Retraite à l’étranger : ce que vous devez absolument vérifier sur vos démarches, fiscalité et santé avant de quitter la France
Partir vivre sa retraite à l’étranger fait rêver, mais un oubli de démarche peut bloquer vos pensions ou vos remboursements de soins. Quelles étapes passer en revue pour sécuriser vos droits avant de quitter la France ?

Changer d’air pour ses vieux jours, beaucoup en rêvent. Climat plus doux, coût de la vie allégé, nouvelle culture à apprivoiser : près de 1,8 million de retraités français ont déjà fait le choix de vivre hors de l’Hexagone. Derrière cette envie de liberté se cache pourtant un volet très concret à anticiper : continuer à toucher ses pensions, rester soigné correctement et éviter les mauvaises surprises fiscales.
Avant de faire vos cartons, il faut donc passer en revue tout ce qui touche à vos démarches administratives, à votre couverture santé et à votre imposition. Une préparation qui change tout entre une retraite sereine au soleil et un départ où l’on découvre trop tard qu’une allocation est perdue ou qu’un impôt est prélevé deux fois. Mieux vaut le savoir avant de partir.
Retraite à l’étranger : quelles démarches pour continuer à toucher vos pensions ?
Bonne nouvelle, où que vous choisissiez de vivre, vos retraites françaises – de base, complémentaires et de réversion – restent versées. Le montant brut de votre pension ne change pas. En revanche, le net peut évoluer : si vous devenez non-résident fiscal, certaines contributions comme la CSG, la CRDS et la Casa (environ 9 % de la pension brute) ne sont plus prélevées, tandis qu’une cotisation d’assurance maladie apparaît (3,2 % sur la retraite de base et 4,2 % sur la complémentaire Agirc-Arrco), sans ouvrir de nouveaux droits à l’assurance-maladie. Vos retraites peuvent être versées sur un compte bancaire français ou étranger, à vous de choisir ce qui est le plus pratique.
Attention en revanche aux minima sociaux. Pour conserver l’allocation de solidarité aux personnes âgées Aspa, il faut résider au moins neuf mois par an en France, et au moins six mois pour l’allocation supplémentaire d’invalidité ASI. Avant le départ, vous devez informer chacune de vos caisses de retraite de votre changement d’adressse, via votre espace personnel ou par courrier. Une fois installé à l’étranger, vous recevez chaque année un « certificat de vie » à faire compléter par une autorité locale (mairie, établissement public, notaire…) puis à renvoyer, en ligne ou par courrier, au Centre de traitement retraite à l’étranger à Tours, faute de quoi le versement de vos pensions peut être suspendu.
Retraite à l’étranger : comment organiser votre couverture santé et vos soins ?
Avant même de réserver votre billet, informez votre caisse d’assurance-maladie de votre nouvelle adresse. La façon dont vos soins seront remboursés dépend d’abord de votre pays de résidence. Si vous partez dans l’Union européenne, en Islande, en Norvège, au Liechtenstein ou en Suisse, vous devez demander à votre caisse de retraite le formulaire E 121/S1 avant le départ. Ce document vous permet de vous inscrire auprès de l’organisme de sécurité sociale local ; vos soins sont alors pris en charge selon la législation du pays d’accueil, tandis que votre carte Vitale reste utilisable lors de vos séjours temporaires en France.
Hors Europe, vos soins dans le pays de résidence ne sont plus pris en charge par l’Assurance maladie française. Environ une quarantaine d’États ont signé une convention avec la France : dans ce cas, les retraités peuvent être remboursés selon les modalités locales, à vérifier sur le site du Centre des liaisons européennes et internationales de Sécurité sociale (Cleiss). Sans convention, mieux vaut adhérer à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou souscrire un contrat auprès d’une assurance privée internationale. Lors de séjours temporaires en France, si vous percevez une retraite du régime général, vous pouvez écrire au Centre national des retraités de France à l’étranger (CNAREFE) pour faire prendre en charge vos soins ; si vous vivez dans un pays sans convention, un remboursement reste possible en France si vous avez cotisé au moins quinze ans aux régimes français.
Retraite à l’étranger et fiscalité : comment éviter les mauvaises surprises ?
Du point de vue des impôts, vous devenez non-résident fiscal si vous vivez en France moins de 183 jours par an. Il est indispensable de signaler avant votre départ votre changement de résidence à votre centre des impôts. Vous échappez à une double imposition lorsque le pays choisi est lié à la France par une convention fiscale, dont la liste est disponible sur impots.gouv.fr. Les règles varient selon les pays et la nature de la retraite : par exemple, la convention entre la France et l’Algérie prévoit que la pension française d’un fonctionnaire n’est imposable qu’en France (sauf s’il a uniquement la nationalité algérienne), tandis que celle d’un salarié du privé est imposée en Algérie.
Pour savoir si votre retraite reste imposable en France, la notice 2041-E disponible sur impots.gouv.fr fait référence : si vous êtes redevable de l’impôt en France, la caisse de retraite le prélève à la source. Si votre pension n’est pas imposable en France, elle le sera dans votre pays de résidence, selon ses propres règles fiscales. Certains États proposent des régimes attractifs pour les retraités étrangers : un taux forfaitaire de 7 % sur les retraites en Grèce pendant quinze ans, des abattements pouvant aller jusqu’à 80 % au Maroc ou en Tunisie, ou encore un taux de 10 % pendant dix ans au Portugal. Avant de partir, une « check-list de vigilance » s’impose : vérifier l’existence d’une convention fiscale, simuler le montant net de vos pensions, anticiper vos visas de séjour, et organiser à l’avance votre « certificat de vie » comme vos garanties de santé pour que votre projet de retraite à l’étranger reste aussi confortable sur le plan administratif que dans votre quotidien.
En bref
- Près de 1,8 million de retraités français vivent déjà à l’étranger, où ils doivent adapter leurs démarches pour les pensions, la santé et les impôts.
- Les retraites restent versées hors de France, mais certificat de vie, couverture maladie selon le pays et règles de résidence fiscale conditionnent vos droits et prélèvements.
- Entre conventions fiscales, CFE, CNAREFE et visas, une check-list rigoureuse s’impose pour partir sereinement sans perdre d’allocations ni subir de double imposition.






