Prestations sociales 2026 : hausse ou gel ? Les impacts sur le pouvoir d'achat des retraités et ménages modestes dévoilés

Par Paul Graph - Publié le

Les prestations sociales et retraites, après des hausses en 2025, pourraient connaître un gel en 2026. Quels impacts sur le pouvoir d'achat des ménages modestes?

Prestations sociales 2026 : hausse ou gel ? Les impacts sur le pouvoir d’achat des retraités et ménages modestes dévoilés

Entre hausses actées et menaces de gel, les prestations sociales et les pensions de retraite s’imposent comme l’un des marqueurs du pouvoir d’achat d’ici 2026. Après une année 2025 rythmée par des ajustements techniques, le débat politique sur 2026 pèse déjà sur les budgets des ménages modestes et des retraités.

Les repères chiffrés éclairent l’enjeu : fin 2023, 17,2 millions de personnes sont retraitées de droit direct en France, dont 53 % de femmes. La pension mensuelle moyenne atteint 1 666 euros bruts, soit 1 541 euros nets des prélèvements sociaux, en baisse de 1,2 % en euros constants entre 2022 et 2023 selon la DREES. Par ailleurs, 4,4 millions de personnes perçoivent une pension de réversion, 87 % étant des femmes. Le détail compte.

Revalorisations 2025 et barème CSG 2025 : quels effets jusqu’en 2026 ?

En 2025, le barème d’exonération de la CSG pour les retraités est relevé de 4,8 %, sur la base du revenu fiscal de référence figurant sur l’avis d’impôt reçu en 2024. Les pensions restent soumises à la CSG, à la CRDS et à la Casa : quatre taux de CSG s’appliquent selon le RFR, à 0 %, 3,8 %, 6,6 % et 8,3 %. La CRDS s’élève à 0,5 %, la Casa à 0,3 %. Une cotisation maladie de 1 % pèse uniquement sur les retraites complémentaires, et une cotisation spécifique de 1,3 % peut s’ajouter en Alsace Moselle, rappelle la CFDT Retraités. En 2023, 28 % des retraités étaient au taux zéro, 15 % au taux réduit, 27 % au taux médian et 30 % au taux normal.

Le mécanisme de lissage limite certains effets de seuil : depuis 2019, le passage du taux réduit vers un taux supérieur ne s’applique qu’après deux années consécutives de dépassement du seuil. En revanche, pas de lissage pour un passage du taux zéro au taux de 3,8 % ou du taux de 6,6 % au taux de 8,3 %. Concrètement, le barème 2025 s’applique aux retraites dues à partir de janvier 2025, via les taux transmis par la DGFiP aux caisses ; un léger retard de transmission touche chaque année les pensions complémentaires Agirc Arrco versées début janvier. Pour bien suivre son net, distinguer brut, net, net imposable et montant “servi” reste indispenssable.

2026 entre hausse et année blanche : ce que disent les votes et les chiffres

L’Assemblée nationale a supprimé en première lecture l’article budgétaire qui proposait un gel général en 2026, par 308 voix contre 99. Dans la version initiale du projet de budget de la Sécurité sociale, l’exécutif visait un « gel de l’ensemble des retraites de base », selon MoneyVox. La mesure devait produire 3,6 milliards d’économies pour la Sécurité sociale, « l’un des plus gros enjeux », a rappelé dans l’hémicycle Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail. Le même article envisageait aussi une sous indexation des pensions de 0,9 point en 2027, puis de 0,4 point chaque année jusqu’en 2030.

La controverse est vive. « Cette année, blanche sur les prestations sociales, c’est ce que vous pouviez imaginer de pire », a critiqué Sandrine Rousseau, du groupe écologiste. « C’est une mesure de violence sociale », a dénoncé Anaïs Belouassa Cherifi, députée LFI. Face à la fronde, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’était dit « favorable à regarder l’ensemble des amendements qui viendront dégeler les pensions de retraite de notre pays (et des) minimas sociaux ». Pour Christophe Bentz, député RN, « C’est la représentation nationale (…) qui a tordu le bras au gouvernement ». Et le débat reste ouvert sur des ciblages éventuels : « nous pouvons très bien avoir un gel des allocations familiales pour les foyers les plus aisés », a déclaré la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. « Entre un gel total et un dégel total il pourrait y avoir une solution », a aussi suggéré Thibault Bazin, rapporteur général du budget.