Piratage du fichier Ficoba : 1,2 million de RIB et IBAN exposés, ce geste simple à faire dès maintenant pour protéger vos comptes
Après le piratage du fichier Ficoba confirmé le 18 février 2026, 1,2 million de comptes bancaires français se retrouvent potentiellement exposés. Quels gestes concrets adopter dès maintenant pour éviter prélèvements frauduleux et usurpation d’identité ?

Mercredi 18 février 2026, l’administration fiscale a confirmé ce que beaucoup redoutaient : le fichier national des comptes bancaires Ficoba a été victime d’un accès illégitime. En quelques connexions frauduleuses, les données bancaires et civiles d’une partie des contribuables français se sont retrouvées exposées, sans que personne n’ait eu à pirater directement une banque.
Au total, 1,2 million de contribuables ont vu leurs informations consultées par un « acteur malveillant » ayant usurpé les identifiants d’un fonctionnaire de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Ces 1,2 million de victimes ne représentent « que » 0,4 % des données présentes dans le fichier, mais leurs noms, adresses, dates de naissance et coordonnées bancaires (RIB et IBAN) ont potentiellement fuité. Assez pour inquiéter sérieusement, sans forcément savoir par où commencer pour se protéger.
Piratage du fichier Ficoba : quels risques réels pour vos comptes bancaires ?
Ficoba recense les comptes bancaires ouverts en France (compte courant, épargne, etc.) avec l’identité complète du titulaire, son adresse postale, sa date et son lieu de naissance, ainsi que ses coordonnées bancaires (RIB et IBAN). En revanche, ce fichier ne contient ni vos soldes, ni l’historique détaillé de vos opérations, ni les données de carte. Les escrocs n’ayant pas eu accès aux numéros de carte bancaire, à la date d’expiration ou au cryptogramme, ils ne peuvent pas réaliser de paiements par carte à partir du seul Ficoba.
Le danger se situe ailleurs : avec un IBAN et un RIB, un fraudeur peut tenter de mettre en place des mandats de prélèvement SEPA frauduleux, par exemple pour souscrire des abonnements ou des services à votre insu. La Fédération bancaire française rappelle que les informations qui ont fuité « pourraient être utilisées pour des mandats frauduleux », a indiqué la Fédération bancaire française, citée par Notre Temps. Ces données facilitent aussi l’arnaque au faux conseiller bancaire, souvent par téléphone, l’escroc se rendant plus crédible car il connaît déjà votre identité et vos coordonnées bancaires.
Comment protéger vos comptes bancaires après le piratage du fichier Ficoba ?
On ne sait pas encore avec précision qui fait partie des 1,2 million de personnes touchées. Les victimes doivent être contactées prochainement par le fisc ou par leur banque ; il faut donc surveiller ses e-mails, sa messagerie sécurisée dans l’espace client et, surtout, ses mouvements de compte. La Fédération bancaire française conseille de consulter ses comptes au moins une fois par semaine pour vérifier l’absence d’opérations douteuses. En cas de prélèvement inhabituel, le Code monétaire et financier vous permet de faire opposition et de contester jusqu’à 13 mois après l’opération ; la banque doit alors vous rembourser, sauf négligence prouvée de votre part.
Plusieurs gestes simples limitent déjà beaucoup les risques liés au piratage du fichier Ficoba :
- Vérifier regulièrement vos comptes et activer, si possible, les alertes SMS ou notifications pour chaque opération.
- Refuser toute demande de virement ou de prélèvement provenant d’un mandataire inconnu, puis en parler tout de suite à votre conseiller.
- Demander à votre banque la mise en place d’une liste blanche de créanciers autorisés pour les prélèvements, et d’une liste noire afin de bloquer tout créancier qui aurait déjà tenté un prélèvement suspect.
- Si un prélèvement frauduleux a déjà eu lieu, faire suspendre en urgence les opérations si nécessaire, puis formaliser la contestation auprès de la banque.
Au-delà de Ficoba, d’autres bases liées à la vérification d’identité ont déjà été exposées. Une fuite autour du prestataire IDMerit a ainsi mis en lumière des données structurées portant sur environ 52 millions de comptes en France, avec noms complets, adresses, numéros d’identification nationale, numéros de téléphone, adresses e-mail, genre, et parfois des indicateurs liés à des « statuts de fuite » ou à des profils sociaux. Dans ce contexte, « À cette échelle, les risques incluent la prise de contrôle de comptes, le phishing ciblé, la fraude au crédit, les échanges frauduleux de carte SIM et des atteintes à la vie privée sur le long terme », ont prévenu les chercheurs, cités par Cybernews.
C’est là que les bons réflexes deviennent cruciaux pour protéger vos comptes bancaires : ne jamais communiquer vos codes par téléphone, SMS ou e-mail, même si l’interlocuteur semble bien informé ; raccrocher puis rappeler le numéro officiel de votre banque ; vérifier l’adresse du site avant de saisir vos identifiants. En gardant un œil attentif sur vos comptes et en maîtrisant qui peut prélever chez vous, vous évitez que ces fuites massives de données ne se transforment en véritable casse bancaire à votre détriment.
En bref
- Le 18 février 2026, la DGFiP confirme le piratage du fichier Ficoba, avec 1,2 million de comptes bancaires français dont les données d’identité et IBAN ont été consultées.
- Cette fuite expose les victimes à des mandats de prélèvement SEPA frauduleux, à des arnaques au faux conseiller bancaire et à un risque accru d’usurpation d’identité.
- Surveillance renforcée des comptes, listes blanches et noires de créanciers SEPA, bons réflexes face aux sollicitations suspectes : les actions clés à mettre en place dès maintenant.





