Crypto-rapt à Toronto : 3 militaires, 82 chefs d'accusation et un arsenal de guerre pour vider le wallet d'un seul homme

Un patron d’exchange crypto est enlevé en plein nord de Toronto, un soir de juillet 2026, par un commando lourdement armé. Trois réservistes et des munitions volées à l’armée apparaissent bientôt au cœur d’une enquête explosive.
Le patron d’un exchange de cryptomonnaies qui s’apprête à monter dans sa voiture, des hommes armés qui surgissent, un trajet forcé vers un lieu inconnu. Le 25 juillet 2026, au croisement de Finch Avenue East et Bayview Avenue, dans le nord de Toronto, un enlèvement ciblé a visé un dirigeant de plateforme crypto dont le nom reste sous interdiction de publication. Menotté, frappé, il aurait vu ses ravisseurs tenter d’accéder à ses actifs numériques et aux systèmes de sécurité de son entreprise.
Mercredi 14 octobre 2026, le Toronto Police Service (TPS) a dévoilé l’ampleur du dossier : sept hommes sont désormais poursuivis, pour un total de 82 chefs d’accusation, et trois d’entre eux sont des réservistes des Forces armées canadiennes. Les perquisitions ont permis de saisir un véritable arsenal, dont plus de 2 700 cartouches, environ 2 500 provenant selon la police des stocks militaires. De quoi transformer un simple fait divers en affaire très sensible.
Enlèvement crypto à Toronto : un rapt minutieusement préparé
Selon la chronologie communiquée par la police, la victime s’approchait de son véhicule lorsque plusieurs hommes armés l’ont forcée à monter à bord. L’homme a été menotté et frappé pendant sa captivité, tandis que les suspects tentaient d’accéder à ses cryptomonnaies et aux systèmes de sécurité liés à son exchange, dont le nom n’a pas été révélé par le TPS. Relâché avec des blessures qualifiées de légères, il s’est vu ordonner de ne pas prévenir les autorités. Il a tout de même appelé la police, déclenchant une enquête immédiate.
L’unité intégrée des enlèvements du Toronto Police Service a identifié le véhicule des ravisseurs en moins de vingt-quatre heures. Deux premiers suspects, Saiefeddine Adem, 22 ans, et Raheem Bishop-Jackson, 24 ans, ont été arrêtés dans la foulée. Trois autres interpellations ont suivi le 11 août, puis deux nouvelles le 24 septembre, portant à 7 hommes le nombre total d’accusés. D’après le bilan policier, six d’entre eux sont poursuivis pour enlèvement avec demande de rançon, tandis que la valeur éventuelle de cryptomonnaies obtenues n’a pas été rendue publique.
| Date | Événement | Action de la police | Résultat |
|---|---|---|---|
| 25 juillet 2026 | Enlèvement du patron d’exchange | Saisie de l’unité intégrée des enlèvements | Victime relâchée, enquête ouverte |
| Moins de 24 h plus tard | Véhicule des ravisseurs repéré | Arrestation d’Adem et Bishop-Jackson | 2 suspects en garde à vue |
| 11 août 2026 | Nouvelle série d’opérations | Trois suspects supplémentaires interpellés | 5 accusés au total |
| 24 septembre 2026 | Perquisitions et filatures | Deux arrestations de plus | 7 hommes mis en cause |
| 14 octobre 2026 | Conférence du TPS | Présentation du bilan de l’enquête | Annonce des 82 chefs d’accusation |
Arsenal saisi, munitions volées à l’armée et 3 réservistes au cœur du dossier
Les perquisitions menées dans la région de Toronto ont mis au jour quatre armes à feu, dont deux pistolets fabriqués à partir de pièces imprimées en 3D et un fusil à pompe, ainsi que deux silencieux et dix chargeurs de grande capacité. Les enquêteurs ont aussi saisi une arbalète, des traceurs GPS, des radios, une compteuse de billets et une importante quantité de méthamphétamine et de cocaïne. Au total, plus de 2 700 munitions ont été retrouvées, dont environ 2 500 cartouches et cinq chargeurs attribués par la police aux stocks des Forces armées canadiennes, pour partie des munitions à blanc, alors même qu’aucun vol n’avait été déclaré par l’armée avant ces découvertes.
| Catégorie | Éléments saisis | Quantité | Point d’attention |
|---|---|---|---|
| Munitions | Cartouches diverses | Plus de 2 700 | Environ 2 500 issues de la CAF |
| Munitions | Chargeurs surcapacité | 10 au moins | 5 liés aux stocks militaires |
| Armes à feu | Pistolets imprimés en 3D | 2 | Pièces fabriquées par impression 3D |
| Armes à feu | Fusil à pompe | 1 | Saisi avec des accessoires |
| Matériel | Silencieux, arbalète, traceurs, radios | Non précisé | Outils de surveillance et de fuite |
| Stupéfiants | Méthamphétamine, cocaïne | Quantité importante | Découverts lors des mêmes perquisitions |
Trois des accusés sont présentés comme des réservistes du 7th Toronto Regiment, une unité d’artillerie de réserve basée à l’armurerie de Moss Park : Talarambage Sachintha Fernando, 22 ans, James Moreau, 29 ans, et Jack Miley, 24 ans. Fernando cumulerait à lui seul 20 chefs d’accusation, presque tous liés aux armes, tandis que Miley est accusé d’avoir braqué un pistolet sur la victime pendant l’enlèvement. Le ministère de la Défense nationale a indiqué le 5 octobre que deux de ces réservistes avaient été arrêtés et suspendus de leurs fonctions, tout en restant membres des Forces armées dans l’attente d’un examen administratif. « Ce sont des individus hautement entraînés avec un accès à des armes à feu », a résumé le surintendant-chef Joe Matthews, cité par le National Post.
Le chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, a insisté sur le fait que « Personne n’est au-dessus de la loi. » Pour Joe Matthews, cette affaire illustre une criminalité grave qui se tourne vers les détenteurs de cryptomonnaies comme vers des coffres-forts ambulants, avec des moyens parfois issus directement d’arsenaux militaires. Le Canada avait déjà connu une famille torturée pour 1,6 million de dollars (environ 1,5 million d’euros) en cryptos, tandis que des géants comme Coinbase ont dépensé 8,7 millions de dollars en 2025, soit près de 8 millions d’euros, pour la sécurité de Brian Armstrong, et que Gemini facturerait environ 400 000 dollars par mois, autour de 370 000 euros, pour protéger les jumeaux Winklevoss. Dans le dossier de cet enlèvement crypto à Toronto, la police analyse encore les téléphones saisis et n’a pas précisé si des cryptomonnaies ont été dérobées, une enquète toujours en cours où chaque nouvel élément est scruté de près.
En bref
- Le 25 juillet 2026, au croisement de Finch Avenue East et Bayview Avenue à Toronto, le dirigeant anonyme d’un exchange crypto est enlevé par plusieurs hommes armés.
- L’enquête du Toronto Police Service mène en quelques semaines à l’arrestation de 7 hommes visés par 82 chefs d’accusation et à la saisie d’un vaste arsenal d’armes, de drogues et de munitions.
- La présence de 3 réservistes des Forces armées canadiennes et d’environ 2 500 cartouches issues de stocks militaires soulève désormais de lourdes questions de sécurité publique.






