Prix du gaz : en mars 2026, la facture de millions de foyers flambe déjà et la vôtre pourrait suivre dans les prochains mois, selon le contrat que vous avez
Depuis le 1er mars 2026, le prix du gaz repart à la hausse et alourdit déjà la facture de millions de foyers en France. Quelles raisons se cachent derrière cette anomalie de fin d’hiver et jusqu’où la note peut-elle grimper ?

Vous comptiez souffler un peu sur votre budget énergie avec l’arrivée des beaux jours, en voyant enfin baisser votre facture de gaz. Depuis le 1er mars 2026, c’est l’inverse qui se produit : les montants commencent à remonter, parfois dès la facture de mars ou d’avril, alors même que les radiateurs tournent moins.
La publication du Prix repère de vente de gaz (PRVG) par la Commission de régulation de l’énergie a acté une hausse nette pour mars 2026, en rupture avec la série de baisses enregistrées les mois précédents. Une anomalie saisonnière qui touche de plein fouet près de 11 millions de foyers chauffés, cuisinant ou produisant leur eau chaude au gaz, et qui soulève une question très concrète : jusqu’où cette hausse peut-elle aller dans les prochaines semaines ?
Prix du gaz en mars 2026 : une hausse surprise qui casse la traditionnelle accalmie de printemps
Selon les données publiées pour mars, le prix du gaz repère toutes taxes comprises tourne autour de 0,140 €/kWh, en progression moyenne d’environ 3,8 % par rapport à février 2026. Pour les usages de cuisson et d’eau chaude sanitaire, le kilowattheure passe approximativement de 0,130 à 0,136 €/kWh TTC, soit une hausse proche de 4 %. Les ménages qui se chauffent au gaz sont encore plus exposés, avec un kWh qui grimpe d’environ 0,0998 à 0,1051 €/kWh TTC, ce qui représente une hausse de l’ordre de 5,3 %. Les abonnements mensuels, eux, restent globalement stables autour de 12,27 € pour la cuisson/eau chaude et 20,05 € pour le chauffage.
Traditionnellement, la fin de la période de chauffe hivernale fait reculer la demande et détend les tarifs, ce qui allège mécaniquement la facture au printemps. Cette fois, la mécanique se grippe : pour un foyer qui n’utilise le gaz que pour la cuisine (environ 500 kWh par an), l’impact est estimé à environ 3 € de plus par an. Un ménage qui cuisine et produit son eau chaude au gaz (autour de 4 000 kWh annuels) doit tabler sur une vingtaine d’euros supplémentaires. Pour un foyer chauffé au gaz, avec une consommation proche de 11 000 à 12 000 kWh par an, la hausse peut atteindre entre 59 et 64 € sur l’année, soit un glissement non négligeable sur un budget déjà serré.
Facture de gaz : ce qui explique la hausse et pourquoi elle pourrait continuer au printemps 2026
Pour comprendre ce retournement, il faut regarder du côté des marchés de gros. L’indice néerlandais Title Transfer Facility (TTF), qui sert de référence au gaz en Europe, a connu une forte volatilité fin février 2026, avec des cours nettement plus élevés qu’au 1er janvier. Les récentes tensions dans le Golfe, autour du détroit d’Hormuz, font planer une menace sur certaines routes maritimes cruciales pour le gaz naturel liquéfié. Depuis la fin des grands contrats de gazoducs russes, l’Europe dépend beaucoup plus de ces cargaisons de GNL, en concurrence directe avec une demande asiatique repartie à la hausse. Dans ce contexte tendu, un analyste du secteur résume : « La persistance des tensions sur les routes maritimes du GNL crée une prime de risque qui se répercute désormais directement sur le prix de repère des consommateurs français », a expliqué un analyste du secteur de l’énergie, cité par Planet.
Autre point de fragilité, les stocks de gaz européens se situent à un niveau inférieur à celui de l’an dernier, autour de 49 % fin février contre près de 59 % un an plus tôt, après plusieurs épisodes de froid qui les ont entamés. Les marchés anticipent donc un remplissage des stockages cet été à des tarifs potentiellement élevés, ce qui alimente déjà les prix des contrats « futurs » pour les mois de mai et juin 2026. Une hausse de l’ordre de 3,4 % des tarifs d’acheminement du gaz au 1er avril doit en plus venir s’ajouter à l’équation. Les abonnés à une offre à prix indexé sur le PRVG verront ces mouvements se refléter presque automatiquement sur leur facture, alors que ceux qui ont verrouillé une offre à prix fixe avant la nouvelle tension restent partiellement protégés. Dans ce contexte, vérifier noir sur blanc les conditions de son contrat, comparer les offres avant les prochaines échéances de mai et ne pas négliger l’entretien annuel de sa chaudière – qui permet de consommer moins avant un remplissage des stockages possiblement « à prix d’or » – devient franchement interressant pour limiter la casse sur son budget.
En bref
- Depuis le 1er mars 2026, la CRE relève le prix repère de vente de gaz en France, touchant près de 11 millions de foyers qui utilisent le gaz pour se chauffer, cuisiner ou produire leur eau chaude.
- Le PRVG progresse d’environ 3,8 % en moyenne, jusqu’à +5,3 % pour le chauffage, sous l’effet de la flambée du TTF, des tensions autour du GNL et de stocks européens de gaz moins remplis que l’an dernier.
- Entre hausse programmée des tarifs d’acheminement, contrats indexés sur le PRVG et offres à prix fixe, l’article détaille l’impact réel sur la facture et les leviers pour contenir la montée du budget gaz au printemps 2026.








