4657€ dépensés en ligne : derrière le record historique, cette habitude discrète qui transforme votre budget
Jamais les Français n’ont autant acheté en ligne qu’en 2025, avec près de 200 milliards d’euros dépensés selon la Fevad. Derrière ces chiffres vertigineux, de la seconde main à l’IA générative, que disent vraiment ces nouveaux réflexes de consommation ?

Les colis se sont enchaînés l’an dernier, au point de battre un nouveau record historique. Billets de train, vêtements, meubles, abonnements ou services du quotidien : les achats sur Internet ont pris une telle place qu’ils représentent désormais une part significative du budget des ménages.
Selon la Fédération du commerce en ligne et de la vente à distance (Fevad), les dépenses des Français sur Internet ont atteint en 2025 un volume jamais vu, avec un chiffre d’affaires total de 196,4 milliards d’euros, en hausse de 7 % par rapport à 2024, où les ventes en ligne pesaient déjà 175,3 milliards d’euros. L’e-commerce est « durablement ancré dans le quotidien des Français », a souligné Marc Lolivier, délégué général de la Fevad, cité par BFMTV. Mais derrière cette envolée, la façon d’acheter en ligne se transforme.
Un record pour le e-commerce en France en 2025
Dans son bilan pour l’année 2025, la Fevad recense 3,2 milliards de transactions réalisées sur environ 158.000 sites marchands, contre 2,9 milliards un an plus tôt. Rapporté aux acheteurs, cela représente 75 commandes par an en moyenne, soit un peu plus d’une par semaine, pour un montant cumulé de 4.657 euros dépensés en ligne par Français. Sur le seul segment des produits, la part du e-commerce atteint désormais environ 12 % du commerce de détail, ce qui confirme le glissement progressif d’une partie des achats du magasin physique vers l’écran.
| Indicateur | 2024 | 2025 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires total e-commerce | 175,3 Md€ | 196,4 Md€ | +7 % |
| CA services en ligne | n.d. | 120,3 Md€ | +9 % vs 2024 |
| CA produits en ligne | n.d. | 76,1 Md€ | +4 % vs 2024 |
| Nombre de transactions | 2,9 Md | 3,2 Md | +10 % vs 2024 |
| Panier moyen | n.d. | 62 € | -3 % vs 2024 |
| Part du e-commerce produits | n.d. | 12 % | estimation annuelle |
La croissance ne vient pas seulement des volumes, mais aussi de la montée en puissance des services, qui totalisent 120,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, contre 76,1 milliards pour la vente de produits. Dans le même temps, le panier moyen par transaction recule à 62 euros, soit une baisse de 3 % sur un an. Marc Lolivier met en avant « la résilience » du secteur dans « un contexte politique et économique incertain », tout en rappelant que le commerce en ligne n’a pas « d’immunité face aux crises » et se montre « plus sensible que jamais aux arbitrages des ménages ». En clair, les cyberacheteurs multiplient les petits achats, en gardant un œil serré sur les prix.
Seconde main et IA : les nouveaux réflexes des acheteurs en ligne
Les acheteurs commandent surtout des équipements pour la maison et de l’habillement, des catégories très présentes sur les sites non alimentaires. Mais une part croissante des dépenses se fait sur des articles d’occasion. Selon la Fevad, « La seconde main s’installe durablement dans les usages de l’e-commerce » : quatre « cyberacheteurs » sur dix ont acheté au moins un produit de seconde main en 2025. La plateforme Vinted arrive même en deuxième position des sites comptant le plus de clients en France, avec plus de 10 millions d’utilisateurs, juste derrière Amazon. Ce succès illustre la recherche de prix bas, tout en donnant aux consommateurs la possibilité de revendre ce qu’ils n’utilisent plus, un réflexe désormais bien ancré chez une large partie des acheteurs francais.
Le secteur doit en même temps gérer « des défis importants » liés à la technologie. D’après la Fevad, 94 % des vendeurs en ligne ont déjà intégré l’IA générative sur leurs plateformes, et près d’un client sur trois l’utilise dans son parcours d’achat, notamment pour comparer des offres ou obtenir des recommandations. Des données publiées sur le marché font état d’une adoption autour de 31 % des cyberacheteurs, qui grimpe à près de 49 % chez les 15-24 ans. La fédération parle d' »une accélération technologique sans précédent », portée par le « levier clé » de l’intelligence artificielle (IA). L’IA est d’ailleurs au cœur de la conférence annuelle de la Fevad, qui réunit à Paris les grands acteurs du commerce en ligne autour de plusieurs tables rondes.
En bref
- En France, les ventes en ligne ont atteint 196,4 milliards d’euros en 2025 selon la Fevad, avec 3,2 milliards de transactions et un panier moyen ramené à 62 euros.
- La croissance du e-commerce repose sur une fréquence d’achat en hausse, la poussée des services, le succès de la seconde main et des plateformes à bas prix, dans un contexte de pouvoir d’achat sous tension.
- Entre généralisation de l’IA générative dans les parcours d’achat et nouveaux arbitrages des ménages, ce record interroge déjà l’avenir du commerce en ligne en 2026.







