Épargne salariale : que faire de votre PEE ou PER collectif après un départ de l’entreprise ? Ces erreurs peuvent vous coûter des milliers d’euros
Près de 13,3 millions de Français détiennent une épargne salariale qui peut représenter plusieurs mois de salaire au moment de quitter l’entreprise. Faut‑il retirer, conserver ou transférer ces capitaux pour limiter l’impôt, les frais et le risque d’oubli ?

Quitter une entreprise, c’est tourner une page et se retrouver avec des milliers d’euros sur un compte d’épargne salariale. PEE, Perco ou PER collectif : ces sommes issues de l’intéressement et de la participation peuvent représenter plusieurs mois de salaire, sans que l’on sache toujours s’il vaut mieux les laisser là où elles sont, les récupérer ou les déplacer.
En France, près de 13 millions de salariés détenaient un dispositif d’épargne salariale en juin 2025, selon l’Association française de la gestion financière. D’après le Cercle de l’épargne, plus de 411 000 demandes de déblocage ont été enregistrées en 2024 après une cessation de contrat. Reste une question simple en apparence : que faire concrètement de ces capitaux au moment de partir ?
Épargne salariale : ce que change le départ de l’entreprise
Pour un plan d’épargne entreprise (PEE), la rupture du contrat de travail, qu’il s’agisse d’une démission, d’un licenciement, d’une rupture conventionnelle ou d’un départ à la retraite, permet de récupérer l’intégralité de l’épargne sans attendre les cinq ans. L’avantage fiscal est conservé : les sommes retirées échappent à l’impôt sur le revenu, mais les plus-values supportent des prélèvements sociaux dont le taux vient de passer de 17,2 % à 18,6 %.
Pour un Perco ou un PER collectif, le départ de l’entreprise ne permet pas de tout encaisser : ces dispositifs restent bloqués jusqu’à la retraite. Vous pouvez seulement les conserver ou les transférer, avec des frais de tenue de compte plafonnés à 20 euros par an après le départ. Sur un PEE, rien n’oblige à débloquer, mais les frais de gestion, auparavant payés par l’employeur, deviennent à votre charge et plusieurs plans non suivis peuvent finir en avoirs oubliés à la Caisse des dépôts.
PEE, Perco, PER collectif : retirer, conserver ou transférer ses capitaux
Clôturer votre PEE peut avoir du sens si vous avez besoin de liquidités pour un projet, pour renforcer votre épargne de précaution ou pour réinvestir dans une assurance vie ou un PEA plus souple. Le déblocage est neutre en impôt sur le revenu, mais les gains restent soumis aux prélèvements sociaux, et certains teneurs de compte facturent cette opération entre 15 et 30 euros, voire davantage en cas de demande par courrier.
La conservation du PEE reste possible après votre départ : tant que l’épargne reste investie, vous ne payez ni impôt ni prélèvements sociaux et vous pouvez arbitrer entre les fonds. En contrepartie, les frais de tenue de compte, souvent entre 35 et 40 euros par an, pèsent sur le rendement ; beaucoup choisissent alors de transférer leurs avoirs vers le PEE du nouvel employeur, une opération fiscalement neutre, sans perte d’antériorité, mais facturée 40 à 50 euros.
Comment faire les bons choix pour votre épargne salariale après un départ ?
Rester investi suppose de suivre les supports choisis dans votre PEE ou votre Perco, car les performances varient fortement d’un fonds à l’autre. « Le segment des actions aux États-Unis a été particulièrement porteur, ce qui a véritablement stimulé les performances en 2024 », explique Vincent Lebailly, directeur épargne entreprises chez Mercer France, cité par Capital.
Sur les fonds monétaires, Vincent Lebailly constate : « Les fonds monétaires ont affiché un rendement de 3,70% en 2024, ce qui est plutôt bon. Cependant, avec la baisse des taux directeurs en Europe, nous prévoyons une baisse des rendements cette année ». Pour répartir le risque, il souligne aussi qu’ »il est préférable de diversifier les zones géographiques pour mieux maîtriser son investissement en actions » et que les fonds diversifiés « offrent une approche d’investissement intégrant plusieurs classes d’actifs (actions, obligations, monétaire, NDLR) au sein d’un même fonds ». Ces repères peuvent guider une décision interressant entre retrait, conservation ou transfert.
- À court terme, sécuriser ou retirer.
- À moyen terme, regrouper et surveiller les frais.
- Proche de la retraite, préparer la sortie de vos plans.
En bref
- En France, plus de 13 millions de salariés détiennent un PEE, un Perco ou un PER collectif, et le départ de l’entreprise déclenche une grande partie des déblocages.
- L’article détaille, pour chaque type de plan, les conséquences du départ sur le déblocage, la possibilité de conserver ou de transférer, ainsi que les frais et la fiscalité associés.
- Des conseils pratiques, profils types et rappels sur la déshérence via la Caisse des dépôts aident à arbitrer vos choix sans laisser dormir votre épargne salariale.





