Crypto : "Vide ton wallet ou on tue ton bébé", le home-jacking qui vire au cauchemar absolu pour cet investisseur

À Solihull, près de Birmingham, un investisseur en cryptomonnaies et sa femme enceinte sont pris en otage chez eux par un gang guidé en direct sur FaceTime. En 45 minutes, le home-jacking crypto vire à l’extorsion sous menace de mort sur leur bébé à naître.
Un soir de décembre 2025, dans un quartier résidentiel de Solihull, près de Birmingham, la porte d’une maison s’ouvre brutalement. Trois hommes cagoulés s’engouffrent dans le salon, frappent le propriétaire au marteau et plaquent un oreiller sur le visage de sa femme, enceinte de sept mois. Pendant près de 45 minutes, le couple subit un déchaînement de violences dans ce qui ressemble à un cambriolage classique, mais qui va se révéler bien plus ciblé.
Ce que les agresseurs recherchent ne se trouve ni dans un coffre ni dans un tiroir, mais dans le téléphone du mari, un investisseur en cryptomonnaies qui a quitté son emploi pour trader à plein temps. Guidés par un complice en appel vidéo sur FaceTime, ils vont transformer cette intrusion en home-jacking crypto d’une rare brutalité, en extorquant plusieurs centaines de milliers de livres en actifs numériques, soit l’équivalent de plusieurs centaines de milliers d’euros. Une scène qui va marquer un tournant dans les wrench attacks visant les détenteurs de crypto.
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Home-jacking crypto à Solihull : 45 minutes de violences et un wallet vidé
| Élément | Description | Chiffres clés | Contexte |
|---|---|---|---|
| Date et lieu | 13 décembre 2025, en début de soirée | ~17h20 GMT | Smith’s Wood, Solihull (près de Birmingham) |
| Victimes | Couple anonyme, « James » et son épouse | Femme enceinte de 7 mois | Attendaient leur troisième enfant |
| Agresseurs | 3 hommes masqués + 1 complice en vidéo | Marteau, oreiller, menaces au couteau | Complice en appel FaceTime |
| Butin | Cryptomonnaies sur wallet mobile | Plusieurs centaines de milliers de livres | Montres Rolex également emportées |
| Enquête | Police des West Midlands, Crimestoppers | Récompense 10 000 £ (~11 500 €) | Signalement d’une BMW X3 noire |
Le mari, que les médias appellent James, se souvient d’abord de la porte qui cède d’un coup. « Je vois des gants entrer, des cagoules », raconte-t-il au journaliste Joe Tidy de la BBC. Il tente de repousser les intrus, mais reçoit aussitôt des coups de marteau au visage et aux côtes. Sur le canapé, l’un des hommes maintient son épouse, une trentenaire qui attend leur troisième enfant. « Il lui met un oreiller sur le visage. Il est littéralement en train de l’étouffer », se remémore James, qui l’entend crier qu’elle ne peut plus respirer.
À ce stade, le couple ignore encore ce que cherchent les agresseurs. La réponse arrive quand l’un d’eux ordonne à James de déverrouiller son téléphone et de le lui remettre. Incapables de s’y retrouver dans les applications, les trois hommes s’appuient sur un quatrième complice, en appel vidéo sur FaceTime. « Montre-moi tout ce qu’il y a sur son téléphone, montre-moi ses applis », entend James. Quand l’homme au bout du fil repère un portefeuille numérique bien rempli, la menace atteint un niveau glaçant : « Si tu n’envoies pas cet argent maintenant, on va poignarder ta femme dans le ventre et tuer ton bébé ». James s’exécute, transfert après transfert, jusqu’à ce que plusieurs centaines de milliers de livres en cryptomonnaies partent vers le wallet du complice. Les braqueurs repartent aussi avec plusieurs montres Rolex, puis le donneur d’ordres annonce 10 000 livres chacun (environ 11 500 euros) pour les exécutants, le reste pour lui. James sort de cette nuit avec de graves blessures à la tête, aux mains et aux côtes, et sans le capital crypto pour lequel il avait quitté son emploi pour trader à plein temps, même si le bébé est finalement né à terme.
Wrench attacks, enquête Crimestoppers et montée des home-jackings crypto
Les enquêteurs classent cette affaire dans la catégorie des wrench attacks, ces agressions où l’on force physiquement le propriétaire d’un wallet à signer lui‑même le transfert de ses fonds. Pas besoin de pirater un système quand une clé privée peut être remplacée par la peur, et qu’une transaction en cryptomonnaies reste, dans la plupart des cas, quasi irréversible. D’après Chainalysis, environ 30 millions de dollars (22,6 millions de livres, soit près de 28 millions d’euros) ont été dérobés lors de vols violents entre janvier et juin 2026. L’année 2026 s’annonce comme la pire jamais enregistrée pour ce type de crime, avec une hausse des cambriolages à domicile ciblant les détenteurs de crypto, et la France concentre de loin le plus grand nombre d’attaques, en partie à cause d’une fuite de données dans un service fiscal qui aurait permis de localiser des détenteurs fortunés.
Dix mois après l’attaque de Solihull, les auteurs n’ont toujours pas été identifiés. L’enquête de la police des West Midlands se poursuit et l’organisation Crimestoppers offre une récompense pouvant aller jusqu’à 10 000 livres, soit environ 11 500 euros, pour toute information permettant de remonter jusqu’à eux. Les grandes plateformes crypto dépensent des milions pour sécuriser leurs dirigeants, alors que des particuliers comme James n’ont ni garde du corps ni pièce forte. Pour ces investisseurs, cette affaire rappelle surtout qu’un patrimoine numérique très visible, rattaché à une identité et à une adresse, peut attirer des braqueurs prêts à tout, y compris à menacer un bébé à naître pour forcer le transfert de quelques lignes de code.
En bref
- En décembre 2025, à Smith’s Wood, quartier de Solihull près de Birmingham, un couple dont la femme enceinte de sept mois est pris pour cible par trois cambrioleurs cherchant un wallet crypto.
- Guidés par un complice en appel vidéo FaceTime, les agresseurs frappent le mari au marteau, menacent de tuer le bébé et le forcent à transférer plusieurs centaines de milliers de livres en cryptomonnaies avant de fuir avec des Rolex.
- Classée parmi les wrench attacks, cette affaire relance l’alerte sur la montée des home-jackings crypto, l’enquête de la West Midlands Police et Crimestoppers restant ouverte avec une récompense de 10 000 £.








