Inflation à 2,4 % en mai 2026 : SMIC en hausse, Livret A qui s’érode, retraites, impôts… qui gagne vraiment et qui perd sans le voir venir ?
Avec une inflation remontée à 2,4 % en mai 2026, SMIC, livrets d’épargne, retraites et impôts s’ajustent en chaîne. Entre salariés, retraités, propriétaires et locataires, qui verra vraiment son budget respirer ?

Inflation n’en finit pas de jouer au yo-yo avec le portefeuille des Français. Après un passage à 0,9 % en février puis 1,7 % en mars, elle a atteint 2,2 % en avril avant de grimper à 2,4 % en mai 2026, selon les chiffres repris par le site adcf.org. Dans ce climat où chaque hausse de ticket de caisse compte, le député Alexis Corbière rappelait déjà que l’augmentation des prix « participe à l’abstention et au dégoût », a-t-il estimé sur BFM TV, lui qui est député du groupe « Écologiste et Social » de la Seine-Saint-Denis.
Avec une inflation revenue à un niveau modéré mais toujours au‑dessus de 2 %, plusieurs mécanismes automatiques se mettent en route : revalorisation du SMIC, ajustement du Livret A et du LEP, hausse à venir de certaines prestations sociales ou taxes locales. Certains foyers verront leur revenu ou leur épargne progresser un peu plus vite, quand d’autres resteront en léger décalage sur la hausse des prix. Reste à savoir dans quel camp chacun se situe vraiment.
Inflation à 2,4 % : SMIC en hausse et impôt sur le revenu qui s’ajuste
Du côté des salaires, les premiers gagnants sont les employés payés au SMIC. La hausse des prix pour les 20 % de ménages les plus modestes ayant dépassé 2 % depuis la précédente revalorisation, le salaire minimum est automatiquement relevé de 2,4 % au 1er juin 2026, détaille adcf.org. Le SMIC net passe ainsi d’environ 1 443 € à 1 478 € par mois, soit un gain de 35 € mensuels pour les salariés concernés.
Côté impôt sur le revenu, l’inflation ne se traduit pas par une facture plus lourde pour les ménages, au contraire. Le barème a déjà été revalorisé de 0,9 % en 2026 pour tenir compte de la hausse des prix passée et, si l’inflation moyenne de l’année 2026 reste proche de 2 %, il sera à nouveau relevé d’un ordre de grandeur similaire en 2027, selon les projections relayées par adcf.org. Pour un contribuable dont le salaire évolue peu et suit à peine les prix, cette indexation limite le risque de changer de tranche et revient à une légère baisse d’impôt en termes de pouvoir d’achat.
Livret A, LEP, retraites et taxe foncière : qui gagne, qui perd ?
Pour les épargnants, le retour de l’inflation au‑delà de 2 % relance la question du rendement des livrets réglementés. Depuis le 1er février 2026, le Livret A est rémunéré à 1,5 %, un niveau inférieur aux 2,4 % d’inflation : le pouvoir d’achat de l’argent placé continue donc de s’effriter. Le site Journal des seniors, partenaire de 20 Minutes, résume la situation en expliquant que « Mettre ses économies sur le Livret A revient trop souvent à voir « fondre sa cagnotte » au fil des mois ». D’où l’intérêt accru du Livret d’Épargne Populaire (LEP) : son taux a atteint 3,5 % entre janvier et juillet 2025 avant de passer à 2,7 % le 1er août 2025, et il reste supérieur à celui du Livret A, avec un plafond de 10 000 € exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux. Pour un même montant placé, 10 000 € sur un LEP génèrent 270 € d’intérêts annuels contre 250 € sur un Livret A, rappelle le Journal des seniors, soit 20 € de différence chaque année. À partir de 2026, près de 19 millions de foyers pourraient d’ailleurs être éligibles à ce livret grâce au relèvement des plafonds de revenus et à une vérification automatisée entre banques et fisc, mais de nombreux ménages modestes ou de classes moyennes, parfois mal informés ou peu interressés par ces produits, n’en profitent pas encore.
À l’inverse, plusieurs catégories risquent de voir leur revenu réel reculer avec cette inflation à 2,4 %. Les pensions complémentaires Agirc‑Arrco sont revalorisées au 1er novembre selon une formule qui applique un léger abattement par rapport à l’inflation : si cette dernière atteint 2,2 %, la hausse des retraites complémentaires tournerait plutôt autour de 1,8 %, selon les estimations citées par adcf.org. Les retraites de base seraient revalorisées d’environ 1,6 % au 1er janvier 2027, là encore en dessous du rythme actuel des prix, ce qui place beaucoup de retraités parmi les perdants. Les propriétaires devront, eux, composer avec une taxe foncière portée par la revalorisation nationale des valeurs locatives (+0,8 % en 2026, probablement plus de 2 % en 2027), tandis que les locataires modestes verront leurs APL, indexées sur l’indice de référence des loyers, augmenter d’environ 1 % seulement au 1er octobre 2026, soit moins que l’inflation : de quoi rogner un peu plus le budget logement.
En bref
- En mai 2026, l’inflation atteint 2,4 % en France après plusieurs mois de hausse, déclenchant des mécanismes automatiques sur le SMIC, les livrets d’épargne, les retraites et la fiscalité des ménages.
- Salariés au SMIC, détenteurs de Livret A ou LEP et certains contribuables profitent d’ajustements partiels, tandis que retraités, propriétaires soumis à la taxe foncière et locataires modestes via les APL voient leur pouvoir d’achat grignoté.
- Entre hausses de revenus, rendements d’épargne variables et fiscalité locale plus lourde, l’enjeu est de savoir à quel profil vous ressemblez le plus pour mesurer si vous sortez gagnant ou perdant de cette inflation à 2,4 %.







