Taxe de séjour en Bretagne : la région envisage de tripler le montant, les professionnels du tourisme s'inquiètent pour l'avenir

Par Paul Graph - Publié le

La Bretagne envisage de tripler la taxe de séjour pour financer les transports, suscitant l'inquiétude des professionnels du tourisme. Un débat crucial s'annonce.

Taxe de séjour en Bretagne : la région envisage de tripler le montant, les professionnels du tourisme s’inquiètent pour l’avenir

Tripler la taxe de séjour en Bretagne ? L’idée, portée par le Conseil régional, met le sujet des vacances au coeur d’un débat brûlant. Les élus veulent ouvrir la discussion, les acteurs du secteur s’inquiètent déjà.

Objectif affiché par la Région : basculer une partie du financement des transports en commun vers les visiteurs, à l’image de ce qui se fait en Île-de-France. Une piste qui passerait par un triplement de la taxe perçue par nuitée. Le bras de fer débute.

Taxe de séjour en Bretagne : ce que la Région veut changer et combien

Concrètement, la collectivité évoque un niveau moyen autour de deux euros, avec des montants qui varient selon l’hébergement. « cela conduirait à une taxe moyenne d’environ deux euros par nuitée et par personne, avec un impact variable selon le type d’hébergement », indique la Région, à 20 Minutes.

L’idée suit le modèle francilien : faire contribuer les touristes plutôt que les entreprises locales au financement des transports régionaux. Sans cette évolution, la facture reposerait sur le versement de la mobilité régionale et rurale à la charge des sociétés de plus de onze salariés, à compter du 1er janvier 2027. Un point clé pour les employeurs, qui redoutent d’avantage de charges.

Professionnels du tourisme : colère, craintes et calendrier

Le terrain grince. Jean-Luc Eveno, président de l’association des Gîtes de France du Morbihan, redoute un choc pour l’écosystème breton : « déstabiliser tout un secteur qui pèse plus de 80.000 emplois et environ 8 % du PIB régional ». Dans le même esprit, Nicolas Dayot, président de l’Union bretonne de l’hôtellerie de plein air, voit dans ces deux euros par nuitée une hausse qui ne serait « pas neutre » pour les familles modestes. En filigrane, la crainte d’une érosion de l’attractivité.

Autre signal venu du terrain, Anthony Rambaud, à la tête de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), dit vouloir préserver « cette image de tourisme accessible et familial en Bretagne ». Côté exécutif régional, Loïg Chesnais-Girard temporise : « rien n’est décidé ». « Il ne s’agit pas d’une décision prise, mais d’un débat sur un possible outil, qui ne pourrait exister qu’après un feu vert du législateur dans l’actuel projet de loi de Finances de notre pays », précise le président du Conseil régional. En cas de feu vert des parlementaires, la Région promet d’ouvrir une discussion collective sur la mise en oeuvre d’une éventuelle taxe de séjour additionnelle.