Livret A à 1,5% : ce placement à 2,5% garanti par l'État le surpasse mais il n'est pas accessible à tout le monde

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Livret A à 1,5% : ce placement à 2,5% garanti par l’État le surpasse mais il n’est pas accessible à tout le monde

Alors que le Livret A voit son taux reculer, un livret à 2,5 % garanti par l’État bouscule la hiérarchie de l’épargne. Reste à savoir si vos revenus vous ouvrent réellement la porte du LEP.

Le Livret A reste, sur le papier, le placement préféré des Français, mais son lustre s’est émoussé. Le 1er août dernier, son taux d’intérêt est passé de 1,5 % à 1,7 %, puis le ministère de l’Économie a annoncé qu’il serait ramené à 1,5 % à compter du 1er février 2026, tout en rappelant que ce niveau demeure supérieur à une inflation mesurée à +0,8 % en décembre 2025 sur l’indice des prix à la consommation hors tabac. Sécurisé par l’État, défiscalisé, mobilisable à tout moment : les atouts historiques du Livret A ne suffisent plus à effacer le sentiment de rémunération insuffisante qui monte chez de nombreux épargnants.

Pour ceux qui acceptent mal ces baisses de taux, un autre livret réglementé commence à concentrer l’attention des pouvoirs publics. Rémunéré à 2,5 % à partir du 1er février 2026 et lui aussi garanti par l’État, le Livret d’épargne populaire cible les ménages aux revenus modestes ; pour une partie d’entre eux, le Livret A pourrait passer au second plan bien plus vite que prévu.

Livret A à 1,5 % contre LEP à 2,5 % : ce qui change

Dans un communiqué daté du 15 janvier 2026, le ministère de l’Économie explique que, sur proposition du Gouverneur de la Banque de France, Roland Lescure fixe le taux du Livret A à 1,5 % et celui du Livret d’épargne populaire (LEP) à 2,5 %, avec une entrée en vigueur au 1er février 2026. Le ministre rappelle au passage que le Livret A finance le logement social, la politique de la ville, une partie du tissu de PME, la transition écologique et l’économie sociale et solidaire. Roland Lescure y affirme aussi : « Le livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé, tout en favorisant la construction de logements sociaux, deux priorités pour le Gouvernement. J’ai tenu à ce que les ménages les plus modestes éligibles au Livret d’épargne populaire bénéficient en outre d’un coup de pouce supplémentaire », a déclaré le ministre Roland Lescure dans ce communiqué du ministère de l’Économie.

Produit Taux au 1er février 2026 Rôle annoncé par le ministère Infos clés
Livret A 1,5 % Logement social, politique de la ville, PME Liquidité totale, capital garanti, intérêts exonérés d’impôt
Livret d’épargne populaire (LEP) 2,5 % Soutenir l’épargne populaire des ménages modestes Sous condition de revenu fiscal de référence
Livret de développement durable et solidaire 1,5 % Rôle non précisé dans le communiqué Même taux réglementé que le Livret A

Malgré ces points communs, les deux livrets ne jouent plus dans la même catégorie en termes de rendement : le taux du LEP s’établit à 2,5 %, quand celui du Livret A redescend à 1,5 %. Ce livret populaire reste réservé à certains foyers et reprend la garantie de l’État et l’absence d’imposition du Livret A ; la Banque de France estime que 20 millions de Français remplissent les critères pour l’ouvrir, et RMC Conso avance que 7 millions d’entre eux n’ont toujours pas franchi le pas.

LEP à 2,5 % : qui peut en profiter et comment l’ouvrir

Le Livret d’épargne populaire n’est pas accessible à tous. Les banques vérifient le revenu fiscal de référence figurant sur l’avis d’impôt 2025 : pour être éligible avec une part de quotient familial, il doit rester inférieur ou égal à 23 028 €, avec deux parts à 35 328 €, avec trois parts à 47 628 €, avec quatre parts à 59 928 €, avec cinq parts à 72 227 €, et avec six parts à 84 527 €. En dessous de ces plafonds, le titulaire peut bénéficier du taux de 2,5 % et des mêmes avantages de garantie et de défiscalisation que sur le Livret A.

Le LEP reste encadré par un plafond de versement de 10 000 €, ce qui en fait d’abord un outil pour sécuriser une épargne de précaution limitée ; l’ouverture se fait directement auprès de sa banque, avec un versement initial minimum de 30 €. En parallèle, le Livret A, dont le plafond est fixé à 22 950 € pour les personnes physiques depuis le 1er janvier 2013, continue de représenter un enjeu budgétaire important : le gouvernement évaluait le coût fiscal et social de l’ensemble des livrets réglementés à près de 3,7 milliards d’euros en 2024, avec un solde moyen par Livret A d’environ 7 586 € fin 2025, et seulement 15 % des livrets qui atteignaient ou dépassaient déjà ce plafond. Une analyse récente rappelle qu’à l’été 2026 la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a proposé de relever le plafond du Livret A à 30 000 € pour financer l’adaptation climatique via la Caisse des dépôts, ce qui permettrait de diriger jusqu’à 10 milliards d’euros de collecte supplémentaire chaque année, mais au 4 septembre 2026 ni Matignon ni Bercy n’ont encore tranché. Entre projet de réforme et arbitrages en cours, la hiérarchie réelle entre Livret A et LEP se joue donc désormais à la fois dans les textes et dans la façon dont chaque épargnant choisit d’organiser ses interets de précaution.

En bref

  • Début 2026, le ministère de l’Économie et la Banque de France actent un Livret A à 1,5 % et un Livret d’épargne populaire à 2,5 %, tous deux garantis par l’État.
  • Réservé aux ménages modestes, le LEP offre le même cadre sécurisé que le Livret A mais un rendement supérieur, sous condition de revenu fiscal de référence et dans la limite de 10 000 € de versements.
  • Entre baisse du Livret A, plafonds d’éligibilité au LEP et arbitrages politiques à venir, chaque épargnant doit repenser l’ordre de priorité de ses livrets réglementés.
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