Wrench attacks : le phénomène des séquestrations à domicile pour voler vos cryptos qui explose en France

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Wrench attacks : le phénomène des séquestrations à domicile pour voler vos cryptos qui explose en France

Au printemps 2026, une famille de Ploudalmézeau, dans le Finistère, a été séquestrée à son domicile par des agresseurs visant un portefeuille de cryptomonnaies. Cinq mois plus tard, quatre suspects sont mis en examen sur fond d’explosion inquiétante des “wrench attacks” en France.

Menaces à domicile, famille ligotée, portefeuille numérique en ligne de mire : au printemps 2026, un pavillon de Ploudalmézeau, dans le Finistère, s’est retrouvé au coeur des agressions crypto qui se multiplient en France. Deux hommes cagoulés et armés ont séquestré pendant plusieurs heures cinq membres d’une même famille pour tenter de mettre la main sur un important portefeuille de cryptomonnaies.

Un peu moins de cinq mois plus tard, l’enquête menée par la Section de recherches de Rennes a conduit à la mise en examen de quatre hommes soupçonnés d’être impliqués dans cette séquestration liée aux cryptomonnaies. Cette affaire illustre une vague de “crypto-rapts” qui place désormais la France au centre d’un phénomène criminel mondial en pleine montée.

Séquestration à Ploudalmézeau : ce que révèlent les mises en examen

Le lundi 20 avril 2026, dans ce bourg situé au nord de Brest, une mère, ses deux enfants en bas âge et les grands-parents présents sur place ont été surpris à leur domicile par deux hommes armés et cagoulés. Les victimes ont été ligotées et retenues plusieurs heures, les agresseurs cherchant à accéder à un portefeuille numérique estimé à environ 700 000 euros en cryptomonnaies. « Les agresseurs sont parvenus à soustraire un portefeuille numérique, le préjudice réel subi par son détenteur reste en cours d’évaluation », a précisé le procureur de la République de Brest, cité par Coin Academy. Sur X, le média résumait aussi la scène en ces termes : « 🚨 Kidnappings crypto : deux hommes cagoulés et armés ont séquestré une famille de trois adultes et deux enfants à leur domicile, au nord de Brest, avant d’extorquer 700 000 € en cryptomonnaies sous la menace d’une arme ».

Le père de famille, absent lors de l’attaque, est décrit comme un professionnel de l’écosystème numérique : les fonds dérobés étaient liés à sa profession, le Parquet de Rennes le présentant comme « actif dans le domaine des cryptomonnaies », rapporte Cryptoast. Face à la gravité des faits, le parquet de Brest s’est dessaisi au profit de la Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes, et une information judiciaire a été ouverte à la mi-juin. Selon un communiqué du procureur de la République de Rennes Frédéric Teillet, une opération d’interpelation menée en début de semaine par 40 militaires de la Section de recherches de Rennes, du groupement du Finistère et des unités d’intervention a permis l’arrestation de quatre suspects à Bandol (Var), Paris et Sevran (Seine-Saint-Denis). Ces hommes âgés de 18 à 37 ans, tous originaires de la région parisienne et déjà connus des services de police, ont été mis en examen : deux pour des faits de vol en bande organisée avec arme et séquestration, deux autres pour leur participation présumée à une association de malfaiteurs, les premiers ayant été placés en détention provisoire.

Agressions crypto en série : la France au coeur des « wrench attacks »

L’affaire de Ploudalmézeau s’inscrit dans une série d’enlèvements et de séquestrations qui inquiète les enquêteurs spécialisés. De janvier à la mi-avril 2026, la Direction nationale de la police judiciaire a comptabilisé 41 cas liés aux cryptomonnaies sur le territoire français, soit en moyenne un rapt tous les 2,5 jours, selon des chiffres relayés par Coin Academy, alors qu’une vingtaine de cas seulement avaient été recensés sur l’ensemble de la période 2023-2025. Au moment des faits du Finistère, les forces de l’ordre évoquaient déjà plus de 40 agressions de ce type depuis le début de l’année ; elles estiment désormais leur nombre à plus de 80 en France, indique le même site spécialisé. La France concentrerait 70 % des attaques mondiales de ce type, souvent qualifiées de wrench attacks lorsqu’elles visent à extorquer sous la contrainte physique des clés privées, et en 2025 les incidents ont augmenté de 75 % à l’échelle mondiale selon la DNPJ.

Période Zone Chiffre communiqué Source citée
2023-2025 France Une vingtaine de cas recensés DNPJ (via Coin Academy)
Janv. – mi-avril 2026 France 41 cas, un rapt tous les 2,5 j DNPJ (via Coin Academy)
Mi-avril 2026 France Déjà plus de 40 cas Forces de l’ordre (via Cryptoast)
Après l’été 2026 France Plus de 80 affaires estimées Forces de l’ordre (via Cryptoast)
Année 2025 Monde Incidents en hausse de 75 % DNPJ (via Coin Academy)

Les victimes ne sont plus uniquement des entrepreneurs connus. D’après les exemples recensés par Coin Academy et Cryptoast, un couple de quinquagénaires a ainsi été dépouillé d’environ un million de dollars en Bitcoin, soit près de 930 000 euros, par de faux policiers, tandis qu’une magistrate du tribunal de Grenoble et sa mère ont été enlevées pour atteindre le compagnon de la magistrate, lui aussi actif dans le secteur crypto. En Bourgogne, une mère et son fils de 11 ans ont été séquestrés pendant vingt heures avant une intervention du GIGN, les ravisseurs exigeant 400 000 euros. Dès janvier 2025, le cofondateur de Ledger David Balland avait déjà été enlevé avec son épouse, libérée par les gendarmes alors que lui-même avait été secouru par le GIGN, rappelle TF1info. Les enquêteurs décrivent une organisation criminelle fonctionnant en couches, avec des commanditaires souvent situés à l’étranger et des exécutants locaux peu informés en amont, ce qui complique le travail judiciaire.

Les criminels exploitent aussi des listings issus de données volées, parfois revendues sur le darknet, et peuvent viser des adresses dont les occupants actuels ne détiennent aucune crypto. À Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), une mère et ses deux enfants majeurs ont ainsi été ligotés et bâillonnés par deux hommes cagoulés qui réclamaient des cryptomonnaies ; « les victimes semblant avoir été ciblées par erreur », a indiqué le parquet de Meaux, cité par TF1info, les agresseurs les ayant confondues avec l’ancien propriétaire du pavillon, parti depuis août 2020. Le même parquet a détaillé que « Les malfaiteurs se sont introduits au domicile des victimes qu’ils ont ligotées, en lien avec la recherche de cryptomonnaies qu’ils n’ont pas obtenues (les victimes semblant avoir été ciblées par erreur) », précisant encore que « des objets ont été volés sur place ». Une enquête a été ouverte pour « vol avec arme en bande organisée et séquestration », puis « des chefs criminels de vol avec arme en bande organisée et séquestration ». Face à cette montée des atteintes physiques liées aux actifs numériques, le gouvernement prépare un plan de sécurité dédié aux détenteurs de cryptomonnaies, avec une plateforme de prévention déjà annoncée par le ministre délégué Jean-Didier Berger lors de la Paris Blockchain Week, en coordination avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.

En bref

  • Au printemps 2026, une famille de Ploudalmézeau, dans le Finistère, est séquestrée à son domicile par deux hommes armés visant un portefeuille de cryptomonnaies.
  • Quatre suspects âgés de 18 à 37 ans, arrêtés à Bandol, Paris et Sevran après une enquête de la Section de recherches de Rennes, sont mis en examen pour vol avec arme, séquestration et association de malfaiteurs.
  • Cette affaire emblématique s’inscrit dans une vague de wrench attacks qui fait exploser les statistiques en France et pousse autorités et gouvernement à renforcer leurs dispositifs de prévention.
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