Vous louez une chambre de votre logement : voici le loyer maximum à ne pas dépasser pour ne payer aucun impôt en 2026

En 2026, louer une chambre de sa résidence principale peut rapporter plusieurs centaines d’euros par an sans alourdir l’impôt sur le revenu. À quelles conditions ces loyers restent-ils totalement exonérés jusqu’au 31 décembre 2026 ?
Chambre d’ami qui ne sert plus, enfant parti du foyer, bureau à moitié vide : dans beaucoup de logements, une pièce pourrait se transformer en revenu d’appoint. D’après une étude de l’Insee parue en 2025, un quart des ménages vit dans un logement « largement sous-occupé », selon l’Insee, cité par RMC-BFMTV. Pour ces ménages, louer une chambre peut être d’autant plus interéssant que ces mètres carrés en trop peuvent rapporter de l’argent sans forcément gonfler la facture fiscale.
En France, louer une chambre de sa résidence principale ne se limite plus à quelques nuits de tourisme : pour beaucoup de propriétaires et même de locataires, c’est devenu un moyen concret de faire face à la hausse du coût de la vie. La règle fiscale générale reste que ces loyers meublés sont imposés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), mais une exception permet, dans certaines situations bien cadrées, d’être totalement exonéré d’impôt sur le revenu. Tout se joue sur le type de location, le statut du locataire et un plafond de loyer à ne pas franchir.
Exonération d’impôt en 2026 : quand le loyer de la chambre reste raisonnable
Concrètement, si vous louez une ou plusieurs pièces de votre résidence principale en location meublée, l’administration fiscale peut ne rien vous réclamer jusqu’au 31 décembre 2026. Premier cas : le locataire fait de cette chambre sa résidence principale, ou une résidence temporaire s’il s’agit d’un salarié saisonnier, et le loyer « reste dans les limites du raisonnable », a rappelé l’administration fiscale. Selon le site impots.gouv, le loyer annuel hors charges ne doit alors pas dépasser 215 euros par mètre carré en Île-de-France et 159 euros par mètre carré dans les autres régions en 2026, dans le cadre posé par l’article 35 bis du Code général des impôts.
| Zone | Plafond 2026 (€/m²/an) | Exemple 10 m² (€/an max) | 10 m² (€/mois max, sur 12 mois) |
|---|---|---|---|
| Île-de-France | 215 | 2 150 | 179 |
| Autres régions | 159 | 1 590 | 133 |
Pour profiter de cette exonération, le logement où se situe la pièce louée doit être votre résidence principale et la chambre mesurer au moins 9 m², précise l’article 35 bis du Code général des impôts. Elle peut devenir la résidence principale du locataire, ou sa résidence temporaire s’il a le statut de salarié saisonnier. Le site MoneyVox illustre ce calcul avec une chambre de 10 m² en Île-de-France : sur l’année, le bailleur ne doit pas encaisser plus de 2 150 euros, ce qui ramène le loyer mensuel à environ 179 euros si la pièce est louée douze mois de suite.
Plafond de 760 euros, sous-location et fiscalité en cas de dépassement
Le second cas d’exonération vise les locations habituelles de pièces à des personnes qui n’y élisent pas domicile, par exemple des chambres d’hôtes ou des locations de courte durée via des plateformes. Dans ce scénario, vos revenus restent exonérés d’impôt sur le revenu tant que le montant total perçu ne dépasse pas 760 euros TTC par an, selon l’administration fiscale. Ce dispositif ne concerne pas seulement les propriétaires : un locataire peut lui aussi sous-louer une chambre de son logement, à condition d’avoir obtenu l’accord préalable du propriétaire, et bénéficier des mêmes règles fiscales si les plafonds sont respectés.
| Situation | Condition clé | Seuil 2026 | Montant pris en compte |
|---|---|---|---|
| Locataire qui y vit (résidence principale ou salarié saisonnier) | Loyer jugé raisonnable | 215 €/m² (IDF) / 159 €/m² (autres) | Loyer annuel hors charges |
| Chambres d’hôtes ou location de passage | Personne n’y élit domicile | 760 € | Recettes annuelles TTC |
Si vous dépassez ces plafonds ou si les conditions ne sont pas réunies, vos loyers ne sont plus exonérés mais ils restent déclarables dans un cadre précis. Ils doivent alors être mentionnés dans la catégorie des Bénéfices industriels et commerciaux ; tant que vos recettes annuelles issues de ces locations restent inférieures à 77 700 euros, vous relevez du régime micro‑BIC, avec un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes avant calcul de l’impôt. Le revenu ainsi réduit s’ajoute à vos autres ressources et est imposé selon votre tranche marginale, puis soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. Pour 2026, ces exonérations sont prévues jusqu’au 31 décembre, et leur éventuelle prolongation dépendra des arbitrages budgétaires pour 2027.
En bref
- En France, la location meublée d’une chambre de sa résidence principale est en principe imposée en BIC, mais un régime d’exonération s’applique jusqu’au 31 décembre 2026.
- L’exonération est possible soit si le locataire y fixe sa résidence principale avec un loyer annuel hors charges sous les plafonds 2026, soit si des chambres d’hôtes rapportent moins de 760 € TTC par an.
- Au-delà de ces seuils, les loyers basculent dans le régime micro-BIC avec abattement de 50 %, d’où l’intérêt de bien calculer son loyer raisonnable avant de mettre la chambre en location.









