Shein et Temu : la fin de l'exonération des colis chinois va bouleverser le marché européen dès 2026
L'Union européenne met fin à l'exonération des colis chinois de moins de 150 €, dès 2026. Cette décision pourrait bouleverser le marché du e-commerce.

Les achats à prix cassés livrés en quelques jours depuis la Chine s’apprêtent à changer de visage en Europe. Portés par des plateformes comme Shein et Temu, ils ont inondé le marché grâce à une exemption de droits pour les envois de faible valeur.
Les Vingt-Sept viennent d’approuver la fin de cette franchise de 150 €, avec une mise en œuvre visée dès le premier trimestre 2026 via un régime transitoire. Objectif affiché : mieux contrôler des volumes records et renforcer la sécurité des produits. La suite intrigue.
Taxation des petits colis en Europe : calendrier, règles et objectif
Proposée en février par la Commission, la suppression de l’exonération devait initialement s’aligner sur la réforme de l’union douanière en 2028. Les États ont décidé d’accélérer : adoption d’un dispositif transitoire attendue le 12 décembre, puis application « dès que possible » en 2026. En parallèle, l’UE prépare des frais de traitement sur chaque petit envoi, montant encore à fixer, Bruxelles ayant proposé en mai 2 € par colis avec une application espérée fin 2026.
Le ministre français de l’Économie Roland Lescure salue le virage : « La France a pris l’initiative de réagir au phénomène des petits colis. Cela a payé aujourd’hui », a déclaré Roland Lescure, selon La Croix. Il vise Shein et Temu, au cœur d’un flux estimé à 4,6 milliards d’envois en 2024, soit environ 145 par seconde, dont 91 % en provenance de Chine. En France, une taxe nationale de 2 euros par article pour les colis de moins de 150 euros doit aussi être examinée dans le cadre budgétaire.
Effets économiques : prix, concurrence, logistique pour Shein, Temu et le commerce européen
Concrètement, la fin de l’exonération signifie le retour des droits de douane sur les envois de faible valeur, auxquels pourraient s’ajouter des frais de traitement. Les plateformes et vendeurs devront intégrer ces coûts et fournir davantage de données, avec des contrôles renforcés pour écarter les produits dangereux ou non conformes. Les prix payés par les clients pourraient évoluer, selon la façon dont ces acteurs absorberont ou répercuteront la facture, et les délais dépendront de la capacité des douanes à traiter ce volume massif.
L’enjeu est aussi commercial. En resserrant l’écart de coût total entre importations très bon marché et offre locale, la mesure veut préserver un jeu concurrentiel plus équilibré et la protection des consommateurs. Comme l’assure Roland Lescure : « C’est une étape clé pour la protection des consommateurs européens et du marché intérieur en luttant plus efficacement contre les produits dangereux et non conformes à nos réglementations européennes. Nous avons franchi un grand pas pour la souveraineté économique de l’Union européenne », a-t-il ajouté. Reste que le montant définitif des frais, leur périmètre exact et la répartition du paiement entre plateformes et acheteurs doivent encore être précisés, un point encore en partie flou.








