Frais de tenue de compte : pourquoi cette « taxe bancaire » a bondi de 54 % en 5 ans à La Banque Postale… et comment arrêter de la payer

Par Paul Graph - Publié le

En quelques années, les frais de tenue de compte se sont transformés en véritable taxe bancaire, grimpant bien plus vite que l’inflation. Comment cette petite ligne sur votre relevé peut-elle coûter si cher, et surtout, comment la faire disparaître ?

Frais de tenue de compte : pourquoi cette « taxe bancaire » a bondi de 54 % en 5 ans à La Banque Postale… et comment arrêter de la payer

Sur votre relevé, la ligne « frais de tenue de compte » ressemble souvent à une petite ponction anodine, quelques euros prélevés à intervalles réguliers sans que l’on sache vraiment à quoi ils correspondent. Depuis quelques années, cette somme a pourtant pris une ampleur inattendue, au point d’être parfois qualifiée de « taxe bancaire » par les clients qui voient la facture grimper sans changement visible dans leurs services.

Car pendant que l’inflation marque le pas, ces frais bancaires-là continuent de progresser à grande vitesse. Les données officielles de l’Observatoire des tarifs bancaires montrent une envolée bien plus rapide que celle des prix à la consommation, et certains grands réseaux, comme La Banque Postale, ont fait bondir leur tarification de plus de +54% en cinq ans. Une hausse silencieuse qui interroge.

Frais de tenue de compte : une hausse qui dépasse largement l’inflation

Selon l’Observatoire des tarifs bancaires, l’augmentation moyenne nationale des frais de tenue de compte atteint +8,95% en 2025, après déjà +8,23% en 2024. Sur la période allant de mi‑2023 à mi‑2025, l’ensemble des services bancaires a progressé de +6,2%, quand les prix à la consommation n’augmentaient « que » de +3,2%. Autrement dit, faire vivre un compte courant coûte, en pourcentage, presque deux fois plus cher que le reste du panier moyen.

En euros sonnants et trébuchants, le montant annuel facturé varie fortement selon les établissements. Pour un compte actif, la moyenne officielle évoquée se situe entre 24 € et 36,42 € par an. Dans la réalité, la facture grimpe souvent au‑delà de ces niveaux pour les clients fidèles aux grandes banques de réseau, où les frais de tenue de compte s’ajoutent à d’autres prélèvements, parfois moins visibles, liés à la carte ou aux services annexes.

Pourquoi ces frais de tenue de compte explosent, avec le cas La Banque Postale

Quand un client demande à quoi servent ces prélèvements, la réponse renvoie en général à la « gestion administrative » du compte et à sa « sécurisation ». Or surveiller les mouvements d’argent et sécuriser les avoirs constitue la mission de base d’un établissement bancaire, pas un service premium. Les banques invoquent aussi un besoin de rattrapage économique après des années de taux d’intérêt très bas. Un argument mis à mal par les banques en ligne, qui prouvent au quotidien que cette gestion peut être totalement gratuite pour le client.

Le cas de La Banque Postale illustre la rapidité de cette inflation. Pour certains de ses clients, la ligne de tenue de compte est passée de 13,20 € en 2020 à 20,40 € en 2025, soit une hausse de +54% en cinq ans. À cette augmentation du tarif de base s’ajoute l’apparition de nouvelles lignes, comme des frais de 15 € pour « frais d’actualisation de dossier client » en 2025. Mis bout à bout, ces montants transforment une simple possession de compte courant en charge fixe de plus en plus lourde, sans service additionnel clairement identifié.

Comment faire disparaître vos frais de tenue de compte ?

Rien n’oblige un particulier à payer pour le simple fait de détenir un compte bancaire. Plusieurs leviers existent pour alléger, voire effacer totalement ces frais. La bascule vers une banque en ligne ou une néobanque, qui pratiquent la gratuité de la tenue de compte, reste la solution la plus directe. Les pouvoirs publics ont d’ailleurs instauré une aide à la mobilité bancaire : la nouvelle banque prend en charge le transfert automatique de vos virements et prélèvements récurrents.

Autre atout à ne pas négliger : la transparence tarifaire. L’harmonisation des intitulés a rendu les brochures plus lisibles, et un comparateur public des tarifs bancaires permet de confronter rapidement ce que vous payez à ce que proposent les autres établissements. Concrètement, vous pouvez :

  • Identifier précisément, sur votre relevé et dans la brochure tarifaire, le montant annuel de vos frais de tenue de compte et des éventuels frais annexes liés à la gestion du compte.
  • Comparer ces montants grâce au comparateur public des tarifs bancaires, pour repérer les banques, physiques ou en ligne, qui ne facturent pas ces frais ou les maintiennent à un niveau bien inférieur.
  • Contacter votre conseiller pour demander une remise, voire la suppression de la ligne, en vous appuyant sur les offres concurrentes et sur votre ancienneté de client.
  • En cas de hausse annoncée, exercer votre droit de refus dans le délai légal et, si nécessaire, demander la clôture du compte sans frais pour rejoindre un établissement plus compétitif.

Peu importe ce que vous avez déja payé, un simple coup d’œil à votre relevé peut révéler une marge d’économie de plusieurs dizaines d’euros par an. Entre les banques de réseau moins gourmandes, les établissements en ligne gratuits et les outils mis à disposition pour changer plus facilement de crèmerie, il devient possible de reprendre la main sur cette « taxe bancaire » qui avait pris la mauvaise habitude de grimper toute seule.

En bref

  • Entre 2023 et 2025, les frais de tenue de compte en France ont augmenté presque deux fois plus vite que l’inflation, avec des cas emblématiques comme La Banque Postale.
  • Présentés comme une simple gestion administrative du compte, ces frais ont flambé de +54 % en cinq ans, parfois assortis de nouveaux prélèvements peu lisibles pour les clients.
  • Banques en ligne, comparateur public, mobilité bancaire et négociation ciblée offrent pourtant des moyens concrets de réduire voire supprimer cette taxe bancaire déguisée.