Plaques d’immatriculation roses : à 30 jours de leur arrivée, ce qui va changer pour vos voitures neuves et vos risques de contrôle en 2026

Par Paul Graph - Publié le

Dans 30 jours, les premières plaques d’immatriculation roses feront leur apparition sur les routes françaises. Qui devra s’y conformer dès le 1er janvier 2026, sous peine de sanctions ?

Plaques d’immatriculation roses : à 30 jours de leur arrivée, ce qui va changer pour vos voitures neuves et vos risques de contrôle en 2026

À trente jours de l’entrée en vigueur d’une nouvelle règle, un détail jusqu’ici discret sur les véhicules s’apprête à changer de visage sur les routes françaises. Un arrêté, signé le 21 novembre 2025 par le ministre de l’Intérieur et le ministre des Transports et publié ce 2 décembre au Journal officiel, crée un nouveau type de plaque provisoire très visible, qui va bousculer les habitudes des automobilistes comme des motards.

À compter du 1er janvier 2026, les voitures, motos et scooters neufs, importés ou d’essai devront arborer des plaques d’immatriculation de couleur rose, destinées à signaler clairement leur immatriculation provisoire en WW ou en W garage. La mesure s’applique aux véhicules en attente d’un certificat définitif comme à ceux immatriculés à l’étranger en cours de régularisation. Dans un mois, les conducteurs croiseront donc sur la route ces plaques d’un rose vif encore inédit. Et ce ne sera pas pour un simple effet de style.

Plaques d’immatriculation roses : qui devra en porter à partir du 1er janvier 2026 ?

Selon les textes publiés, ces nouvelles plaques à fond rose deviennent obligatoires pour toutes les immatriculations provisoires en WW et en W garage à compter du 1er janvier 2026. Sont concernés les véhicules neufs en attente de leur carte grise définitive, les véhicules enregistrés à l’étranger et en attente de régularisation, mais aussi les voitures de démonstration ou d’essai utilisées par les distributeurs, ainsi que les deux‑roues motorisés soumis au même régime provisoire. Dans tous ces cas, la plaque rose devra être posée dès la mise en circulation du véhicule.

Par rapport aux anciennes plaques provisoires, qui ne se distinguaient des plaques d’immatriculation définitives que par leurs deux lettres initiales « WW », la nouvelle version change nettement de décor. Le fond devient un rose vif rétro‑réfléchissant, les caractères restent noirs et la date de fin de validité du certificat provisoire est ajoutée à l’extrémité droite de la plaque. Selon l’arrêté, cette plaque doit orner le véhicule pendant quatre à six mois, le temps que le propriétaire reçoive son certificat d’immatriculation définitif. La nuance de rose, précisément définie par le texte, a été pensée pour être bien voyante sur les routes.

Fraude aux immatriculations : pourquoi ces plaques roses arrivent maintenant

Derrière cette nouveauté très visible se trouve un objectif assumé : la lutte contre la fraude aux immatriculations provisoires. Quelque 460 000 immatriculations provisoires ont été délivrées en 2023, selon l’association 40 millions d’automobilistes, et le stock de plaques WW en circulation a alimenté au fil des ans des pratiques frauduleuses : plaques provisoires restées en circulation bien après la délivrance de la carte grise définitive, ou plaques finissant par alimenter des réseaux parallèles au lieu d’être détruites. Le nombre limité de combinaisons possibles après les lettres WW fait qu’en moyenne, tous les 14 mois, un même numéro de plaque provisoire est réattribué, ce qui a parfois permis à des conducteurs n’ayant pas remplacé leurs plaques WW arrivées à échéance de faire payer leurs infractions routières par un autre titulaire. Dans des propos rapportés par le Journal de l’Automobile, Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès de Laurent Nuñez, parle d’un « fléau » que des actions concrètes tentent de juguler. Elle reconnaît tout de même que la fraude à l’immatriculation « reste un phénomène marginal par rapport à l’ampleur des activités au sein du SIV ».

Pour les forces de l’ordre, l’inscription claire de la date limite de validité et cette couleur immédiatement repérable doivent faciliter les contrôles, tout comme la détection des plaques provisoires arrivées à expiration par de simples usagers. La mesure s’inscrit dans la lignée du décret n° 2025-540, publié au Journal officiel le 15 juin 2025, qui a renforcé l’encadrement de la circulation des véhicules immatriculés sous déclaration d’achat et prévu des sanctions allant jusqu’à une amende de 4e classe, au forfait de 135 euros, et l’immobilisation du véhicule en cas de manquement. Dans des propos relayés par Le Particulier, Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes, résume : « Cette plaque, simple mais efficace, protège les usagers et simplifie le travail des forces de l’ordre, en rétablissant une transparence indispensable sur nos routes. » À J-30 de l’entrée en vigueur, les acheteurs de véhicules neufs ou importés, comme les professionnels amenés à faire essayer des voitures, motos ou scooters, vont devoir intégrer ce nouveau code couleur dans leurs pratiques, y compris les automobilistes et motards interressés par un achat en tout début d’année.