Livret A à 1,5 % en 2026 : en perte de vitesse, les Français le désertent pour l’assurance-vie, ce que ça change pour votre épargne
Avec un taux abaissé à 1,5 %, le Livret A signe son pire mois de janvier depuis 2009, talonné par l’assurance‑vie et ses fonds en euros plus rémunérateurs. Faut‑il revoir la place de vos livrets réglementés dans votre stratégie d’épargne ?

Le chouchou des épargnants français marque un net ralentissement. Depuis le 1er février 2026, le taux du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est officiellement tombé à 1,5 %, contre 1,7 % auparavant, selon les données validées par Bercy et la Banque de France. Cette nouvelle étape dans la baisse des taux réglementés intervient après une année 2025 encore généreuse, où le Livret A affichait 3 %, avant que l’inflation ne se tasse et que sa rémunération ne soit revue à la baisse. Pour beaucoup d’épargnants, c’est la fin d’une parenthèse très favorable pour l’épargne réglementée.
Dès le mois de janvier, les chiffres publiés par la Caisse des Dépôts montrent que ce recul de rendement commence à peser. L’encours du Livret A s’établit à 447,8 milliards d’euros, soit 1,87 milliard de moins qu’en décembre, ce qui fait de ce début 2026 le pire mois de janvier depuis 2009. Les LDDS, livrets quasi jumeaux du Livret A à un plafond de dépôts près, affichent 165,2 milliards d’euros d’encours, en retrait de 400 millions d’euros sur un mois. Un tournant discret, mais réel.
Livret A : une décollecte inédite après la nouvelle baisse du taux
Traditionnellement, les premiers jours de l’année se traduisent par des versements massifs sur le Livret A, perçu comme une tirelire sûre pour l’épargne de précaution. Les seules fois où les retraits avaient dépassé les dépôts en janvier remontent à 2015 et 2016, avec 1,1 milliard d’euros de décollecte chacun. En 2026, la baisse de 1,87 milliard intervient alors même que l’encours du Livret A a bondi d’environ 50 % entre 2019 et l’été 2025. Autrement dit, le placement reste massif, mais il perd clairement de sa vitesse.
Ce coup de frein coïncide avec une succession de baisses de taux. En janvier 2025, le Livret A et le LDDS offraient encore 3 % d’intérêt ; ce taux a été ramené à 2,4 % en février, puis à 1,7 % à partir du mois d’août, avant de descendre à 1,5 % au 1er février 2026, en raison du ralentissement de l’inflation. Le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux foyers modestes, s’en sort mieux avec un rendement de 2,5 % et un encours quasi inchangé à 83,8 milliards d’euros en janvier, en légère hausse de 2 millions. Pour ceux qui peuvent y prétendre, ce livret très encadré reste largement plus attractif.
Assurance-vie : la grande gagnante de l’argent qui quitte le Livret A
Le recul des montants déposés sur les livrets réglementés ne signifie pas que les épargnants dépensent l’argent retiré. Selon France Assureurs, l’année 2025 s’est conclue par une collecte nette record de 50,6 milliards d’euros sur les contrats d’assurance-vie, un solde positif jamais vu depuis 2010, portant l’encours total à 2 107 milliards d’euros fin décembre. « Le bilan 2025 de la collecte de l’assurance vie confirme l’attractivité et la solidité de ce placement de long terme qui s’adresse à tous les Français », a souligné Paul Esmein, directeur général de France Assureurs, dans un communiqué du 27 janvier 2026 relayé par Planet. La publication des rendements 2025 fait ressortir une rémunération moyenne des fonds euros autour de 2,65 %, voire 2,7 % selon les estimations, avec des contrats allant jusqu’à 3,5 % chez LCL ou 2,75 % pour Lucya Cardif.
Ce surcroît de rendement s’explique par plusieurs leviers. Les assureurs investissent majoritairement les fonds euros en obligations d’État ; la remontée des taux des OAT leur permet d’encaisser des coupons plus élevés, tandis que la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB) est mise à contribution pour lisser les performances dans le temps. Pour rester compétitifs face à un Livret A qui ne rapporte plus que l’inflation, nombre de contrats proposent des « bonus » de taux pouvant aller jusqu’à +1,5 point, à condition de placer une partie des versements en unités de compte, plus risquées. « La baisse du taux du Livret A conduit à une réallocation de l’épargne au profit de l’assurance vie. La communication du rendement des fonds euros, dans le courant du mois de janvier, a certainement incité de nombreux épargnants à opter pour ce placement », a indiqué Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, dans une note citée par BFMTV. À cela s’ajoutent des atouts structurels de l’assurance-vie : absence de plafond quand le Livret A est limité à 22 950 €, possibilité de sécuriser des montants illimités en bénéficiant d’une garantie en capital sur le fonds euros, fiscalité adoucie après huit ans avec un abattement annuel de 4 600 € sur les interets ( 9 200 € pour un couple), et cadre de transmission spécifique permettant de léguer jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire hors succession, malgré des prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains chaque année.
En bref
- En janvier 2026, le Livret A et le LDDS, dont le taux vient d’être abaissé à 1,5 %, enregistrent une décollecte inédite selon la Caisse des Dépôts.
- Dans le même temps, l’assurance‑vie portée par les fonds en euros, la remontée des OAT et l’usage de la PPB affiche un record de collecte et de rendements.
- Entre Livret A, LEP à 2,5 % et assurance‑vie plus rémunératrice mais fiscalisée, l’article détaille les arbitrages possibles pour orienter son épargne.





