Beurre : ces 3 marques connues, dont Eco+ et Elle & Vire, épinglées pour mentions trompeuses, 60 Millions de consommateurs met en garde
60 Millions de consommateurs alerte sur trois beurres vendus en supermarché dont les emballages seraient loin d’être transparents. Quels détails, parfois cachés, doivent vous alerter au moment de choisir votre prochaine plaquette ?

Beurre sur la tartine, beurre dans la poêle, beurre dans les gâteaux : ce produit star de nos cuisines coule à flot. En 2023, les Français en ont consommé en moyenne 2,75 kg par personne, selon le CNIEL. Sauf que derrière les emballages rassurants et les promesses de tradition, tous les produits du rayon ne correspondent pas à l’idée que l’on se fait d’un « vrai » beurre.
Une enquête récente de 60 Millions de consommateurs met en cause trois références vendues en grande surface pour leurs mentions jugées trompeuses, entre teneur en matières grasses trop basse et allégations rassurantes contestables. Dans un marché où le marketing sait se montrer très habile, la frontière entre beurre authentique et simple spécialité laitière devient floue. Votre plaquette est-elle concernée ?
3 beurres à éviter au supermarché selon 60 Millions de consommateurs
Premier produit épinglé : le beurre doux ou demi-sel Eco+ d’E.Leclerc. Sur le papier, tout laisse penser à un beurre classique, mais le paquet n’affiche que 60 % de matières grasses, et cette information reste très discrète sur l’emballage. Or, la réglementation est claire : un beurre doit contenir au minimum 80 % de matières grasses et plafonner à 16 % d’eau. En dessous de ce seuil, il ne s’agit plus techniquement de beurre, mais d’une simple « spécialité laitière ». Pour 60 Millions de consommateurs, cette présentation finit par induire le consommateur en erreur et s’apparente à une mention trompeuse pour l’acheteur.
Les deux autres références pointées sont des beurres dits légers. Les beurres à 40 % « Les Croisés » (E.Leclerc) affichent une liste d’ingrédients anormalement longue pour un produit censé être simple : amidon modifié de manioc, émulsifiant E471, épaississant E466, conservateur E202. Ce cocktail sert à compenser le manque de gras et d’eau. Le beurre doux léger 41 % Elle & Vire est présenté comme « sans additif », alors qu’il contient de la fécule, utilisée comme ingrédient de texture. Selon le Dr Jimmy Mohamed, cité par Pleine Vie, « certains additifs comme les émulsifiants peuvent perturber la digestion et altérer le goût naturel du beurre ». De quoi rendre ces promesses marketing beaucoup moins rassurantes qu’il n’y paraît au premier coup d’œil.
Comment repérer un beurre trompeur et choisir une meilleure plaquette
Pour ne plus se laisser piéger, un premier repère reste la règle des 80 % de matières grasses : en dessous, on bascule sur des produits allégés, souvent entre 41 % et 65 %, qui ne peuvent plus être appelés beurre au sens strict et relèvent plutôt de la « spécialité laitière ». Pour tenir la texture, les fabricants y injectent de l’eau et ajoutent des additifs. Autre élément interressant : 90 % du marché sort d’un butyrateur, un procédé industriel en continu qui facilite l’incorporation d’adjuvants invisibles, loin de la baratte traditionnelle que l’on imagine. Même le logo AOP, s’il garantit une origine géographique, n’impose pas forcément une méthode à l’ancienne.
La vigilance passe aussi par l’étiquette. Un « vrai » beurre n’a en principe que deux ou trois ingrédients : crème de lait, ferments lactiques, éventuellement du sel. Dès que l’on voit la mention « léger » ou « allégé », la méfiance s’impose, tout comme face aux promesses « sans additif » ou « recette traditionnelle » collées sur des produits à la composition alourdie. La DGCCRF rappelle d’ailleurs qu’elle cible les pratiques commerciales trompeuses lorsque l’étiquetage manque de transparence, l’objectif étant parfois d’induire le consommateur en erreur sur les qualités substantielles du produit. Le règlement européen sur l’information des consommateurs interdit formellement toute étiquette susceptible d’induire en erreur, y compris sur l’origine, comme l’a montré le cas d’un beurre « Ma Région » simplement conditionné localement alors que la matière première venait de toute l’Union européenne.
- Vérifier que le taux de matières grasses approche les 80 % : en dessous, ce n’est plus du beurre.
- Privilégier les listes très courtes : crème, ferments, sel, et rien de plus.
- Se méfier des beurres « légers » ou « allégés » et des emballages promettant « sans additif » malgré la présence d’amidons ou de fécules.
- Regarder l’origine réelle du produit, pas seulement le lieu de conditionnement ou des mentions vagues du type « beurrerie locale ».







