour apprendre son histoire, comprendre leur situation », précise le jeune volontaire. Avec le temps, le lien se densifie : « Ça m’a appris la patience, l’écoute, le recul. Travailler avec des personnes âgées oblige à prendre le temps », témoigne-t-il. Il se souvient notamment d’un après-midi à discuter « de tout et de rien, de l’inflation comme de philosophie ». « Il m’apporte un nouveau regard sur le monde, et je crois que je lui en apporte un aussi », sourit-il. Les évaluations montrent que 65 % des volontaires perçoivent le vieillissement de façon plus positive après leur mission.
Comment bénéficier du Service Civique Solidarité Seniors quand on est senior ou aidant ?
Pour un senior ou un proche aidant, l’enjeu est de repérer les acteurs du SC2S près de chez soi. Le programme passe par des structures déjà présentes sur le terrain : EHPAD, résidences autonomie, CCAS, associations d’aide à domicile, caisses de retraite. Beaucoup de projets sont cofinancés par l’Agirc-Arrco, ce qui permet aux bénéficiaires de ne pas avancer de frais. Le plus simple reste d’en parler à un interlocuteur de confiance local, qui orientera vers une structure engagée dans le dispositif.
Pour enclencher un accompagnement, vous pouvez par exemple :
- apeller votre caisse de retraite complémentaire Agirc-Arrco et demander s’il existe un projet Service Civique Solidarité Seniors sur votre territoire ;
- contacter votre mairie ou votre CCAS pour savoir si des jeunes en service civique interviennent déjà auprès des aînés isolés ;
- poser la question à l’EHPAD, à la résidence seniors ou à l’association d’aide à domicile qui suit votre proche.
Une fois la structure identifiée, un professionnel échange avec le senior et, le cas échéant, avec sa famille pour préciser le rythme des visites, les activités souhaitées et les limites de la mission. Le dispositif reste gratuit pour les personnes âgées dans ce cadre, l’indemnité des jeunes étant prise en charge par l’État et les partenaires. Si le courant ne passe pas entre le volontaire et le senior, le binôme peut être ajusté, ce qui rassure beaucoup d’aidants qui, comme cette épouse, veulent surtout que leur proche ne soit plus seul face à la solitude.
En bref
- Lancé en 2021 face à la solitude de millions d’aînés et de nombreux jeunes, le Service Civique Solidarité Seniors organise partout en France des rencontres régulières entre volontaires et personnes âgées.
- Ces visites de convivialité, jeux, sorties ou aide au numérique, encadrées par des professionnels, améliorent le moral des seniors, réduisent le sentiment de solitude et renforcent les compétences des volontaires.
- Pour en faire profiter un proche, il suffit de se rapprocher de sa caisse de retraite, de sa mairie, de son CCAS ou de son EHPAD afin d’organiser un accompagnement gratuit et adapté à la situation.







