Ce que la nouvelle taxation pourrait signifier pour vos fonds en euros et l'assurance vie en France

Par Paul Graph - Publié le

L'Assemblée nationale a voté un nouvel impôt sur la fortune improductive, ciblant notamment les fonds en euros. Quels changements pour les épargnants français?

Ce que la nouvelle taxation pourrait signifier pour vos fonds en euros et l’assurance vie en France

Placement chouchou des ménages, le fonds en euros de l’assurance vie se retrouve au centre du débat fiscal. Après des mois d’épargne record, l’Assemblée nationale a validé le 31 octobre, en première lecture, la transformation de l’IFI en impôt sur la fortune improductive. De quoi raviver une question qui fâche chez les épargnants prudents : leurs placements resteraient-ils vraiment à l’abri des impôts demain ?

Dans le viseur, des actifs jugés sans impact direct sur l’investissement national, et un symbole très français, le fonds en euros. Ce placement sécurisé sert des rendements modestes mais réguliers, avec en moyenne 2,6 % en 2025, quand le Livret A est à 1,7 % depuis mi‑année, selon Linternaute. L’assurance vie a d’ailleurs battu un record de collecte en septembre avec 14,9 milliards d’euros versés, en hausse de 20 % sur un an. Un basculement majeur pour les épargnants ?

Impôt sur la fortune improductive : ce qui pourrait changer pour les fonds en euros

Le nouveau cadre, voté en première lecture à l’Assemblée nationale, élargirait l’assiette de l’ex‑IFI à des actifs considérés comme « improductifs » : objets précieux, voitures, yachts, œuvres d’art, avions, actifs numériques, liquidités, « placements financiers non investis dans les entreprises » et surtout les fonds en euros de l’assurance vie, d’après Linternaute. Le texte doit encore être examiné par le Sénat, et les paramètres pourront évoluer au fil de la navette parlementaire.

Pourquoi les fonds en euros sont ciblés ? Parce qu’ils garantissent le capital et reposent surtout sur des obligations d’entreprises et d’État, des supports monétaires et parfois immobiliers. Sécurité, oui, mais rendement plus limité que les unités de compte. En 2025, le fonds en euros a rapporté en moyenne 2,6 %, au‑dessus du Livret A à 1,7 %, hors frais de gestion. Dans les faits, il reste l’outil préféré des épargnants prudents pour diversifier sans s’exposer aux secousses des marchés, souligne Linternaute.

Fonds en euros, flat tax et alternatives : qui serait touché et comment

Le secteur s’alarme d’une taxation ciblant un produit très diffus. « Plus d’un Français sur deux a un contrat d’assurance vie, c’est un contrat éminemment populaire, plus de la moitié des contrats d’assurance vie ont un encours de moins de 10.000 euros », a‑t‑elle assuré, citée par BFMTV. « On a un agriculteur sur deux, on a un ouvrier sur trois qui détient un contrat d’assurance vie, donc c’est vraiment le grand vecteur d’épargne populaire. Qui répond aux besoins de nos concitoyens », argumente Florence Lustman, présidente de France Assureurs. Pour elle, taxer ces contrats serait une « grave erreur » car « éminemment populaire ».

Côté allocation, Florence Lustman rappelle que la structure des fonds euros « n’est pas très différente de l’ensemble de l’assurance vie » : le fonds euro représente « 1.700 milliards d’euros » sur 2.084 milliards d’encours, et il est investi « à 57% dans les entreprises et 30% dans les dettes souveraines ». « C’est aussi complètement faux de vouloir scinder l’euro des UC. Le contrat d’assurance vie, c’est un tout. Et dans ce tout, il y a une partie qui peut être très sécurisée, c’est la partie en euros, puis il y a une partie qui peut être plus ou moins sécurisée, ça dépend du type d’unité de compte qu’on va choisir. Et le produit d’épargne, c’est bien l’ensemble », a ajouté Mme Lustman. En parallèle, une autre piste fiscale refait surface pour 2026, le relèvement de la flat tax sur les revenus du capital de 30 % à 36 %. « ce produit d’épargne, détenu par près de la moitié des ménages, serait, lui aussi, concerné par un rehaussement du prélèvement forfaitaire unique », relève Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, cité par Capital. Des enveloppes resteraient toutefois à l’abri : livrets réglementés entièrement defiscalisés, PEA exonéré d’impôt sur les gains après cinq ans, assurance vie après huit ans avec abattement annuel, ou encore PER qui « peut aussi vous offrir à la sortie une fiscalité avantageuse, à condition de ne pas avoir bénéficié de l’avantage fiscal à l’entrée », rappelle Thomas Perret, fondateur de Mon Petit Placement, cité par Capital.