Bitcoin divisé par deux en ce début 2026 : ce que les experts conseillent vraiment aux épargnants paniqués avant de fuir ou d’en racheter

Par Paul Graph - Publié le

En quatre mois, le bitcoin a décroché d’environ 50 %, retombant à son plus bas niveau depuis seize mois et semant le doute chez de nombreux épargnants. Entre risque assumé et occasion à saisir, les experts tracent des lignes rouges avant toute décision.

Bitcoin divisé par deux en ce début 2026 : ce que les experts conseillent vraiment aux épargnants paniqués avant de fuir ou d’en racheter

En quelques semaines, le décor a changé pour le bitcoin. La « reine des cryptomonnaies » a vu son cours glisser d’un record proche de 126.000 dollars (environ 106.500 euros) atteint le 6 octobre 2025 à environ 60.000 dollars (près de 50.700 euros) le vendredi 6 février, soit une chute du bitcoin d’environ 50 % et un plus bas depuis seize mois. Un mouvement brutal qui inquiète les épargnants ayant mis une partie de leur capital sur cet actif ultra volatil, après une année 2025 euphoriqe.

Ce repli ne survient pas isolément. « Cette cassure ne se fait pas dans le vide, mais dans un contexte de défiance généralisée, où la volatilité sur la technologie et les métaux précieux alimente un mouvement global de réduction du risque », résume John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, cité par Le Particulier. La future nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine par Donald Trump, combinée à la nervosité sur les valeurs technologiques, nourrit cette aversion au risque qui rejaillit sur le bitcoin. Pour les épargnants, la question est simple en apparence mais interressante : faut-il fuir ou profiter de cette baisse.

Chute du bitcoin : une correction sous haute influence macroéconomique

Le recul récent du bitcoin s’inscrit dans un mouvement plus large de désengagement des actifs risqués. Entre incertitudes politiques à Washington, interrogations sur la trajectoire des taux de la Fed et secousses sur les grandes valeurs de la tech, de nombreux gérants réduisent la voilure sur tout ce qui est perçu comme volatil. Dans ce climat, le bitcoin est traité comme un actif de marché classique : lorsque la peur monte, les investisseurs vendent pour sécuriser, ce qui accentue encore la baisse et renforce le sentiment de défiance décrit par John Plassard.

Ce mouvement touche d’ailleurs l’ensemble des placements dits alternatifs. L’or a enchaîné les records avant de corriger, l’argent et d’autres métaux ont suivi, tandis que le bitcoin, après une envolée spectaculaire en 2025, aborde une phase plus contrastée. « Historiquement, le bitcoin suit un cycle de quatre ans, et 2026 pourrait logiquement être une année de transition », analyse Thibault Desachy, chez Coinhouse, dans MoneyVox. Le spécialiste souligne que « le bitcoin est désormais intégré dans des portefeuilles institutionnels via des ETF, des banques et des fonds souverains. Cette institutionnalisation modifie ses fondamentaux », avec à la clé « Résultat : des mouvements de prix moins extrêmes », mais davantage corrélés aux annonces macroéconomiques et aux secousses boursières classiques.

Fuir ou acheter du bitcoin : les pistes ouvertes aux épargnants

Cette nouvelle donne se reflète déjà dans les comportements. « Les altcoins ont été largement délaissés. Le bitcoin représente aujourd’hui près de 80% des encours chez nous », constate Thibault Desachy. Les particuliers se recentrent donc sur l’actif historique, tandis que les grands investisseurs l’utilisent comme variable d’ajustement. « Pour les investisseurs institutionnels, le bitcoin reste une valeur risquée mais très liquide, ce qui en fait un actif facile à arbitrer en période de tension », explique Alexis Boeglin, directeur des opérations de CrypCool. Quand la nervosité augmente, les ventes de bitcoin peuvent se multiplier, ce qui amplifie les corrections et bouscule les épargnants moins aguerris.

Pour ces derniers, les experts insistent sur quelques règles de base. « Il ne faut investir que de l’argent dont on n’a pas besoin à court terme et éviter d’entrer sur le marché en une seule fois. Le DCA permet de lisser la volatilité et d’éviter les décisions émotionnelles », rappelle Alexis Boeglin, en référence au DCA (Dollar Cost Averaging), qui consiste à étaler ses achats dans le temps. Dans un environnement jugé « profondément instable », « Nous sommes dans ce que j’appelle la règle des trois D : la dédollarisation, la dette et le désordre. Ces trois facteurs sont aujourd’hui pleinement activés », explique Jean-François Faure, directeur du groupe AuCoffre. Pour lui, or et bitcoin appartiennent à cette famille d’actifs alternatifs qui « n’ont pas vocation à remplacer l’épargne traditionnelle, mais à la compléter ». Les experts convergent sur un point : chacun doit d’abord clarifier son horizon, sa tolérance aux pertes et la place qu’il accepte de donner au risque dans son patrimoine avant de décider d’acheter la baisse, de conserver ou de réduire son exposition au bitcoin.

En bref

  • À l’automne 2025, le bitcoin est passé d’un record proche de 126 000 dollars à environ 60 000 dollars début février 2026, sur fond de défiance généralisée envers les actifs risqués.
  • Cette chute s’explique par le retour du mode risk-off, la sensibilité accrue du bitcoin aux décisions de la Fed et aux flux des institutionnels, ainsi que par l’effet amplificateur des ventes de panique.
  • Entre vente, attente ou achats progressifs via DCA, les experts invitent chaque épargnant à mesurer sa tolérance au risque et la place du bitcoin dans son patrimoine avant d’agir.