Aide à domicile : fin de l'exonération pour les particuliers retraités de 70 à 79 ans dès l’été 2026, ce que cette hausse brutale va coûter à votre budget
À partir de l’été 2026, la fin de l’exonération de cotisations patronales pour les particuliers employeurs de 70 à 79 ans va alourdir la facture d’aide à domicile. Êtes‑vous parmi ceux dont la note grimpera de près de 15 % ?

Employer une aide à domicile va devenir sensiblement plus cher pour de nombreux retraités. En relevant de dix ans l’âge ouvrant droit à l’exonération de cotisations patronales, le gouvernement modifie en profondeur le coût de chaque heure de ménage, de courses ou d’accompagnement pour les particuliers qui emploient directement un salarié chez eux.
Jusqu’ici, le cap décisif se situait à 70 ans. Un décret publié au Journal officiel relève désormais ce seuil à 80 ans, avec une mise en application progressive en 2026. Pour les particuliers employeurs de 70 à 79 ans, cette réforme change concrètement la donne.
Aide à domicile : ce qui change pour les particuliers employeurs de 70 à 79 ans
Jusqu’au 31 décembre 2025, toute personne d’au moins 70 ans qui employait une aide à domicile (ménage, repassage, préparation des repas, sorties, etc.) bénéficiait automatiquement d’une exonération de la majorité des cotisations patronales de sécurité sociale. L’objectif était simple : alléger la facture pour encourager le maintien à domicile. Avec le nouveau décret, cette exonération liée à l’âge n’est accordée qu’à partir de 80 ans. Pour les couples, la condition est remplie dès lors qu’au moins l’un des deux conjoints a atteint 80 ans.
La question du calendrier a beaucoup inquiété les familles. Le texte prévoyait au départ une application rétroactive au 1er janvier 2026. En pratique, l’exonération « 70 ans » est maintenue jusqu’au 30 juin 2026 pour les 70 à 79 ans, et la nouvelle règle (seuil à 80 ans) ne s’applique qu’aux périodes d’emploi à compter de juillet 2026, sans rattrapage sur les mois précédents. Les estimations du secteur évoquent près de 350 000 particuliers concernés et un renchérissement moyen du coût d’une heure d’aide à domicile d’environ 15 %.
Fin de l’exonération : impact sur votre budget et cas où vous restez protégé
La disparition de l’exonération se traduit mécaniquement par une hausse des cotisations patronales, donc du reste à charge. Les différentes simulations publiées montrent une augmentation de l’ordre de 15 à 20 %. Pour un retraité qui emploie une aide 20 heures par mois, cela représente typiquement entre 20 et 40 euros supplémentaires chaque mois, soit 240 à 480 euros par an avant crédit d’impôt. Pour un volume plus important, comme une quarantaine d’heures mensuelles rémunérées autour de 14 euros brut de l’heure, le surcoût peut dépasser 120 euros par mois, même si le crédit d’impôt de 50 % vient en réduire l’impact réel sur le budget.
Cette montée en charge ne touche toutefois pas tout le monde. Lorsque le besoin d’aide est lié à une perte d’autonomie ou à un handicap, la réforme ne remet pas en cause les exonérations existantes, quel que soit l’âge. Vous continuez par exemple à bénéficier de l’exonération si vous :
- percevez l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ;
- touchez la Prestation de compensation du handicap (PCH) ou une allocation équivalente ;
- êtes titulaire d’une carte d’invalidité ou d’une carte mobilité inclusion « invalidité » à 80 % ;
- êtes reconnu en incapacité totale de travailler ou dans l’obligation de recourir à une tierce personne pour les actes de la vie courante ;
- êtes parent d’un enfant ouvrant droit au complément de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH).
En clair, si vous avez entre 70 et 79 ans, autonome et sans aide spécifique type APA ou PCH, votre facture augmentera à partir de l’été 2026, une fois la nouvelle règle appliquée à votre emploi d’aide à domicile. Si vous êtes déjà accompagné pour des raisons de santé ou de handicap, vos exonérations sont maintenues. Dans ce contexte, les spécialistes recommandent notament de vérifier rapidement vos droits potentiels à l’APA ou à la PCH auprès de votre département, et de surveiller vos relevés Urssaf, Cesu ou Pajemploi pour anticiper l’évolution précise de votre reste à charge.
En bref
- Un décret relève en 2026 de 70 à 80 ans l’âge ouvrant droit à l’exonération de cotisations patronales pour l’emploi d’une aide à domicile, avec une bascule effective à partir de juillet.
- Environ 350 000 particuliers employeurs autonomes de 70 à 79 ans verront le coût de leur aide à domicile augmenter en moyenne de 15 à 20 %, sauf s’ils bénéficient déjà d’aides type APA ou PCH.
- Reste à vérifier si votre situation particulière vous maintient dans le champ des exonérations ou si vous devez anticiper une hausse sensible de votre reste à charge dès l’été 2026.









