Marché européen des ETF : la collecte chute sous 10 milliards en mars 2026, BlackRock et DWS dans le rouge, UBS tire son épingle du jeu

En deux mois, les ETF européens sont passés d’un démarrage historique à une collecte limitée à 9,3 milliards d’euros en mars 2026. Entre conflit au Moyen-Orient et réallocation sectorielle, comment les investisseurs redessinent-ils leurs positions ?
Après un début d’année tonitruant, porté par des afflux massifs de capitaux, le marché européen des ETF vient de changer brutalement de rythme. Sur fond de tensions croissantes au Moyen-Orient, les investisseurs ont levé le pied en mars, alors que les fonds indiciels cotés s’étaient imposés comme l’un des grands gagnants des premiers mois de 2026.
Selon les données compilées par Trackinsight, la collecte nette est tombée à seulement 9,3 milliards d’euros en mars, après des apports records de 47 milliards d’euros en janvier puis 44 milliards d’euros en février. Dans le même temps, la valeur totale des encours recule d’environ 5 milliards pour s’établir à 2 795 milliards d’euros, soit une progression limitée de 2 % depuis le début de l’année, sur un marché chahuté par le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz qui inquiète les investisseurs.
Collecte des ETF actions en Europe : diversification mondiale et repli des États-Unis
Malgré ce net ralentissement, les ETF actions restent au cœur de l’activité en Europe. Ils concentrent l’essentiel des flux positifs, avec 8,8 milliards d’euros supplémentaires en mars. Les produits les plus recherchés sont ceux qui offrent une exposition très large aux marchés mondiaux en incluant les pays émergents : ces ETF attirent à eux seuls 6,1 milliards d’euros, contre moins de 900 millions pour les fonds investis uniquement en actions de pays développés. Derrière ces chiffres, les investisseurs semblent privilégier une diversification maximale plutôt qu’un pari sur une seule zone.
Dans le détail géographique, les ETF investis en actions de la zone euro enregistrent une collecte de 2,3 milliards d’euros, tandis que la Bourse suisse renoue avec son rôle de valeur refuge, avec 1,7 milliard d’euros de flux entrants. Même les marchés émergents, pourtant directement touchés par les tensions autour du détroit d’Ormuz, continuent d’attirer des capitaux. A l’inverse, les investisseurs se retirent massivement des ETF d’actions américaines, qui subissent 1,3 milliard d’euros de rachats, ainsi que des expositions à la Chine (–880 millions d’euros) et à l’Allemagne (–830 millions d’euros), signe d’un regain d’aversion au risque vis à vis de certains grands marchés.
Obligations, matières premières et fournisseurs : les autres grands mouvements de mars
Le tableau est plus contrasté du côté des ETF obligataires. La collecte reste légèrement positive, autour de 470 millions d’euros, essentiellement grâce aux flux dirigés vers la dette américaine (environ 1,5 milliard d’euros) et les emprunts d’État les mieux notés, qui captent près de 3,4 milliards d’euros. Les investisseurs réduisent en revanche la voilure sur les segments jugés plus risqués : la dette émergente enregistre environ 1,5 milliard d’euros de sorties, les obligations des pays développés hors signatures souveraines de premier rang reculent d’environ 1,2 milliard, et les obligations d’entreprises subissent plus de 5 milliards d’euros de rachats cumulés, qu’il s’agisse de crédit investment grade ou à haut rendement. Un mouvement qui traduit un appétit pour le risque nettement moins prononcé qu’en tout début d’année.
Les ETF de matières premières ne sont pas épargnés, malgré la flambée du pétrole. Les produits adossés à l’or affichent des sorties d’environ 400 millions d’euros sur le mois, soit près de 1,4 milliard d’euros depuis le début de l’année, tandis que les ETF liés au pétrole accusent eux aussi près de 500 millions d’euros de décollecte. Un comportement jugé atypique pour des actifs souvent perçus comme des couvertures en période de choc géopolitique, et qui s’ajoute aux changements rapides observés chez les grands fournisseurs d’ETF. Les leaders habituels BlackRock et DWS terminent mars dans le rouge, avec respectivement près de 500 millions d’euros et 3,8 milliards d’euros de sorties, quand UBS Asset Management signe une collecte d’environ 4 milliards d’euros sur le mois, devant Vanguard, Amundi ETF et Schroders, nouvel arrivant sur le marché des ETF actifs, qui parvient à attirer plus d’un milliard d’euros. Sur l’ensemble du premier trimestre, malgré ce coup d’arrêt de mars, la hiérarchie reste toutefois dominée par BlackRock, devant Amundi et UBS, dans un univers qui venait d’atteindre un niveau de collecte rarement atteind pour un début d’année.
En bref
- Début 2026, selon Trackinsight, le marché européen des ETF passe de 47 et 44 milliards d’euros de collecte en janvier-février à seulement 9,3 milliards en mars, pour des encours ramenés à 2 795 milliards d’euros.
- Les ETF actions mondiales et émergentes, la zone euro et la Suisse concentrent l’essentiel des entrées, tandis que les ETF obligataires d’entreprise, la dette émergente et les expositions actions US, Chine et Allemagne subissent de fortes sorties.
- Ce basculement, sur fond de conflit au Moyen-Orient, révèle un net recul de l’appétit pour le risque et rebattre les cartes entre fournisseurs comme BlackRock, DWS, UBS, Vanguard, Amundi et Schroders.









