Déblocage du PER : ce que change le Budget 2026 pour récupérer votre épargne retraite sans commettre d'erreur fiscale, avant ou après 70 ans

Par Paul Graph - Publié le

Votre PER semble verrouillé jusqu’à la retraite, alors que certains événements ou projets permettent de récupérer ce capital plus tôt. Entre accidents de la vie, achat de résidence principale et nouvelles règles 2026, comment éviter les pièges fiscaux ?

Déblocage du PER : ce que change le Budget 2026 pour récupérer votre épargne retraite sans commettre d’erreur fiscale, avant ou après 70 ans

Votre plan d’épargne retraite vous semble verrouillé jusqu’à 64 ans, comme un coffre-fort impossible à ouvrir avant l’heure ? Pour de nombreux épargnants, le **déblocage PER** reste flou, alors même que des besoins bien concrets apparaissent : achat d’un logement, chômage prolongé, coup dur familial.

En pratique, le Plan d’Épargne Retraite est conçu comme un produit « tunnel » : vos fonds sont bloqués jusqu’à l’âge de la retraite, généralement entre 62 et 64 ans, en échange d’un avantage fiscal au moment des versements. La loi PACTE de 2019 et les dernières lois de finances ont toutefois prévu plusieurs issues de secours, avant et au moment de la retraite, avec des conséquences fiscales très différentes qui méritent d’être détaillées.

Déblocage du PER : les cas où vous pouvez récupérer votre épargne

En temps normal, le **Plan d’Épargne Retraite (PER)** se déverrouille au moment de la liquidation de vos droits à la retraite : c’est à cette date que vous pouvez demander la sortie. Le titulaire choisit alors entre une sortie en capital, en une fois ou de manière fractionnée, une rente viagère versée à vie, ou une formule mixte combinant capital et rente. Cette logique vaut pour le PER individuel (**PERIN**), le PER collectif (**PERECO**) et le PER obligatoire (**PERO**), même si les règles d’alimentation et certaines possibilités de sortie diffèrent selon le compartiment.

La loi a aussi prévu six cas de **déblocage anticipé**. Cinq relèvent des accidents de la vie, qui permettent de récupérer l’intégralité de votre capital, tous compartiments confondus. Il s’agit des situations suivantes :

  • Décès du conjoint ou partenaire de PACS
  • Invalidité (catégories 2 ou 3)
  • Surendettement
  • Fin de droits au chômage
  • Liquidation judiciaire pour les TNS

À ces cinq événements s’ajoute l’acquisition de la **résidence principale**, seul motif « positif » de retrait, utilisable comme apport pour acheter votre futur logement. Dans ce cas, la loi exclut les versements obligatoires logés sur un **PERO** et interdit de débloquer le PER pour rembourser un prêt déjà existant, ce qui impose d’anticiper son financement immobilier.

Déblocage PER : démarches pratiques et fiscalité des retraits

Pour récupérer votre épargne, il faut adresser une demande écrite à l’organisme gestionnaire, de préférence par courrier recommandé avec accusé de réception. Le dossier doit comporter au minimum une pièce d’identité en cours de validité, un Relevé d’Identité Bancaire, un courrier de demande signé et la preuve du motif légal invoqué (acte de décès, notification d’invalidité, décision de la commission de surendettement, attestation de fin de droits au chômage, jugement de liquidation judiciaire ou compromis de vente pour un achat immobilier). Une fois le dossier complet reçu, le gestionnaire vérifie la conformité des pièces, désinvestit les supports (unités de compte comprises) puis procède au virement : le délai constaté se situe le plus souvent entre 15 et 30 jours.

La fiscalité appliquée au **déblocage PER** dépend étroitement du motif. En cas d’accidents de la vie, le cadre est particulièrement protecteur : la part de capital correspondant à vos versements est totalement exonérée d’**impôt sur le revenu**, et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %. Pour l’achat de la résidence principale, la règle change : si vous avez déduit vos versements à l’entrée, le capital retiré est imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu, tandis que les gains sont soumis au **Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 %** ; si les versements n’avaient pas été déduits, seul le gain est taxé, le capital restant exonéré.

Déblocage du PER et Budget 2026 : ce qui change pour votre retraite

Depuis le **1er janvier 2026**, le Budget 2026 a mis fin à la déduction fiscale pour les versements effectués sur un PER après 70 ans. Concrètement, tout versement réalisé au-delà de cet âge n’ouvre plus droit à une réduction d’impôt, ce qui remet en cause l’usage du PER comme outil de transmission optimisée pour les seniors. Le régime successoral, avec un abattement global de 30 500 euros sur les primes versées après 70 ans au moment du décès, reste en place, mais la « carotte » fiscale à l’entrée disparaît. Dans le même mouvement, la loi allonge le report du plafond de déduction du PER à 5 ans au lieu de 3, permettant aux épargnants plus jeunes de lisser leurs versements déductibles sur une période plus longue.

Pour les retraits au moment de la retraite, ces règles s’ajoutent aux arbitrages classiques entre sortie en capital et rente viagère. Une sortie en capital en une seule fois peut accroître fortement l’**impôt sur le revenu** si le montant perçu vous fait changer de tranche, tandis qu’un capital fractionné permet de lisser la fiscalité sur plusieurs années. La rente viagère offre, elle, un revenu régulier imposé selon le régime des rentes, avec une fraction seulement soumise à l’impôt et aux prélèvements sociaux. Entre accidents de la vie à fiscalité allégée, financement de résidence principale et nouvelles contraintes après 70 ans, l’usage du PER au moment du déblocage devient un choix parfois interressant à calibrer en fonction de son âge, de ses autres placements et des projets de retraite ou de transmission envisagés.

En bref

  • En France, le Plan d’Épargne Retraite issu de la loi PACTE reste un placement tunnel mais prévoit plusieurs cas de déblocage, renforcés par les ajustements du Budget 2026.
  • L’article détaille les six motifs légaux de déblocage anticipé, les démarches pas à pas et la fiscalité appliquée selon qu’il s’agisse d’un accident de la vie ou d’un achat de résidence principale.
  • Entre sortie en capital ou en rente, nouvelles limites après 70 ans et risque de hausse d’impôt, le guide propose des repères pour choisir le bon moment pour récupérer son PER.