Ce piège redoutable : comment des escrocs utilisent Élise Lucet et d'autres stars pour vous voler des milliers d'euros
Les escroqueries en ligne exploitent l'image de célébrités comme Élise Lucet pour tromper les épargnants. Comment ces arnaques sophistiquées opèrent-elles ?

Le visage d’une star qui s’affiche dans votre fil, la promesse d’un “placement sûr” et le logo d’un grand média pour parfaire le décor. Ces publicités frauduleuses se multiplient et s’appuient sur des célébrités reconnues pour désarmer la méfiance. Aujourdhui, elles visent massivement les épargnants avec des scénarios rodés.
Au centre du dispositif, l’usurpation d’identité de personnalités comme Élise Lucet sert d’appât, parfois pour des offres liées aux cryptomonnaies ou à des plateformes d’investissement bidon sur Facebook ou X. Derrière l’image, des équipes contactent, insistent, isolent, puis aspirent l’argent. Le script est bien huilé.
L’appât des stars comme Élise Lucet, puis le piège
Tout commence souvent par la recommandation d’un proche embringué lui aussi, après avoir vu une pub avec la journaliste. « Les escrocs ont utilisé quelqu’un que je connaissais bien pour me mettre en confiance », confie Sarah (pseudonyme) à France 3 Grand-Est. L’objectif affiché semble noble, protéger l’avenir familial, et la mécanique d’influence s’enclenche avec des “conseillers” qui connaissent les bons leviers. « Un jour, mon compagnon m’a dit : il ne faut pas que tu parles trop du handicap de Théo (prénom modifié). Et il avait raison. Les gens utilisent les informations pour savoir où vous toucher et quel levier utiliser », explique-t-elle.
Appels répétés, flatterie, incitation à garder le silence, puis prise de contrôle de l’appareil via une application d’assistance à distance. Sarah dit avoir eu affaire à « d’excellents professionnels manipulateurs ». « Ils ont joué sur l’empathie, mon fils handicapé. Ils m’ont appelée tous les jours, plusieurs fois par jour, avec tellement d’empathie, de gentillesse », se souvient-elle. « Les soi-disant traders me flattaient et me disaient que c’était inutile d’importuner mon entourage avec des trucs trop compliqués ». Les mots de passe sont modifiés, les virements s’enchaînent sans que la victime ne s’en rende compte, jusqu’à ce que 160 000 euros partent en fumée. « Je suis très économe, très prudente. Mais ils ont trouvé la faille », regrette-t-elle.
Des pertes lourdes et un phénomène qui s’étend
L’alerte est aussi venue publiquement des personnalités visées. « Attention arnaque », a écrit Élise Lucet sur X. Une quinquagénaire a raconté avoir cliqué sur une publicité où apparaissaient des figures connues, « Bernard Arnault, Elon Musk ou Léa Salamé, je ne sais plus », raconte-t-elle, selon La Dépêche. La promesse affichée de la plateforme était de « gagner énormément d’argent ». Au téléphone, sa prétendue conseillère lui vend « un coup fabuleux ». Pour la rassurer, de l’argent est même simulé en crédit sur un pseudo-compte, au point que « 4 600 euros tombent sur mon compte de trading ». En confiance, la victime multiplie les mises jusqu’à afficher un capital virtuel de 90 000 euros, auquel elle n’aura en réalité jamais accès.
Sur le front judiciaire, l’avocat Jocelyn Ziegler dit avoir reçu « 600 dossiers », a-t-il indiqué à l’AFP. Le préjudice grimpe en moyenne à 120 000 euros, avec un cas évoqué à 6 millions d’euros. Les autorités financières réagissent, l’AMF a durci les règles, mais les détournements d’image continuent, y compris avec des animateurs comme Nikos Aliagas. Les associations observent la même vague : « Nous en sommes à environ 4 000 dossiers pour les arnaques à l’investissement », confie le président de ADC France à Capital.





