Impôts 2026 : ce qui va vraiment changer pour les plus de 65 ans et les invalides (abattements, CSG, taxe foncière… allez-vous payer plus ?)

Par Paul Graph - Publié le

À l’approche des impôts 2026, les plus de 65 ans et les personnes invalides voient barème, abattements et taxe foncière légèrement rebattus. Qui sera réellement protégé et qui risque de payer plus malgré des seuils relevés de 0,9 % ?

Impôts 2026 : ce qui va vraiment changer pour les plus de 65 ans et les invalides (abattements, CSG, taxe foncière… allez-vous payer plus ?)

Pour un retraité ou une personne invalide, chaque euro compte, surtout quand arrive la saison des déclarations. Avec les impôts 2026, beaucoup de Français de plus de 65 ans redoutent une hausse de la note fiscale, sur fond d’inflation et de revalorisation des pensions. Une seule question revient : votre impôt va-t-il augmenter, diminuer ou rester stable l’an prochain ?

L’architecture de la fiscalité pour les retraités reste stable, mais plusieurs paramètres évoluent. Seuils d’imposition relevés de 0,9 %, abattements spécifiques, règles pour les foyers modestes : tout cela joue sur le pouvoir d’achat des plus de 65 ans et des personnes invalides. Pour savoir si vous faites partie des gagnants ou des perdants, il faut regarder de près quelques montants très concrets.

Impôts 2026 : abattements et barème pour les plus de 65 ans

La bonne nouvelle pour les retraités tient au maintien de l’abattement de 10 % sur les pensions. En 2026, il s’applique toujours aux pensions de retraite et pensions alimentaires perçues, avec un minimum de 454 € par pensionné et un plafond de 4 438 € par foyer fiscal. Ce mécanisme réduit la base imposable et limite le passage dans les tranches supérieures. Les capitaux versés en une fois depuis un Plan d’Épargne Retraite restent en revanche exclus. Un temps envisagé, le remplacement par un forfait de 2 000 € par personne, défavorable aux pensions moyennes, a été abandonné.

À côté de cette déduction, les contribuables de plus de 65 ans et les invalides peuvent profiter d’un abattement spécial lié à leur revenu net global. En 2026, les plafonds sont indexés de 0,9 % et le barème prévoit une tranche à 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % entre 11 601 € et 29 579 €, puis 30 % à partir de 29 580 €. Un retraité célibataire n’est en général pas imposé tant que sa pension brute avoisine 12 900 €, soit environ 11 600 € de revenu net imposable.

  • revenu inférieur à 17 670 € : abattement de 2 822 € ;
  • revenu entre 17 670 € et 28 430 € : abattement de 1 411 € ;
  • au-delà de 28 430 € : pas d’abattement spécial.

Invalides, couples et fiscalité locale : ce qui change encore en 2026

Les personnes invalides bénéficient du même abattement spécial que les plus de 65 ans, même avant cet âge. Pour les pensions militaires, un taux d’incapacité d’au moins 40 % ouvre droit à l’avantage, et une carte de mobilité inclusion avec mention invalidité atteste d’une incapacité d’au moins 80 %. Dans la déclaration, il suffit de cocher les cases prévues, comme P ou F, l’administration traitant ensuite ces informations automatiquement. Un seul abattement spécial est possible par contribuable, lié soit à l’âge soit à l’invalidité, mais il se cumule avec l’abattement de 10 % sur les pensions.

Pour les couples mariés ou pacsés, l’imposition commune permet d’appliquer l’abattement spécial après 65 ans à chacun des conjoints qui remplit les critères d’âge ou d’invalidité, ce qui le double pour le foyer ; si un seul conjoint y a droit, l’avantage est limité à cette personne. Côté fiscalité locale et sociale, plusieurs dispositifs parmis les plus suivis dépendent du revenu fiscal de référence : la CSG sur les pensions de retraite est exonérée quand le RFR 2024 est inférieur à 13 048 € par part, puis des taux de 3,8 % ou 6,6 % peuvent s’appliquer au-dessus. Sur la taxe foncière de la résidence principale, les propriétaires de 65 à 75 ans bénéficient d’un abattement de 100 € sous conditions, et après 75 ans une exonération totale est possible si le RFR ne dépasse pas 12 679 € par part. Un revenu imposable plus bas peut augmenter les droits aux APL ou à la Complémentaire santé solidaire, et le crédit d’impôt pour un salarié à domicile donne lieu à une avance de 60 % en janvier 2026.

En bref

  • En 2026, les retraités de plus de 65 ans et les personnes invalides voient leurs impôts ajustés par la revalorisation de 0,9 % des seuils et abattements.
  • L’abattement de 10 % sur les pensions est maintenu, complété par un abattement spécial sous conditions de revenu et des règles spécifiques pour les couples et les invalides.
  • Entre CSG, taxe foncière, crédits d’impôt et aides sociales liées au revenu fiscal de référence, chacun doit vérifier s’il exploite vraiment tous ses droits.