Agirc-Arrco : retraites complémentaires gelées jusqu'en 2026, vos pensions vont-elles enfin augmenter après les nouvelles négociations ?
Gelées jusqu'au 31 octobre 2026, les pensions complémentaires Agirc-Arrco laissent craindre une véritable année blanche pour les retraités du privé. Entre règle d'indexation et bras de fer social, 2026 peut-elle encore apporter une revalorisation ?

Depuis l’annonce du gel des retraites complémentaires Agirc-Arrco pour la période courant jusqu’au 31 octobre 2026, de nombreux retraités du privé ont le sentiment d’entrer dans une année blanche. Les pensions complémentaires, qui n’ont pas été relevées au 1er novembre 2025, restent bloquées alors que l’inflation, même en repli, continue d’entamer le pouvoir d’achat de ceux dont la retraite dépend en partie de ce régime.
Ce statu quo est la conséquence directe de l’échec, à l’automne, des négociations entre syndicats et organisations patronales sur l’évolution des pensions Agirc-Arrco. Les partenaires sociaux, qui cogèrent le régime, n’ont pas réussi à s’entendre sur une hausse pourtant estimée entre 0,2 % et 1 % au 1er janvier 2026, ce qui a débouché sur un taux de revalorisation de 0 %. Au début de l’année 2026, alors qu’ils se penchent sur un agenda social chargé, plusieurs responsables du côté employeur se disent « prêts à bouger » et évoquent la perspective que la revalorisation « ne reste pas à zéro » en 2026″, cités par le quotidien Les Echos.
Agirc-Arrco : pourquoi les pensions complémentaires ont été gelées
Lors de la séquence de négociations de l’automne, syndicats et patronat n’ont pas seulement débattu du niveau de hausse, mais aussi du cadre fixé par l’accord national interprofessionnel qui pilote l’Agirc-Arrco jusqu’en 2026. Ce texte prévoit que « la valeur de service du point évolue au 1er novembre de chaque année comme les prix à la consommation hors tabac estimés pour l’année en cours, moins un facteur de soutenabilité de 0,40 point ». Pour 2025, avec une inflation hors tabac estimée à 1 %, ce mécanisme aurait mécaniquement conduit à une revalorisation d’environ 0,6 %, avec la possibilité pour les partenaires sociaux de jouer sur une marge de plus ou moins 0,4 point.
Faute d’accord, le conseil d’administration a finalement décidé de ne pas utiliser cette marge et d’appliquer une hausse nulle au 1er novembre 2025. Concrètement, la valeur de service du point reste fixée à 1,4386 € jusqu’au 31 octobre 2026, tout comme la valeur d’achat du point, stabilisée à 20,1877 €. Les retraités du privé voient donc leur pension complémentaire Agirc-Arrco figée, tandis que leurs droits futurs acquis par cotisation ne progressent plus en valeur. Cette rupture tranche avec les revalorisations de +4,9 % au 1er novembre 2023 puis de +1,6 % au 1er novembre 2024, qui avaient permis un certain rattrapage sur l’inflation.
2026 : vers une revalorisation des pensions Agirc-Arrco malgré le gel ?
Dans ce contexte, les partenaires sociaux ont repris langue au siège du Medef, lors d’une première réunion de travail consacrée à l’ensemble de l’agenda social 2026 : règles de l’assurance chômage, emploi des jeunes, modèle productif, financement de la protection sociale. À l’issue de cet échange, le président du Medef, Patrick Martin, a décrit un climat moins tendu : « La tonalité a été franche, constructive, on a pris acte d’un certain nombre de désaccords, mais je pense qu’on a bien avancé », a souligné Patrick Martin, président du Medef, cité par le journal Les Echos. Les organisations syndicales partagent cette volonté de compromis et cherchent, elles aussi, à trouver un accord sans que le gouvernement ne crée « d’interférences ».
L’expérience de 2025, où la non-revalorisation des retraites complémentaires avait surpris de nombreux retraités sur fond de débats flous autour de la réforme des retraites au Parlement, sert de toile de fond aux discussions actuelles. Les partenaires sociaux, qui gèrent paritairement l’Agirc-Arrco et décident seuls d’une éventuelle hausse et de son niveau, savent qu’un nouvel échec ouvrirait la voie à une reprise en main politique du dossier, notament via l’assurance chômage dont la négociation en cours fait figure de test. « Je suis assez optimiste sur le fait que la revalorisation ne reste pas à zéro », a dit Cyril Chabanier, président de la CFTC, cité par le site Notre Temps. Une nouvelle réunion est programmée à la mi-mars et les discussions spécifiques sur la revalorisation des retraites complémentaires ne devraient officiellement s’ouvrir qu’à l’automne, avant la date traditionnelle de décision du 1er novembre, laissant plusieurs mois d’incertitude pour les retraités du privé.
En bref
- Au 1er novembre 2025, faute d’accord entre syndicats et organisations patronales, les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont gelées jusqu’au 31 octobre 2026, avec une valeur du point figée à 1,4386 €.
- Ce gel résulte de l’application stricte des règles de l’accord national interprofessionnel d’octobre 2023, alors même que plusieurs acteurs du patronat et des syndicats envisagent désormais de ne pas laisser la revalorisation à 0 % en 2026.
- Entre négociation sur l’assurance chômage, réunions au Medef et calendrier d’automne autour du 1er novembre, les retraités du privé devront suivre de près 2026 pour savoir si leur pension complémentaire évoluera enfin.





