Bulle IA : le scénario de krach d'Arthur Hayes qui déclencherait un plan de sauvetage pire qu'en 2008 et pourrait faire flamber le cours du Bitcoin

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Bulle IA : le scénario de krach d’Arthur Hayes qui déclencherait un plan de sauvetage pire qu’en 2008 et pourrait faire flamber le cours du Bitcoin

Pour Arthur Hayes, la bulle de l’intelligence artificielle menace les marchés comme en 2008. Son éclatement pourrait, via de nouveaux plans de sauvetage monétaires, rebattre les cartes pour le Bitcoin.

Alors que les valeurs liées à l’intelligence artificielle attirent des capitaux colossaux, certains observateurs commencent à s’inquiéter d’une bulle. Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX et aujourd’hui directeur des investissements du fonds Maelstrom, va plus loin : il voit dans un éventuel éclatement de cette bulle une possible opportunitée pour le Bitcoin. Selon lui, la manière dont gouvernements et banques centrales réagiraient à une crise de l’IA pourrait, à terme, bouleverser la trajectoire de la première cryptomonnaie.

Pour étayer ce scénario, Arthur Hayes compare la spéculation actuelle autour de l’intelligence artificielle, qu’il voit comme une bulle IA, à celle des subprimes avant 2008, tout en la jugeant plus massive encore. Il situe un possible retournement de marché vers la fin 2027 ou le début 2028 et insiste sur le fait qu’une grande partie des investissements dans les centres de données IA est déjà engagée, alors que la rentabilité reste incertaine. Au cœur de ce raisonnement, une idée simple : si la bulle éclate, l’argent créé pour sauver le système pourrait bien chercher refuge ailleurs.

Une bulle IA façon subprimes et le pari Bitcoin d’Arthur Hayes

Dans son entretien avec le média Coinage, Arthur Hayes dresse d’abord un constat très concret sur le secteur : selon lui, la construction des centres de données dédiés à l’IA serait déjà réalisée aux deux tiers, alors que l’économie de ces infrastructures dépend de quelques très gros clients. Il cite en particulier SpaceX, OpenAI et Anthropic, qui auraient promis d’acheter des centaines, voire des milliers de milliards de dollars de puissance de calcul, soit aussi plusieurs milliers de milliards d’euros, sans disposer à ce stade des revenus correspondants. « Sans ces trois entreprises pour acheter cette puissance de calcul, il n’y a pas d’économie des centres de données », résume Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX et directeur des investissements de Maelstrom, dans cet entretien accordé à Coinage. Il prend notamment l’exemple d’Anthropic, qui dépenserait selon ses estimations environ 3 dollars pour générer 1 dollar de revenus, soit près de 2,80 euros de coûts pour 0,95 euro de chiffre d’affaires.

À partir de là, Arthur Hayes décrit un enchaînement possible : si ces entreprises ne parviennent plus à financer leurs engagements, leurs difficultés se répercuteraient sur les banques et les investisseurs qui ont soutenu la construction des centres de données. Face à une crise de crédit rappelant 2008, les autorités publiques seraient, selon lui, poussées à intervenir par des plans de sauvetage massifs financés par la création monétaire. « La création monétaire se poursuit. Elle va s’accélérer. Je pense que l’IA est une bulle plus importante que celle des subprimes en 2008 et qu’elle entraînera un sauvetage massif », affirme-t-il. Sur le réseau social X, il résume même sa position en ces termes : « Je ne sais pas, mais je ne parierais pas dans un sens ou dans l’autre. Je préfère simplement trader le futur plan de sauvetage à plusieurs milliers de milliards de dollars, soit plusieurs milliers de milliards d’euros. Long BTC et ETH… », un message qui reprend la même logique spéculative.

Création monétaire, dette et ETF : ce que la bulle IA changerait pour le Bitcoin

Dans ce schéma, l’argent créé pour soutenir les entreprises de l’IA et, plus largement, le système financier viendrait gonfler la masse monétaire et, potentiellement, l’inflation. Une partie des investisseurs chercherait alors à se protéger contre la dépréciation des monnaies en se tournant vers des actifs perçus comme des réserves de valeur, tels que l’or ou le Bitcoin. Ceteris Paribus, directeur de la recherche chez Delphi Research, formule une lecture proche de celle de l’ancien patron de BitMEX : « Les flux financiers sur internet sont très positifs. La dépréciation due à la situation actuelle de la dette et le sauvetage par un système pyramidal de type Ponzi de l’IA génèrent des flux de BTC importants », a-t-il observé dans un commentaire cité par AMBCRYPTO. En toile de fond, la dette publique américaine atteint déjà 40 300 milliards de dollars, soit environ 38 000 milliards d’euros, tandis que Fidelity mesure en 2026 une corrélation de 0,6 entre le Bitcoin et les rendements des obligations d’État américaines à dix ans.

Indicateur Valeur Enjeu Source / période
Horizon éclatement bulle IA Fin 2027 – début 2028 Fenêtre temporelle du choc Arthur Hayes, 2026
Centres de données IA construits Environ deux tiers Capex déjà largement engagé Entretien Coinage, 2026
Ratio coûts/recettes Anthropic 3 $ dépensés pour 1 $ Rentabilité jugée fragile Estimations Arthur Hayes
Dette publique américaine 40 300 Md $ (~38 000 Md €) Pression budgétaire fédérale Données dette US, 2026
Corrélation BTC / taux US 10 ans 0,6 en 2026 Lien marché taux – Bitcoin Analyse Fidelity
Flux hebdo ETF Bitcoin spot US 228 M $ de sorties (~215 M €) Demande institutionnelle en recul Données ETF US, octobre 2026

Ces indicateurs donnent du relief au scénario d’Arthur Hayes, mais les marchés envoient aussi des signaux plus nuancés. Aux États-Unis, les ETF Bitcoin au comptant ont enregistré 228 millions de dollars, environ 215 millions d’euros, de sorties sur une seule semaine d’octobre, leur deuxième mouvement négatif consécutif, signe que la demande institutionnelle reste prudente. Glassnode souligne certes un ralentissement des prises de bénéfices et évoque la formation possible d’un plancher autour de 80 000 dollars, soit près de 75 000 euros, mais rien ne garantit que ce niveau tiendra si un choc touche les valeurs technologiques. Ceteris Paribus rappelle en outre que les progrès de l’informatique quantique, chez Google par exemple, alimentent une menace quantique susceptible de fragiliser certaines protections cryptographiques, ce qui pourrait peser sur la confiance envers le Bitcoin autant que sur d’autres actifs numériques. Pour les investisseurs, ce scénario d’une bulle IA éclatant au profit du BTC reste donc une hypothèse conditionnée à des choix politiques, à l’évolution de la dette et aux flux de marché, et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.

En bref

  • À l’automne 2026, Arthur Hayes, ex-cofondateur de BitMEX et CIO de Maelstrom, compare la spéculation autour de l’IA à une bulle plus dangereuse que les subprimes, avec un choc attendu vers 2027-2028.
  • Il anticipe qu’un éclatement de cette bulle entraînerait une crise du crédit, des plans de sauvetage financés par la création monétaire et, à terme, un report d’une partie des capitaux vers le Bitcoin.
  • Mais entre dette publique, flux hésitants sur les ETF, risques technologiques et choix politiques imprévisibles, ce scénario reste fragile et ouvre de nombreuses questions pour les investisseurs.
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