Pension de réversion 2026 : nouveaux montants, plafonds de ressources relevés… encore éligible ou sur le point de tout perdre ?
Au 1er janvier 2026, les montants et plafonds de la pension de réversion du régime général évoluent et peuvent bouleverser le budget des conjoints survivants. Vos revenus resteront‑ils sous la barre pour conserver tout ou partie de cette aide essentielle ?

Pour des millions de conjoints survivants, la pension de réversion reste un pilier du budget mensuel. Avec l’arrivée de 2026, les règles bougent une nouvelle fois : entre revalorisation du Smic, hausse des seuils de ressources et montants minimum et maximum révisés, beaucoup s’interrogent sur la somme qu’ils toucheront réellement l’an prochain.
Au 1er janvier 2026, les plafonds de ressources du régime général progressent de 0,9 %, dans le sillage d’un Smic relevé de 1,6 %. Objectif affiché : préserver le pouvoir d’achat tout en ciblant les bénéficiaires les plus modestes. Reste à savoir si vos propres revenus passeront encore sous la barre en 2026.
Pension de réversion 2026 : nouveaux montants minimum, maximum et taux
Dans le régime général de l’Assurance retraite, la pension de réversion correspond en principe à 54 % de la pension de base que percevait ou aurait perçu le défunt. Pour la retraite complémentaire des salariés du privé, de type Agirc-Arrco, la réversion atteint en général 60 % de la pension complémentaire. En 2026, le montant minimal garanti par le régime de base s’établit à 334,92 euros par mois, soit 4 019,13 euros par an, à condition que le défunt ait cotisé au moins 15 ans (60 trimestres) à l’Assurance retraite ; en cas de carrière plus courte, ce minimum est réduit. Le montant maximal de réversion du régime de base ne peut pas dépasser 1 081,35 euros par mois, soit 12 976,20 euros par an, quelles que soient vos ressources.
Ces montants sont calculés en brut et restent soumis aux prélèvements sociaux (CSG, CRDS…), ce qui réduit le net réellement versé. Certaines majorations peuvent s’y ajouter : une hausse de 11,1 % est prévue à partir de 67 ans, l’âge du taux plein, sous réserve de respecter un plafond de ressources, et un bonus d’environ 113,59 euros par enfant à charge est accordé avant cet âge. Dans les faits, le cumul avec votre propre retraite pèse lourd : si vos revenus dépassent les plafonds, la caisse applique un mécanisme d’écrêtement qui peut faire baisser, suspendre voire supprimer la pension de réversion.
Plafonds de ressources 2026 : qui peut encore toucher la pension de réversion ?
Pour le régime général, plusieurs conditions restent incontournables. Il faut avoir été marié au défunt : Pacs et concubinage ne donnent pas droit à la réversion de base. L’âge minimal est fixé à 55 ans, sauf exception en présence de deux enfants à charge avec le conjoint décédé, et le défunt doit avoir validé un minimum de trimestres. Le cœur du dispositif repose sur la condition de ressources : en 2026, le plafond de ressources 2026 est fixé à 25 001,60 euros brut par an pour une personne seule et 40 002,56 euros brut pour un couple, y compris pour les foyers recomposés. Ces seuils découlent d’un barème équivalent à 2 080 fois le Smic horaire pour une personne seule, majoré de 60 % pour les couples. Si vos revenus annuels dépassent ces montants, la pension de réversion peut être réduite, suspendue ou supprimée.
Pour apprécier ces ressources, la caisse prend en compte vos salaires, pensions personnelles, revenus fonciers ou encore certains revenus de placements, mais applique un abattement de 30 % sur les revenus professionnels à partir de 55 ans : seuls 70 % de votre rémunération brute entrent réellement dans le calcul, ce qui facilite le cumul entre petite activité et pension. L’allocation veuvage, elle, est exclue des revenus retenus. La période de référence porte sur vos 3 ou 12 derniers mois de ressources, ce qui peut aider en cas de baisse récente de revenus. Concrètement, la caisse examinera par exemple :
- Vos salaires éventuels et retraites personnelles, après abattement sur l’activité professionnelle ;
- Vos autres revenus déclarés (fonciers, certains placements…), hors prestations exclues comme l’allocation veuvage.
Un remariage ou un concubinage n’entraîne pas la perte de la réversion de base du régime général, mais peut modifier vos revenus de foyer et vous faire dépasser les plafonds, notemment si vous déclarez vos revenus ensemble. À l’inverse, la pension de réversion des fonctionnaires n’est pas soumise à plafond de ressources, mais un remariage, un Pacs ou une vie en concubinage peut révoquer les droits. Le régime complémentaire Agirc-Arrco applique aussi un taux de 60 % sans condition de ressources, tout en posant ses propres règles sur le remariage ou le concubinage. Pour sécuriser vos droits en 2026, mieux vaut déposer votre dossier dans les 12 mois suivant le décès pour bénéficier de la rétroactivité, surveiller l’évolution des prélèvements sociaux qui influent sur le net perçu et, en cas de doute, utiliser les simulateurs en ligne de l’Assurance retraite.
En bref
- À compter du 1er janvier 2026, la pension de réversion du régime général évolue avec des montants revus et des plafonds de ressources portés à 25 001,60 euros pour une personne seule et 40 002,56 euros pour un couple.
- Le conjoint survivant marié, âgé d’au moins 55 ans, peut percevoir 54 % de la pension de base (minimum 334,92 euros, maximum 1 081,35 euros) sous condition de ressources calculées après un abattement de 30 % sur les revenus professionnels.
- Entre majoration de 11,1 % à 67 ans, bonus par enfant, risques d’écrêtement en cas de dépassement des plafonds et démarches à effectuer sous 12 mois, chaque situation doit être examinée finement pour sécuriser ses droits en 2026.





