Remboursement dentaire : la Sécu abaisse la prise en charge à ce nouveau seuil dès 2027, préparez votre portefeuille

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Au 1er janvier 2027, la part de la Sécurité sociale dans vos soins dentaires doit encore baisser, transférant la charge vers les mutuelles. Entre reste à charge accru et renoncement aux soins, les patients les plus fragiles redoutent déjà les conséquences.

Remboursement dentaire : la Sécu abaisse la prise en charge à ce nouveau seuil dès 2027, préparez votre portefeuille

Après la baisse intervenue en 2023, une nouvelle mauvaise surprise se profile pour le portefeuille des patients qui vont chez le dentiste. Dans le cadre de son plan d’économies sur la santé, le gouvernement prépare un nouveau recul de la prise en charge des soins dentaires par la Sécurité sociale, en transférant une partie de la facture vers les complémentaires santé.

Le 24 juillet, la ministre de la Santé a adressé à l’Assurance maladie quatre projets de décrets portant sur les transports sanitaires, certains dispositifs médicaux, quelques médicaments et les soins bucco-dentaires. Pour ces derniers, la part remboursée sur les consultations et soins courants passerait de 60 % à 50 % au 1er janvier 2027, alors qu’elle s’élevait encore à 70 % en 2023, a souligné l’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire (UFSBD). Reste à voir qui règlera la note.

Remboursement des soins dentaires : ce qui doit changer au 1er janvier 2027

Concrètement, la Sécurité sociale ne prendrait plus en charge que 50 % du tarif de base des consultations chez le dentiste et des soins bucco-dentaires dits conservateurs, contre 60 % aujourd’hui. En moins de quatre ans, la prise en charge serait donc passée de 70 % à 50 %, le ticket modérateur augmentant d’autant pour les assurés, avec à la clé un reste à charge plus important pour ceux dont la mutuelle couvre mal le dentaire ou pour les quelque 4 % de Français dépourvus de complémentaire.

Le gouvernement promet de maintenir à 100 % la prise en charge du panier « 100% santé », qui couvre certaines prothèses dentaires à tarifs plafonnés comme des couronnes, des bridges ou des dentiers. Mais des actes fréquents comme un détartrage au tarif de base de 28,92 euros, une dévitalisation facturée entre 41,60 et 104 euros ou l’extraction d’une dent, de 25 à 39 euros, verraient la part remboursée par la Sécurité sociale diminuer, ce qui pourrait se traduire par une facture plus salée pour les patients les moins bien couverts.

Mutuelles, patients et prévention : qui va encaisser la baisse du remboursement ?

Pour boucler son plan d’économies, l’exécutif mise sur un important transfert de dépenses de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé, évalué à de l’ordre de 1,5 à 1,7 milliard d’euros sur l’ensemble des mesures, dont une partie liée aux soins dentaires. Ces montants s’ajoutent à la baisse déjà intervenue en 2023, lorsque la part de l’Assurance maladie avait été réduite de 70 % à 60 %, et pourraient à terme peser sur le niveau des garanties ou des cotisations de mutuelle, même si le gouvernement assure vouloir contenir ces effets. Sur quelques actes courants, la baisse de 10 points du remboursement par la Sécurité sociale se traduit mécaniquement par les montants suivants.

Acte Tarif de base (tarif conventionnel) Remboursement Sécu 60 % Remboursement Sécu 50 % Différence pour le patient
Consultation dentiste 23 € 13,80 € 11,50 € 2,30 €
Détartrage 28,92 € 17,35 € 14,46 € 2,89 €
Extraction d’une dent 25 à 39 € 15 à 23,40 € 12,50 à 19,50 € 2,50 à 3,90 €
Dévitalisation 41,60 à 104 € 24,96 à 62,40 € 20,80 à 52,00 € 4,16 à 10,40 €

Les représentants des chirurgiens-dentistes redoutent un impact particulièrement fort sur les retraités, les jeunes adultes, les chômeurs et, plus largement, sur les patients déjà peu ou mal couverts. « Trop de patients consultent tardivement, lorsque la douleur ou l’urgence apparaît, plutôt que de manière préventive » et cela entraine « des traitements plus lourds et plus invasifs », déplore l’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire (UFSBD), citée par Capital, qui dénonce aussi « un désengagement de la solidarité nationale à l’égard de la santé bucco-dentaire ». L’organisation rappelle que « Pourtant pouvoir manger, parler, sourire, conserver des relations sociales et vivre sans douleur dépend directement d’un bon état de santé orale. » et que « les maladies bucco-dentaires interagissent également avec de nombreuses pathologies chroniques et peuvent contribuer à la dénutrition ou à la perte d’autonomie ». Dans le même sens, le syndicat des dentistes libéraux, le CDF, s’offusque d’une « logique de déremboursement, témoin de l’ignorance des pouvoirs publics » et prévient que « Décourager ces soins aujourd’hui, c’est programmer une dégradation de la santé bucco-dentaire des Français et une facture plus élevée demain. »

En bref

  • À partir du 1er janvier 2027, la Sécurité sociale prévoit de réduire de 60 % à 50 % le remboursement des soins dentaires courants, après une première baisse intervenue en 2023.
  • Cette mesure, intégrée à un plan d’économies, augmente le ticket modérateur sur les consultations, détartrages, extractions ou dévitalisations et reporte une partie de la dépense vers les complémentaires santé.
  • Entre risque de hausse des cotisations, patients sans mutuelle et renoncement aux soins, syndicats et spécialistes de la santé bucco-dentaire alertent sur les conséquences à long terme de ce désengagement.
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