Retraite anticipée : ce Français de 52 ans installé en Espagne vise 1 million d’euros en Bourse grâce aux dividendes, mais un piège fiscal le menace
À 52 ans, Frank mise sur un portefeuille d’actions à dividendes pour compenser la chute de revenus à la retraite. Parti de 58 € en 2021, il vise désormais 1 million d’euros de capital et une indépendance financière plus rapide.

Pour beaucoup d’actifs, la perspective de la retraite rime avec baisse de revenus. En France, la pension ne remplace en moyenne qu’environ 60% du dernier salaire, ce qui signifie une chute d’environ 40% du niveau de vie à l’arrêt de la vie professionnelle. Dans un contexte d’inflation persistante et de réformes à répétition, l’idée de se bâtir un capital en Bourse pour préparer une retraite anticipée gagne du terrain.
C’est précisément le pari de Franck B., 52 ans, Français installé en Espagne depuis 2014. Parti de 58 euros de dividendes annuels en 2021, il a progressivement structuré un portefeuille d’actions de rendement, avec un objectif ambitieux : atteindre 1 million d’euros de capital pour gagner en liberté et ne plus dépendre uniquement de sa pension. Mais son parcours réserve déjà quelques surprises fiscales.
Retraite anticipée et Bourse : le déclic de Frank en 2020
Tout commence en septembre 2020, lors d’une discussion avec un collègue autour de l’indépendance financière. « J’en avais déjà entendu parler, sans vraiment y prêter attention, mais cette fois, ça a résonné en moi », raconte Franck B. à Capital. Il décide alors de passer en revue ses comptes, de lister précisément son patrimoine et ses charges, histoire de savoir quelle capacité d’épargne il peut consacrer à la Bourse. En parallèle, il se forme en lisant des classiques de l’investissement comme Père riche, père pauvre de Robert Kiyosaki, Et si vous en saviez assez pour battre Wall Street de Peter Lynch ou encore L’Investisseur intelligent de Benjamin Graham.
Au départ, Franck B. hésite entre l’immobilier locatif et les marchés actions. L’effet de levier du crédit l’attire, mais il ne parvient pas à trouver de projet lui offrant les 10% de rendement net qu’il s’est fixés. Il s’oriente alors vers la Bourse, qu’il découvre plus accessible qu’il ne l’imaginait grâce à un PEA ouvert par son père en 1997. En mars 2021, il achète ses premières actions, notamment Accor, Stellantis et Air Liquide, qui deviendra sa ligne la plus importante. Ce type de stratégie fait rêver de plus en plus de Français qui s’y interressent parfois tardivement.
Une stratégie dividendes pour atteindre 1 million d’euros
Avec le temps, Franck B. affine sa méthode et privilégie les entreprises capables de verser des dividendes réguliers, dans l’esprit des grands investisseurs de rendement comme Luiz Barsi ou Warren Buffett. « Je n’achète plus d’actions sans dividende, sauf exception », précise-t-il. Les chiffres suivent : ses dividendes passent de 58 euros en 2021 à 530 euros en 2022, puis 2 200 euros en 2023 et presque 4 000 euros en 2024. Pour 2025, il espère toucher environ 7 000 euros de revenus bruts issus de ses placements, qu’il réinvestit pour faire grossir plus vite son portefeuille en vue de sa retraite anticipée grâce à la Bourse.
Son objectif à terme reste clair : accumuler 1 million d’euros pour pouvoir utiliser son temps « comme bon lui semble ». Pour y parvenir, il investit chaque mois une somme fixe, par virement automatisé, et suit ses encaissements de dividendes dans des tableaux détaillés. Un écueil est toutefois apparu en chemin : devenu résident fiscal espagnol, il a découvert que les avantages fiscaux de son PEA français, exonéré d’impôt sur le revenu après cinq ans de détention en France (hors prélèvements sociaux de 17,2%), ne s’appliquent plus dans son pays de résidence. De quoi potentiellement rogner la rentabilité de sa stratégie, à l’heure où les dividendes restent soumis, en l’absence de PEA pleinement fonctionnel, au prélèvement forfaitaire unique de 30% sur un compte-titres ordinaire et où chaque point de rendement compte pour tenir son cap vers l’indépendance financière.
En bref
- À 52 ans, Français installé en Espagne, Frank se tourne vers la Bourse pour anticiper une retraite marquée par une forte baisse de revenus et un système de pensions incertain.
- En misant sur des actions à dividendes via un PEA ancien, il fait passer ses revenus annuels de 58 € en 2021 à près de 4 000 € en 2024, tout en visant 1 million d’euros de capital malgré un cadre fiscal défavorable.
- Son parcours pose une question clé au lecteur : comment s’inspirer de cette stratégie de dividendes pour bâtir son propre plan de retraite anticipée grâce à la Bourse sans ignorer les risques et la fiscalité.





