Famille : ce nouveau congé de naissance de 2 mois reporté à juillet 2026 pourrait bouleverser vos congés maternité/paternité et votre budget
À partir du 1er juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance de deux mois vient bouleverser l’organisation des jeunes parents en France. Qui pourra en profiter, à quelles conditions et avec quelle indemnisation ?

Un nouveau droit devait permettre aux parents de rester plus longtemps auprès de leur nouveau-né dès le début de 2026. Ce congé supplémentaire de naissance, ajouté aux congés déjà existants, a finalement vu sa mise en œuvre décalée par le gouvernement, alors même que de nombreux futurs parents commencent déjà à organiser leur année.
Prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ce congé de deux mois n’entrera en pratique qu’à partir du 1er juillet 2026, le temps que les employeurs et les caisses de Sécurité sociale adaptent leurs systèmes informatiques pour la déclaration, le calcul et le versement de l’indemnité. Une date clé qui soulève une question très concrète : qui pourra y prétendre et comment s’en servir dans la foulée d’une naissance ou d’une adoption ?
Congé supplémentaire de naissance : un nouveau droit de 2 mois à encadrer dans le calendrier 2026
Le texte, issu de l’article 99 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 créant l’article L 1225-46-2 du Code du travail, ouvre ce nouveau congé aux parents d’enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026, ou dont la naissance était prévue à partir de cette date. Ce droit vient s’ajouter au congé de maternité, au congé paternité et au congé d’adoption : il ne se substitue pas à eux, il s’y ajoute. Particularité importante pour les familles concernées par le tout début de l’année 2026 : les parents d’enfants nés entre le 1er janvier et le 31 mai 2026 pourront utiliser ce congé jusqu’à la fin de l’année 2026.
Dans sa version actuelle, ce congé dure deux mois au total. Il pourra être pris en une seule période de deux mois, sur une période d’un mois ou de deux mois, ou encore réparti en deux périodes d’un mois non consécutives. Il devra en principe être pris dans les neuf mois suivant la naissance. Selon le ministère de la Santé et de la Famille, le report de l’entrée en vigueur au 1er juillet 2026 est « indispensable » pour laisser aux employeurs et aux caisses de Sécurité sociale le temps d’adapter leurs systèmes informatiques afin de pouvoir déclarer, calculer et verser l’indemnité associée à ce congé.
Indemnisation, congé paternité et vie de famille : ce que change l’arrivée de ce nouveau congé
Ce nouveau dispositif sera indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net pendant le premier mois, puis 60 % le second mois. Il arrive dans un contexte où le congé paternité a déjà été profondément élargi en juillet 2021 : les pères peuvent désormais bénéficier de 25 jours, auxquels s’ajoutent trois jours de congé d’accueil, soit jusqu’à 28 jours auprès de leur enfant. D’après l’Institut national d’études démographiques (Ined), un peu moins de 75 % des pères prenaient ce congé au milieu des années 2000 ; pour les enfants nés entre juillet 2021 et décembre 2023, plus de quatre sur cinq (81 %) ont pris tout ou partie de ce congé au-delà de la semaine obligatoire, et dès 2022, 59 % ont utilisé la totalité des 25 jours. Pour expliquer ces évolutions, l’Ined évoque « de multiples facteurs, notamment la conception qu’ont les pères de la paternité, leur connaissance du dispositif ou encore, leurs contraintes familiales et professionnelles », analyse l’institut, cité par HuffPost.
Les recherches de l’Ined soulignent aussi que les contraintes professionnelles et la pression financière restent des freins : 8,5 % des pères d’enfants nés entre juillet 2021 et décembre 2023 mentionnent ce motif, « un chiffre possiblement amplifié par l’inflation récente », note encore l’institut. Le fractionnement du congé paternité progresse, passant de 23 % des pères au second semestre 2021 à 33 % au second semestre 2023, et certains choisissent même de le prendre après le retour au travail de la mère, une configuration jugée « la plus favorable à l’investissement paternel dans les tâches parentales ». Pour l’Ined, « La souplesse des modalités du nouveau congé permet d’adapter son utilisation aux contraintes familiales et professionnelles » ; reste à voir si « cette dynamique d’implication des pères » se poursuivra avec l’entrée en vigueur du congé de naissance en juillet prochain, notament pour les familles qui devront arbitrer entre temps auprès de l’enfant et baisse temporaire de revenus.
En bref
- Prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance de deux mois s’appliquera en France aux enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026.
- Issu de l’article L 1225-46-2 du Code du travail, ce nouveau droit indemnisé à 70 % puis 60 % du salaire net pourra être pris en une ou deux périodes dans les neuf mois suivant la naissance.
- Dans un contexte de montée en puissance du congé paternité documentée par l’Ined, ce dispositif voulu par le ministère de la Santé et de la Famille pose de nouveaux enjeux d’organisation et de budget pour les parents.





