Impôts : chèque, espèces ou carte, ce moyen de paiement que le Trésor public va supprimer dès l'été 2027, risque de déstabiliser de nombreux contribuables
D'ici l'été 2027, envoyer un chèque au Trésor public pour régler ses impôts ne sera plus possible pour les particuliers. Qui est concerné dès 2026 et comment s'adapter à cette disparition programmée du chèque ?

Un vieux réflexe fiscal s’apprête à disparaître : glisser un papier dans une enveloppe, l’adresser au centre des finances publiques et considérer son impôt réglé. Pour l’administration, ce moyen de règlement, déjà largement supplanté par les paiements en ligne, coûte cher à traiter et s’avère moins sûr que les autres options. Dans la loi de finances pour 2026, le gouvernement acte donc la fin progressive de ce mode de paiement pour les contribuables.
Il s’agit du chèque : le Trésor public n’acceptera plus le paiement des impôts par chèque à l’horizon été 2027 pour les particuliers, après une première étape dès 2026 pour les professionnels. Aujourd’hui, ce moyen reste toléré pour certains règlements de moins de 300 euros, que ce soit pour l’impôt sur le revenu, la taxe foncière, une amende ou une facture d’hôpital. La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a déjà commencé à retirer toute référence au chèque de ses formulaires et avis, signe que le basculement est lancé. Une échéance qui se rapproche.
Fin du paiement des impôts par chèque : un calendrier déjà fixé
Selon la DGFiP, les chèques adressés au Trésor public ne représentent plus que 4,5 % des opérations réalisées à son bénéfice et environ 1 % des montants encaissés. La loi de finances pour 2026 organise leur sortie définitive : un article met fin à l’acceptation de ce moyen de paiement pour les entreprises et les professionnels dès la promulgation du texte, attendue fin février, avec une application effective en mars 2026. Ces usagers seront tenus de recourir aux paiements dématérialisés via leur espace en ligne, les virements ou les prélèvements.
Pour les particuliers, le calendrier laisse un peu plus de temps. Depuis 2019, le règlement par chèque est déjà interdit au-delà de 300 euros pour les impôts, sous peine d’une majoration de 0,2 % du montant dû, avec un minimum de 15 euros. En dessous de ce seuil, le chèque reste admis jusqu’à l’été 2027, avant d’être totalement écarté : à partir de cette date, même un petit rappel d’impôt de quelques dizaines d’euros devra être payé par un autre moyen. Les prochains avis d’imposition devraient être progressivement adaptés pour ne plus proposer cette option.
Pourquoi le Trésor public tourne la page du chèque et comment payer ses impôts
En dix ans, le nombre de chèques encaissés par l’administration fiscale a chuté de 72 %, pour atteindre encore 39 millions de transactions en 2024. Ce volume reste important, mais il ne justifie plus, aux yeux de l’État, le maintien d’une chaîne de traitement dédiée. Les chèques envoyés aux services fiscaux sont centralisés dans un centre national de traitement situé à Rennes, après la fermeture de ceux de Lille et de Créteil en 2023, puis pour partie confiés à un prestataire privé, Tessi. Or ce circuit mobilise des agents, entraîne des coûts logistiques et s’expose à un taux d’incidents bien plus élevé que les virements : 71 problèmes recensés pour 100 000 chèques contre 1,4 pour 100 000 virements. Le centre de Rennes doit fermer à son tour à l’été 2027, en même temps que la fin du contrat avec Tessi. L’objectif affiché est clair : à cette échéance, ne plus avoir aucun chèque à traiter ni à transmettre à un sous-traitant, ce qui consacre la disparition de ce moyen de paiement pour les impôts et la plupart des factures publiques.
Pour accompagner cette bascule, l’administration met en avant plusieurs solutions de remplacement. Concrètement, plusieurs modes de règlement coexisteront :
- paiement en ligne sur le site ou l’application Impots.gouv par carte bancaire ;
- prélèvement mensuel ou à l’échéance, ainsi que le TIPSEPA pour autoriser un débit unique ;
- règlement via la plateforme PayFIP pour de nombreuses factures publiques ;
- paiement en espèces ou par carte bancaire chez un buraliste partenaire.
La Direction générale des finances publiques mentionne aussi l’arrivée, à moyen terme, de solutions de paiement instantané comme Wero, appelées à compléter ce panel. Dans le même temps, des syndicats d’agents fiscaux et des associations de contribuables alertent sur le risque de fracture numérique et demandent un accompagnement renforcé des usagers les plus âgés ou les moins équipés. Sur le terrain, ces dispositifs d’aide devront se matérialiser pour que la fin du chèque n’exclue personne, alors que certains publics fragiles risquent d’être un peu déstabilisé par ce changement.
En bref
- Entre la loi de finances 2026 et l'été 2027, le Trésor public organise la disparition progressive du paiement des impôts par chèque pour pros et particuliers.
- Seuil actuel de 300 €, majoration de 0,2 %, fermeture du centre de Rennes et fin du contrat Tessi marquent la bascule vers des règlements entièrement dématérialisés.
- Entre paiements en ligne, prélèvements, PayFip, buralistes et futures solutions instantanées comme Wero, chaque contribuable doit choisir dès maintenant son nouveau mode de règlement.





