Or : voici les 7 pays qui pèsent désormais le plus lourd dans les mines d’or mondiales en 2025, de l’Australie à la Russie… et une surprise iranienne

Par Paul Graph - Publié le

En 2025, sept pays concentrent l’essentiel des mines d’or, de la Sibérie au Nevada en passant par la Papouasie. Quels États dominent réellement la production mondiale d’or et ce que cela implique pour l’économie et la géopolitique ?

Or : voici les 7 pays qui pèsent désormais le plus lourd dans les mines d’or mondiales en 2025, de l’Australie à la Russie… et une surprise iranienne

Qu’il soit transformé en bijoux, en pièces ou en lingots de banque centrale, l’or reste au coeur des rapports de force économiques. Derrière chaque once se cache une mine, souvent loin de l’Europe, dans des régions où l’extraction structure des pans entiers de l’économie locale. Un sujet qui intéresse autant les épargnants que les États, chacun y voyant un interet stratégique.

L’or est extrait dans plus d’une centaine de pays, mais l’essentiel des réserves aurifères identifiées et de la production d’or se concentre dans un groupe très restreint. En 2025, sept nations rassemblent une part écrasante des tonnes sorties du sous-sol, ce qui renforce leur poids dans les flux financiers et les réserves souveraines. Une carte très sélective, qui surprend parfois même les amateurs de métal jaune.

Production d’or : les 7 pays qui dominent les mines d’or mondiales

Ce classement repose sur les volumes extraits annuellement et place très clairement l’hémisphère Sud au centre du jeu. Un pays d’Océanie et une grande puissance eurasiatique forment le duo de tête, loin devant l’Afrique du Sud, les États-Unis, la Chine, l’Indonésie et le Brésil. Les gisements s’étendent de la Sibérie à l’Amazonie, en passant par la Papouasie et le Nevada, dessinant une géographie de l’or très concentrée.

Les ordres de grandeur donnés pour ces sept pays sont les suivants :

  • Brésil : environ 2 400 tonnes d’or produites par an.
  • Indonésie : autour de 2 600 tonnes extraites.
  • Chine : près de 3 000 tonnes en 2023.
  • États-Unis : environ 3 000 tonnes, surtout dans le Nevada.
  • Afrique du Sud : près de 5 000 tonnes extraites en 2023.
  • Russie : environ 11 100 tonnes d’or.
  • Australie : en tête avec 12 000 tonnes produites.

Australie, Russie, Afrique du Sud : ce que cachent leurs mines d’or

En haut du classement, l’Australie caracole en tête avec 12 000 tonnes produites cette année. Les sites d’extraction comme Newcrest ou Elements Gold structurent une industrie hautement capitalisée, où l’or représente 8 % du PIB et plus de 50 % des exportations nationales. Ce leadership place Canberra au coeur des stratégies de stockage et d’échange de métal jaune des grandes puissances.

Derrière, la Russie s’impose comme second producteur mondial avec 11 100 tonnes extraites. Ses projets miniers se trouvent surtout dans des régions à faible densité humaine, en particulier la Sibérie, et la guerre en Ukraine a compliqué les circuits de commercialisation, poussant Moscou à réorienter ses ventes vers la Chine et l’Asie centrale. Ancien numéro un mondial jusque dans les années 1980, l’Afrique du Sud a extrait environ 5 000 tonnes d’or en 2023, mais son influence s’érode avec la baisse de rendement de gisements historiques comme ceux de la région de Gauteng, près de Johannesburg. La Chine, qui produisait près de 3 000 tonnes en 2023, a vu sa production reculer sous l’effet de nouvelles régulations environnementales imposées par Pékin, entraînant la fermeture de nombreux sites. Les États-Unis égalent ce volume grâce au Nevada, où la mine de Carlin est un cas d’école d’extraction de dépôts à faible teneur par cyanuration, complétée par l’Alaska et la Californie. En Asie, l’Indonésie s’appuie sur de très grands gisements comme Grasberg en Papouasie, tandis que le Brésil ferme ce top 7 avec environ 2 400 tonnes annuelles, issues d’un secteur qui mêle exploitation industrielle et artisanale dans l’État du Pará et certaines zones d’Amazonie, encore marqué par le poids de l’informel.

Moins de mines d’or en Europe, percée iranienne : vers un nouvel équilibre ?

Face à cette carte dominée par quelques grands exportateurs, l’Europe apparaît en retrait, avec très peu de mines en activité et une forte dépendance aux importations de métaux. En France, la mine souterraine de sel de Varangéville, en Meurthe-et-Moselle, est la dernière mine souterraine en activité du pays. « On est les derniers de France, c’est vraiment une fierté de vivre ça », témoigne le mineur Sébastien Chone, qui décrit aussi son quotidien en disant : « C’est un travail varié, hors du commun ». En visitant ce site, l’ancien ministre de l’Industrie Marc Ferracci a résumé l’enjeu industriel en affirmant : « Sans activité minière, sans matières premières, au fond, il n’y a pas d’industrie », jugeant « absolument indispensable » de développer à nouveau l’activité, selon BFMTV.

À Bruxelles, la Commission européenne a lancé un programme de 47 projets prioritaires, entre recyclage et nouvelles mines bénéficiant de procédures d’autorisation simplifiées et d’un soutien financier. « Pas de décarbonation possible », voire « pas d’industrie tout court » sans ces métaux stratégiques, rappelait le commissaire européen à l’Industrie Stéphane Séjourné. Au même moment, d’autres pays cherchent à se faire une place sur la carte de l’or, à commencer par l’Iran : les autorités y ont annoncé, dans la mine de Shadan à l’est du pays, la découverte de 7,95 millions de tonnes de minerai d’oxyde d’or et de 53,1 millions de tonnes de minerai de sulfure d’or, validées par le ministère de l’Industrie, des Mines et du Commerce. « Les réserves définitives de la mine d’or de Shadan dans l’est du pays ont connu une hausse significative à la suite de la découverte d’un immense filon d’or », a rapporté dimanche soir l’agence de presse Fars. Ces 61 millions de tonnes correspondent à du minerai et non à de l’or pur, la teneur n’étant pas encore rendue publique, ce qui empêche de connaître la quantité réellement récupérable. Ce pari aurifère s’inscrit dans une stratégie plus large, qui vise à « diminuer la dépendance de l’Iran aux devises étrangères » et à « renforcer la résilience de l’économie », soulignait le mois dernier le journal économique Donya Eghtesad, dans un pays où l’or est devenu une valeur refuge face à l’hyperinflation et à la dépréciation du rial.