« C'est un sacré budget » : ce que révèle en 2025 Retraite.com sur le vrai coût mensuel, bien plus élevé qu'on ne l'imagine, pour bien vieillir chez soi
En 2025, vieillir chez soi en France coûte en moyenne 1 291 € par mois, en plus du loyer et des factures. À qui ce « deuxième budget » peut-il encore tenir sans aides, et jusqu’où la note peut-elle grimper avec la dépendance ?

Inflation, factures d’énergie qui montent, mutuelle plus chère chaque année : pour beaucoup de retraités, le budget serre déjà de partout. Rester chez soi le plus longtemps possible apparaît alors comme la solution la plus rassurante, et on l’imagine spontanément plus économique qu’une maison de retraite. L’addition progresse pourtant en silence, entre les aides à domicile, les soins et les aménagements du logement.
En 2025, un baromètre consacré à la vie à domicile des plus de 65 ans a chiffré noir sur blanc ce que représente ce choix : des dépenses de santé, d’aide à la personne, de sécurité, de lien social et de travaux. Ce coût spécifique vient se superposer au loyer, aux courses et aux factures d’énergie. Mais jusqu’où monte, très concrètement, ce budget mensuel ?
Coût du maintien à domicile 2025 : un deuxième budget qui s’ajoute au reste
Le baromètre 2025 de Retraite.com et Silver Alliance a calculé le coût du maintien à domicile à partir de 65 ans en compilant les dépenses typiques d’une année : santé, aides à domicile, loisirs, adaptation du logement. Ensemble, ces postes forment une nouvelle colonne de dépenses, indépendante du reste. Loyer ou charges de copropriété, courses alimentaires, chauffage et électricité continuent de tomber, puis viennent se greffer ces frais liés à la perte progressive d’autonomie.
Selon cette étude, pour bien vieillir chez soi après 65 ans, il faut désormais débourser en moyenne 1 291 € par mois, soit 15 487 € sur une année complète. Ce montant a bondi de 23 % depuis 2020, sous l’effet de l’inflation générale et de besoins de santé plus lourds. Passé 85 ans, quand l’aide extérieure devient plus intensive, l’addition atteint 2 070 € par mois. Or 85 % des Français veulent rester à domicile, ce qui maintient une forte pression sur la demande de services.
Santé, services à la personne, logement : où part l’argent chaque mois ?
Dans ce budget global, la santé représente le premier poste de dépense. La mutuelle senior pèse de plus en plus lourd au fil des années, avec des cotisations élevées pour obtenir une couverture solide qui limite le reste à charge. Même bien assuré, il faut composer avec les dépassements d’honoraires, certains médicaments non remboursés, l’optique ou l’audition. Cette accumulation de frais médicaux rogne chaque mois une part importante des revenus, surtout quand la pension moyenne tourne autour de 1 600 €.
Le deuxième grand poste concerne les services à la personne, devenus indispensables pour continuer à vivre chez soi dans de bonnes conditions. Ménage, toilette, préparation des repas, accompagnement aux courses ou aux rendez-vous médicaux : l’indépendance se paie en heures d’intervention. À cela s’ajoutent des services de sécurité ou de lien social, qui rassurent autant les proches que la personne âgée elle‑même :
- aides à domicile pour les gestes du quotidien ;
- portage de repas pour garantir une alimentation équilibrée ;
- téléassistance en cas de chute ou de malaise ;
- visites de lien social pour rompre l’isolement.
Dépendance, aides et reste à charge : combien coûte vraiment le maintien à domicile ?
Derrière la moyenne se cache un critère décisif parmis d’autres : le niveau de dépendance, mesuré par la grille AGGIR et ses GIR de 1 à 6. Plus le chiffre est bas, plus l’aide nécessaire augmente. En GIR 5 ou 6, encore autonome, une personne s’en sort avec 300 à 600 € d’aide à domicile par mois. En GIR 1 ou 2, avec une présence quasi continue, le budget dépasse les 2 000 € et rejoint vite le tarif moyen d’un EHPAD, autour de 2 300 € mensuels.
L’APA, versée aux plus de 60 ans en GIR 1 à 4, reste l’aide centrale pour financer le maintien à domicile : elle peut couvrir jusqu’à 80 % d’un plan d’aide, avec un plafond mensuel de 2 045,56 € pour un GIR 1. Le crédit d’impôt de 50 % sur les services à la personne, accessible via l’avance immédiate de l’Urssaf, réduit encore la note. Dans un cas concret, une facture de 2 280 € pour des services à domicile peut ainsi descendre autour de 500 € après ces aides. Ce reste à charge reste pourtant lourd face à une pension moyenne de 1 600 € et au seuil de 1 634 € estimé nécessaire pour qu’un retraité seul profite pleinement de sa retraite.
En bref
- En 2025, le baromètre Retraite.com–Silver Alliance évalue le coût du maintien à domicile des plus de 65 ans à 1 291 € par mois, soit 15 487 € par an, en plus des dépenses de logement et de vie courante.
- Ce budget regroupe surtout mutuelle et santé, services à la personne et adaptation du logement, et grimpe fortement avec le niveau de dépendance mesuré par la grille AGGIR, jusqu’à rejoindre le tarif moyen d’un EHPAD.
- Entre inflation, pensions autour de 1 600 € et aides comme l’APA ou le crédit d’impôt, l’enjeu devient de mesurer son vrai reste à charge mensuel et d’anticiper ce « deuxième budget » avant que la note n’explose.








