Tarif réglementé EDF : dès février 2026, légère baisse mais gros bouleversement Base / heures creuses pour 19,7 millions de foyers, êtes-vous gagnant ?

Par Paul Graph - Publié le

Le 1er février 2026, près de 20 millions de foyers verront évoluer le tarif réglementé EDF, avec une baisse limitée mais des heures creuses renforcées. Selon votre logement et votre contrat, ce léger ajustement peut changer bien plus que vous ne l’imaginez.

Tarif réglementé EDF : dès février 2026, légère baisse mais gros bouleversement Base / heures creuses pour 19,7 millions de foyers, êtes-vous gagnant ?

Quelques euros de moins sur la facture, mais un grand coup d’accélérateur sur les heures creuses : au 1er février 2026, le tarif réglementé EDF, le fameux Tarif Bleu, change à la marge ses prix mais rebat plus franchement les cartes entre option Base et heures pleines/heures creuses. Près de 19,75 millions de foyers sont concernés par cette nouvelle grille.

La Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui calcule le tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE) et le propose aux ministres de l’Économie et de l’Énergie, a opté pour une quasi‑stabilité des montants, tout en renforçant les signaux prix en heures creuses. Concrètement, les prix évoluent peu, mais l’équilibre entre options tarifaires se déplace nettement en faveur du pilotage des consommations nocturnes.

Tarif Bleu EDF : ce que représente la baisse moyenne de 0,83 % en 2026

Le TRVE, encadré par l’État et révisé en février et en août, reste la référence pour plus de la moitié des ménages français, comme une sorte de bouclier tarifaire permanent. Au 1er février 2026, la CRE propose une baisse moyenne de 0,83 % TTC, soit 1,99 € TTC par MWh. Pour un foyer consommant 4,5 MWh par an, la facture annuelle passerait de 1 051 € à 1 042 €, soit un gain d’environ 9 € par an. En parallèle, la contribution tarifaire sur l’acheminement (CTA) doit reculer de 5 % à la même date ; pour un ménage, le gain reste modeste, « de l’ordre de 10 € ou 12 € par an », a précisé Roland Lescure, ministre de l’Économie, cité par Que Choisir.

Les prix de référence restent donc très proches de ceux d’août 2025 : en 6 kVA, l’option Base affiche un kWh à 19,52 centimes d’euro, avec un abonnement de 15,47 € par mois. En option heures pleines/heures creuses, le kWh coûte 20,81 c€ en heures pleines et 16,35 c€ en heures creuses, avec un abonnement à 15,74 € par mois. Dans ce cadre, la baisse moyenne se traduit par quelques euros par mois selon les profils : un couple en appartement tout électrique (8 000 kWh/an, 6 kVA, HP/HC) verra sa facture passer de 141 € à 139 € ; pour 6 400 kWh/an avec chauffage électrique mais eau chaude et cuisson au gaz, la mensualité descend de 116 € à 114 €. En appartement chauffé au gaz (2 600 kWh/an en Base), la note reste stable à 58 €.

Heures creuses, option Base : qui profite vraiment des nouveaux tarifs réglementés EDF ?

Dans les maisons, les volumes consommés amplifient ces écarts. Une famille de quatre personnes en pavillon tout électrique (14 000 kWh/an, 9 kVA, HP/HC) verra sa facture estimée reculer de 240 € à 236 € par mois, tandis qu’un foyer utilisant 11 900 kWh/an pour le chauffage électrique mais le gaz pour l’eau chaude et la cuisson paiera 204 € au lieu de 207 €. Pour une maison tout gaz consommant 3 400 kWh/an en Base avec un compteur 6 kVA, la note ne baisse que de 68 € à 67 € mensuels. Plus la part de chauffage et d’eau chaude électriques est élevée, plus la structure tarifaire rend l’arbitrage entre Base et HP/HC interressant.

La stratégie de la CRE est claire : favoriser les usages nocturnes pour soulager le réseau. L’écart entre heures pleines et heures creuses se creuse, avec une baisse d’environ 3,45 % du prix du kWh en heures creuses. Pour les foyers capables de programmer chauffe‑eau, lave‑linge ou recharge de voiture pendant ces plages, les économies commencent à vraiment se voir sur la facture. En parallèle, l’option Base se restreint : depuis février 2025, en métropole, les nouveaux clients au TRVE à partir de 9 kVA n’y ont plus accès et doivent choisir l’option heures pleines/heures creuses. La délibération publiée en 2026 étend ce mouvement aux zones non interconnectées et prévoit même la suppression de l’option Base pour les contrats de 18 kVA et plus au TRVE, avec une bascule obligatoire en HP/HC d’ici le 1er février 2027 en métropole et le 1er février 2028 dans ces zones.

Les petits consommateurs au gaz, en 6 kVA Base avec 2 600 ou 3 400 kWh/an, restent relativement protégés, leur facture étant surtout tirée par l’abonnement. En revanche, les foyers en forte puissance sous option Base devront tôt ou tard réduire la puissance de leur compteur ou accepter le passage en heures pleines/heures creuses, voire quitter le Tarif Bleu pour aller vers une offre de marché. Les détenteurs de contrats spécifiques comme Tempo ou EJP risquent aussi de voir leurs jours rouges devenir très coûteux s’ils ne décalent pas massivement leurs usages, ce qui rend la maîtrise quotidienne de la consommation plus que jamais centrale. À l’inverse, la généralisation du compteur Linky facilite les changements d’option et de puissance à distance, en moins de 24 heures, et la résiliation du Tarif Bleu reste libre et gratuite.

En bref

  • Au 1er février 2026, près de 19,75 millions de foyers restent au Tarif Bleu d’EDF, encadré par la CRE et révisé deux fois par an.
  • La baisse moyenne de 0,83 % du TRVE cache surtout un avantage accru pour les heures creuses et une restriction progressive de l’option Base.
  • Entre appartements, maisons, contrats Tempo ou EJP, chacun doit analyser son profil pour savoir s’il gagne quelques euros… ou risque de payer bien plus.